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De manière officielle, Palestiniens et Israéliens ne sont pas des ennemis. Partout où l’on passe en Israël, chacun de nos interlocuteurs déroule un discours d’apaisement allant parfois jusqu’à marquer le désir de rapprochement et de paix avec le peuple de Palestine. Mais avec des conditions que tous semblent répéter comme une litanie bien assimilée. Des échanges avec plusieurs responsables à divers niveaux, il ressort des exemples de collaboration assez séduisants. L’on apprend par exemple que cette semaine, pour faire face aux incendies qui dévastent certaines régions du pays, des pompiers Israéliens et Palestiniens se sont mis ensemble pour combattre les feux qui menaçaient d’un côté comme de l’autre. Et des exemples du genre sont légion. Les responsables israéliens en fournissent tellement que l’on se demande : pourquoi alors ce conflit, s’il existe une si belle entente ?
Ne serait-on pas en train de servir pour l’occasion, des discours de circonstances ? En tout cas, les nombreux exemples partagés aux cours des différents échanges laissent croire que contrairement à ce que véhiculent les médias, notamment occidentaux, le conflit entre Israéliens et Palestiniens n’a de base que politique. «Ils veulent faire croire au monde qu’Israël est contre eux et contre l’Islam. Ils font croire que nous détruisons des mosquées alors que nous en protégeons et même sur nos territoires…», reproche le porte-parole du ministère des affaires étrangères d’Israël. D’ailleurs, lorsqu’on lui demande de faire sans langue de bois une lecture de la situation israélo-palestinienne et surtout de l’origine du conflit, sa réponse est à la fois surprenante et séduisante. En tout cas, elle ne semble ni tirer la couverture sur Israël, ni incriminer la Palestine. «Israël est une maison. Nous avons été chassés de chez nous, de cette maison il y a 2000 ans… Entre temps, d’autres personnes sont venues garder la maison. Ce sont les Palestiniens. Et un jour, nous sommes revenus en disant, c’est chez nous…. Les autres répondent : c’est aussi chez nous… Voilà la réalité», décrit en langage imagé et codé Emmanuel Nahshon. Pour lui, ce conflit est une question de raison et de droit. «On ne peut nier aux Palestiniens leurs droits. Ils ont des droits comme nous avons aussi des droits. Ils ont raison comme nous avons aussi raison», analyse-t-il, précisant que ce conflit n’est pas religieux, mais plus politique. D’ailleurs poursuit-il, contrairement à ce que les gens pensent, il y a des Israéliens qui sont pour l’évacuation des colonies et d’autres qui sont contre. Et, «c’est cela qui fait la démocratie en Israël», s’empresse-t-il d’ajouter.
M. Nahshon qui salue le travail accompli ces derniers jours, ensemble, par les pompiers palestiniens et israéliens face aux grands incendies qui ont ravagé certaines parties du pays, affirme par ailleurs que pour qu’une paix définitive revienne en Israël et sur la Palestine, il faut qu’il y ait non seulement deux Etats, avec un Etat palestinien démilitarisé et vivant aux côtés d’Israël, mais surtout, il faut qu’il y ait «la reconnaissance de la légitimité de l’existence de l’un envers l’autre». Conscient du fait que ce conflit divise la position de nombreux Etats dont des pays africains sur la situation, il ne manque pas de fustiger «l’hypocrisie de certains dirigeants africains». «Ces dirigeants africains font des arrangements sur la table avec Israël et sous la table, ils s’arrangent avec les Etats arabes. Ils le font surtout pour les beaux yeux des pays arabes, l’Arabie saoudite notamment, qui les finance. Mais le Premier ministre souhaite que cette hypocrisie cesse et qu’il y ait désormais des positions fermes», a-t-il expliqué.

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