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Elle est là, cette nouvelle religion mondiale tant attendue, qui met tout le monde sur le même pied. Son socle est la peur, la peur pour ce qui est le plus cher, la peur pour sa vie et celle de ses proches. Ses prêcheurs sont les médecins qui prêchent la bonne parole, qui dictent les règles et les rituels. Le pouvoir est ce gardien du temple qui veille au respect des règles et punit toute désobéissance, et son symbole est le masque.
Au sein du «Covidisme», nous retrouvons d’ores et déjà différents courants. Il y a les érudits, ceux qui suivent les règles à la lettre, qui pratiquent les rituels, lavage des mains régulièrement, distanciation, utilisation de solution alcoolisée et port strict du masque. On y retrouve aussi les modérés, ceux qui ne portent le masque que quand c’est bien nécessaire, qui continuent de saluer mais avec le coude, qui gardent un semblant de vie sociale et qui trichent de temps en temps en veillant bien à ce que personne ne les regarde faire. Car oui, il y a ceux qui surveillent, qui épient et je parle là des extrémistes, eux ils croient avoir tout compris et plus que les autres, ils s’érigent en donneurs de leçons. Eux, ils sont plus royalistes que le roi, ils jugent, n’hésitent pas à faire la morale et en public, à tous ceux qui osent enfreindre les règles et peuvent parfois se montrer verbalement ou physiquement violents.
Et puis bien sûr, il y a les mécréants. Alors, on y retrouve les adeptes des théories du complot, le Covid-19 est une grande supercherie inventée par les superpuissances, les illuminati, les francs-maçons ou je ne sais plus quelles autres forces obscures pour maintenir le monde sous contrôle ; et on y retrouve également les adeptes du «nous mourrons tous un jour», alors il vaut mieux vivre normalement et advienne que pourra.
Arrêtons-nous un peu sur ce masque. Les symboles sont très importants dans une religion, ils sont là pour rappeler que la religion existe. Une religion qui n’a pas de symboles visibles est tout simplement une religion qui n’existe pas aux yeux des autres. Le masque, bien qu’ayant démontré ses limites chiffres à l’appui, bien que de grands médecins, épidémiologistes ont remis en cause son efficacité, continue à être obligatoire dans beaucoup de pays, car son rôle est bien plus important, il est ce symbole sans lequel cette religion pourrait être oubliée. Il est là pour rappeler que le «Covi­disme» est bien parmi nous.
Aujourd’hui, nous pouvons reconnaître le courant d’appartenance de chaque personne en observant la manière dont elle porte son «masque religieux». Les érudits vont le porter de manière classique, vont éviter de le manipuler et veiller à le changer toutes les 3 ou 4 heures. Pour les modérés, le masque va être porté en dégageant le nez, «eh oui ! on est religieux mais pas au point de suffoquer quand mê­me !», accroché à l’oreille ou au coude pour le mettre à chaque fois que c’est nécessaire ou quand rode un extrémiste «covidien» qui lui, aura plutôt un masque de professionnel avec souvent une visière en plus et un masque dans la poche, qu’il «offrira gentiment» à un modéré laxiste ou à un mécréant qui lui bien sûr, ne portera jamais de masque.
«Le Covidisme», j’ai dit au début que c’était une religion qui mettait tout le monde sur le même pied, mais ça c’était juste pour faire une belle introduction, avec une pointe d’ironie. En effet, nous ne sommes pas tous égaux au sein du «Covidisme». Cette dernière a creusé encore plus le fossé entre riches et pauvres, avertis et non avertis, hommes et femmes. Nous ne sommes pas égaux dans le «Covidisme» car il y ceux qui l’ont subi et ceux qui en ont profité. Le «Covidisme» ressemble à une religion à une grande différence près, elle est de l’ordre de l’humain, alors qu’une religion est de l’ordre du divin.
Sarah BOUKRI
Docteur en sciences politiques
Consultante en relations
internationales

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