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Deux mois à peine après avoir renouvelé le contrat du Dg de l’Armp, le chef de l’Etat a décidé de revenir sur sa décision. Toutefois, aucune indication n’a encore été donnée sur les intentions des autorités en ce qui concerne l’institution.

L’Autorité de régulation des marchés publics (Armp), malgré la nouvelle appellation d’Au­torité de régulation de la commande publique (Arcp), n’est plus tellement cette maison tranquille que les Sénégalais ont connue. La preuve, les coups de théâtre se suivent à un rythme incroyable depuis la fin officielle du mandat de l’actuel directeur général Saër Niang. Ce dernier qui avait vu son mandat prolongé de manière quasi indéfinie par le décret présidentiel 2017-349, signé le 24 février dernier, a vu celui-ci rapporté moins de deux mois plus tard par le décret 2017-559.
On se souvient (Le Quotidien n°4239 du mardi 28 mars 2017) que le chef de l’Etat avait décidé de passer par pertes et profits le processus de sélection du successeur de M. Niang à la direction de l’Armp, en excipant du prétexte de la transformation de l’Armp en Arcp. Le décret cité plus haut, du mois de février, indiquait que le mandat du directeur sortant était «prolongé jusqu’à la finalisation de la réforme institutionnelle en cours, relative à la transformation de l’Armp en une Autorité de régulation de la commande publique». Ce qui avait le plus touché les observateurs, c’est le fait que même les membres du Conseil de régulation, l’organe de direction de l’Armp, avaient été tenus à l’écart. C’est en lisant Le Quotidien que bon nombre d’entre eux avaient été informés de l’affaire. Or, ledit Conseil était en ce moment même en train de finaliser le processus de sélection du Dg qui devait succéder à Saër Niang, au point qu’un nom avait même été retenu.
La question qui se pose aujourd’hui avec la publication de ce décret est de savoir si le processus arrêté va être poursuivi ou si le gouvernement et le chef de l’Etat ont d’autres plans pour l’Armp. Le décret de nomination étant «rapporté», cela signifierait-il qu’il y a des chances que la mesure soit levée et le personnage maintenu, ou bien cela revient-il à assurer que le personnage reste juste en place pour expédier les affaires courantes, le temps que l’on lui trouve un remplaçant ?
Cette dernière hypothèse ne convainc pas nombre d’observateurs. Certains rappellent que le prédécesseur de Saër Niang, M. Youssouf Sakho, avait préféré partir avant même la confirmation de son successeur. L’intérim avait été confié à l’époque au secrétaire général de la structure. Il n’y a donc pas d’empêchement à reproduire aujourd’hui la même procédure qui a déjà prouvé son efficacité. Quoi qu’il en soit, pour la crédibilité de l’institution de régulation et la tranquillité d’esprit des parties prenantes, l’Etat devrait très rapidement clarifier les choses.
mgueye@lequotidien.sn

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