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Il avait promis de déposer sa démission de son poste de vice-président de l’Assemblée nationale dans la matinée d’hier. Mais Cissé Lô s’est apparemment ravisé. «Jusqu’au moment où je vous parle (il était presque 18h), nous n’avons reçu aucune lettre de démission. Et je suis encore à l’Assemblée», soupire un membre du cabinet de Moustapha Niasse. Mais qu’il quitte le Bureau ou qu’il décide d’y rester, le député ne peut plus compter sur ses collègues. «Le Bureau de l’Assemblée nationale présente ses regrets à toutes les Sénégalaises et à tous les Sénégalais, en soulignant avec force qu’il s’agit là de dérives indignes d’un représentant du Peuple qui a été élu par ses pairs comme membre du Bureau de l’instance dirigeante de l’Institution», déclare un communiqué.
Evidemment, Moustapha Niasse et Cie ne peuvent le sanctionner administrativement ni demander des poursuites contre le responsable de l’Apr, exclu hier par la commission de discipline. Ils se limitent donc à «condamne(r), avec la dernière énergie le comportement inqualifiable du député Moustapha Cissé Lô et se démarque de ses méthodes et choix langagiers, totalement en porte-à-faux avec la lettre et l’esprit de la loi, notamment du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale». Le bureau rappelle qu’«il appartient à la République et à ceux qui ont subi de graves préjudices de saisir les juridictions compétentes pour que force reste à la loi et qu’il soit radicalement et définitivement mis un terme à de pareilles outrances». Pour Niasse et Cie, «le Sénégal des valeurs éternelles doit s’imposer, avec toute la fermeté requise, à ceux-là qui ont délibérément choisi d’être ses fossoyeurs, dans l’unique but de sauvegarder des intérêts étriqués, au détriment des objectifs prioritaires de notre pays et des aspirations légitimes de ses populations».
Ils déplorent également ces «audios» contre des responsables de l’Apr dans un «salmigondis d’insanités, d’injures publiques, de diffusion de fausses nouvelles et de diffamations». Des propos d’une «extrême gravité» tenus dans le contexte «difficile de la pandémie de la Covid-19 et de ses conséquences» et au moment où le chef de l’Etat «s’évertue à dérouler le Programme de résilience économique et sociale». Et si l’Assemblée en est si émue, c’est parce que, souligne le communiqué, «cette fois, les horizons de l’indécence et de l’innommable ont été bousculés et les enjeux touchent à la crédibilité des institutions, à l’honneur de hauts responsables de l’Etat et à celui de citoyens». Mais aussi, ajoute-t-on, parce que Cissé Lô a «volontairement baigné dans l’opprobre et, de par ses fonctions, les relents scandaleux de son discours rejaillissent sur la deuxième institution de la République qu’est l’Assemblée nationale et sur l’image de notre pays le Sénégal».

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