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Ndèye Lucie Cissé et Haoua Dia Thiam constatent que la parité sur les listes ne se reproduit pas automatiquement à l’Assemblée nationale. Les deux députées sortantes, responsables du Conseil sénégalais des femmes, estiment que cette parité ne peut être absolue que si le Code électoral prend en compte les sièges uniques et impairs.

Ndeye Lucie Cisse, président du Cosef.
Ndeye Lucie Cisse, président du Cosef.

Pour les élections législatives du 30 juillet prochain, aucune liste n’a été rejetée pour non-respect de la parité. Mais cela n’est nullement synonyme de parité à l’Assemblée nationale au lendemain des élections. «C’est au finish qu’on va peut-être se poser quelques questions. Parce que nous l’avons déjà fait, en tant que Cosef, en nous demandant si au résultat, nous n’aurons pas le même problème que la 12eme législature a connu avec 64 femmes au lieu de 75. Du point de vue des investitures, partout où il s’est agi d’investir un citoyen, cela a été en général un homme. Et partout où c’était impair, les femmes en ont pâti», a fait remarquer Haoua Dia Thiam. La présidente du Conseil sénégalais des femmes (Cosef) a embouché la même trompette. «La parité sur les listes candidates ne veut pas dire la parité en fin de compte à l’Assemblée nationale. Ce sont les sièges impairs qui jouent contre les femmes. A Dakar, il y a 7 députés, il y aura forcément – parce que c’est ça aussi- 4 hommes et 3 femmes», reconnaît Ndèye Lucie Cissé, en marge d’une session de formation d’élues locales.
Selon la députée sortante, même pour la 13ème législature, le Sénégal n’aura pas une Assemblée nationale paritaire. Elle le sera, dit-Mme Cissé, lorsque la question sera réglée dans la revue du Code électoral. «Nous avons fait des études, des projections et nous savions que nous n’aurons pas la parité. Parce que tant qu’on n’aura pas réglé cette question, elle resurgira toujours», parie la présidente du Cosef. Que faire alors pour y arriver ? «Il faut mener le combat au niveau de la revue du Code électoral. Nous l’avons mené malheureusement, nous n’avons pas eu gain de cause. Mais cela ne veut pas dire que nous allons lâcher. Nous allons continuer cette bataille parce qu’il faut qu’on arrive à la parité au début et à la fin», a dit Mme Cissé.
Haoua Dia Thiam garde l’espoir pour ces Législatives. «Nous espérons parce que, comme il y a eu beaucoup de femmes têtes de listes également, c’est un acquis, c’est important. Ça nous permettra peut-être de combler ce gap», déclare-t-elle. En attendant cette éventualité, la députée sortante propose : «On devrait arriver à une parité absolue s’il y a cette volonté politique. Pourquoi ne pas créer l’équilibre. Par exemple, on a augmenté le nombre de députés. Peut-être qu’en le faisant, il fallait qu’on pense aussi à créer un peu cet équilibre.»

Formation des élues locales : Le Cosef pour la transparence dans la gouvernance

Le projet intitulé «Amélio­ration des conditions d’exercice du droit de participation à la gouvernance locale notamment des femmes» du Conseil sénégalais des femmes (Cosef) a été clôturé samedi. Il consistait à aider les élues locales à mieux comprendre leurs rôles et responsabilités pour une transparence dans la gouvernance. Alors, à travers des sessions de formation, les élues localesont été formées sur le cycle du budget de leur commune. Il s’agit de la gestion, de la nomenclature et de l’exécution. Pour cette phase-est, les communes de Ngapparou, Mbour, Kaffrine, Kébémer et Sam Notaire ont été les bénéficiaires.

msakine@lequotidien.sn

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