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Thione Seck qui a toujours clamé son innocence dans l’affaire des faux billets de banque pour laquelle il a été condamné à 5 ans, dont 8 mois ferme, a finalement renoncé à son pourvoi en cassation. Du coup, la procédure judiciaire qui a duré 5 ans a connu son épilogue ce lundi.

Il était décidé à obtenir un blanchiment judiciaire pour conforter la thèse du maraboutage qu’il a réitérée à maintes reprises. Thione Seck, qui tenait vaille que vaille à laver son honneur, du moins de ce qui reste de sa réputation entachée par cette sale affaire de faux billets, a décidé d’écourter la bataille judiciaire. Condamné pour une affaire de faux monnayage, le chanteur avait, après le verdict en appel, fait part de sa volonté de se pourvoir en cassation, pour rétablir son innocence et son honneur. Hier, à la surprise générale, le musicien a renoncé à son pourvoi devant la Cour suprême sur, dit-on, demande de sa famille. Ce revirement siffle ainsi la fin d’un feuilleton judiciaire qui a duré plus de 5 ans.
Le mois dernier, le prévenu a été condamné à une peine de 3 ans de prison, dont 8 mois ferme par le juge d’appel. Il l’avait reconnu coupable des délits de «mise en circulation de faux billets, d’association de malfaiteurs». Et ayant déjà purgé la peine qui lui avait été infligée, il n’avait pas été placé sous mandat de dépôt. Arrêté le 27 mai 2015, puis écroué le 2 juin de la même année, le leader du Raam Daan avait bénéficié d’une liberté provisoire le 12 février 2016. L’artiste-musicien était poursuivi au début pour les chefs d’inculpation d’«association de malfaiteurs, tentative d’escroquerie, blanchiment de capitaux, tentative de mise en circulation, de détention et de réception de signes monétaires falsifiés». En première instance, l’affaire avait été annulée pour vice de procédure à cause du non-respect du règlement 5 de l’Uemoa. Non content de cette décision, le Parquet avait fait appel.
«Le Tribunal, statuant en matière correctionnelle et en première ressort, déclare l’exception sur le défaut de base légale, soulevée par la défense, recevable. L’officier de Police judiciaire informe la personne interpellée de son droit de constituer conseil parmi les avocats inscrits au tableau ou admis en stage. Mention de cette formalité est faite obligatoirement sur le procès-verbal d’audition, à peine de nullité», avait retenu le magistrat Maguette Diop. En clair, le prévenu n’avait pas été avisé de son droit à l’assistance à un conseil dès son interpellation par la gendarmerie. En fait, l’argument de la défense, dont le plus en vue est Me Ousmane Sèye, est que son client serait victime d’une escroquerie portant sur 85 millions de francs Cfa. Elle indexait un Gambien du nom de Joachim Cissé. Ce dernier lui aurait proposé une tournée de plusieurs dates en Afrique. L’homme lui aurait apporté de l’argent en euros et dollars au titre «d’avance», avant même la signature d’un contrat. Sollicité par le Gambien qui souhaitait régler des dépenses urgentes, Thione Seck lui aurait ensuite remis la somme sus-indiquée.
En revanche, le procès-verbal d’enquête préliminaire de la Section de recherches de la gendarmerie indique que l’auteur-compositeur avait été pris en flagrant délit dans son domicile avec de fortes sommes d’argent en euros et dollars en faux billets.

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