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Qui aime bien châtie bien. Cependant qui trop embrasse mal étreint. L’annonce de la tenue d’un rassemblement pacifique par le mouvement citoyen Y en a marre à la place de la Nation le 7 avril a suscité une levée de boucliers dans la mouvance présidentielle. Si certains comme le secrétaire d’Etat à l’alphabétisation, Youssou Touré, et le président du groupe parlementaire Benno bokk yaakaar, Moustapha Diakhaté, ont su raison garder, des mouches de coche ont brandi la menace d’une contre-manifestation pour en découdre avec les y-en a-marristes. En effet, le plus en vue parmi ces dernières est un historien du présent qui, malheureusement, n’a rien retenu du passé. Yakham Mbaye pour ne pas le nommer était un  intraitable détracteur du Président Sall et sa famille et aujourd’hui un farouche défenseur de la dynastie Faye-Sall dont il est le théoricien. Opportunisme quand tu nous tiens !
Toutefois, pour cette sortie-là, il est passé à côté de la plaque, d’autant plus que son annonce d’une contre-manifestation, qui n’était, en réalité, qu’un bluff destiné à montrer à son bienfaiteur de Président combien il s’attache à sa personne, n’a fait que renforcer la masse autour et au profit du mouvement y en a marre dont la capacité de mobilisation battait de l’aile. Par ailleurs, cette mobilisation réussie sans bourse délier sonne le glas de la seconde alternance. Mais comme celui qui se trouve au sommet d’un fromager se moque toujours de la tempête qui prépare à l’horizon ; au lieu de mesurer la colère sociale et se réajuster, les ouailles du Président, par la voie de la responsable des jeunes de l’Alliance pour la République, Thérèse Diouf Faye, annoncent une démonstration de force pour le 13 avril.
En fait, s’il est recommandé d’apprendre l’histoire, c’est pour ne pas répéter les erreurs du passé. Mais, apparemment, le Président Macky Sall et ses thuriféraires n’ont tiré aucune leçon de la défaite du Président Abdoulaye Wade, qui, pourtant, tout puissant chef d’Etat qu’il était, n’avait rien pu faire contre le rouleau compresseur du 23 juin qu’il assimilait à une brise passagère, alors qu’il émanait d’un Peuple profondément indigné. Le Président Sall, lui, considère cette mobilisation massive et les huées à Paris et à Berne comme une tentative d’arrêter la mère par les bras. Cependant selon Nicolas Machiavel, seule l’affection du Peuple constitue une forteresse imprenable pour un prince ; sinon aucune autre ne peut le sauver de la vindicte populaire. De toute façon, il y a eu prise de conscience, comme le lion qui dormait s’est métamorphosé en une mer impétueuse. Pourvu que cette prise de conscience  se traduise par un changement radical de cap.
Elimane BARRY
Professeur d’Anglais

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