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Me Mounir Balal a cité la sourate «L’épreuve» pour conforter imam Ndao qui risque 30 ans de travaux forcés, si la Chambre criminelle suit le Parquet. Dans le sillage de ses autres confrères, il a plaidé l’acquittement de l’imam qui n’est pas «un homme violent». Il sera édifié le 19 juillet prochain.

L’imam Ndao et Cie seront édifiés sur le sort le 19 juillet prochain. 49 jours pour prier le Seigneur afin de sortir blanchis de ce procès. En tout cas, leurs avocats ont tenté par tous les moyens de détruire l’accusation qui semble être fantaisiste à leurs yeux. Il faudra continuer à patienter… «Vos 2 ans et demi de prison, je sais qu’à votre niveau, sur le plan psychique, intellectuel, spirituel vous vous êtes fait une raison.» Me Mounir Balal essaye ainsi de remonter le moral de l’imam Alioune Ndao. En quittant un moment sa robe d’avocat, il a porté l’habit de guide religieux pour mieux réconforter l’imam en citant des sourates. «Vous connaissez sans doute la sourate 60 du Coran que certains traduisent par ‘’L’épreuve’’. Ça a été une épreuve, mais je sais que vous la surmonterez. C’est la volonté divine», encourage-t-il, un brin fataliste.

Délibéré le 19 juillet prochain
L’avocat poursuit son prêche : «L’imam Ali disait également que l’obstination altère le discernement. J’ai eu comme l’impression que l’accusation a manifesté, vaille que vaille, que l’on veut, par je ne sais quelle alchimie juridique ou juridico-philosophique, imputer une culpabilité à imam Alioune Ndao.» Il précise : «Le plan local de développement d’imam Ndao n’est pas un plan local du djihadisme violent.» Selon Me Balal, ce n’est pas un crime d’avoir des ambitions pour son pays ou de visiter des sites terroristes. Ainsi, Me Balal pense que l’imam a le droit de dire qu’il est pour l’application de la Charia au Sénégal même si «je ne suis pas d’accord avec lui sur ce point». D’ailleurs, rappelle la robe noire, son client «a indiqué que même si la Charia devait s’appliquer, ce serait par le dialogue et non par la violence». «C’est sa conviction de djihad intellectuel, dit-il, qui a amené imam Ndao à dire qu’il est pour un djihad pur et dur.» Nonobstant cela, regrette-t-il, on a essayé de lui reprocher «d’être un homme qui veut s’informer, s’instruire et qui aime lire». Il pense «que le simple fait de détenir des ouvrages sur le terrorisme, la franc-maçonnerie, le nazisme ne constitue pas un crime». L’avocat, qui a dénoncé la faiblesse du dossier, croit savoir pourquoi 30 ans ont été requis contre imam Ndao. «C’est parce qu’on a requalifié les faits en complicité», dit-il. «Le terrorisme existait déjà dans la société où les tributs faisaient la guerre. Mais ce phénomène qui existe actuellement fait mal aux gens parce qu’on a créé un binôme : terrorisme égal islam. Et ceux qui entretiennent cette idéologie ne font qu’aggraver la situation provoquant ainsi la révolte de certains», dit-il. Etant persuadé que l’accusation n’a pas fourni de preuves dans cette affaire, il a plaidé l’acquittement en soutenant que l’imam Ndao «n’est pas un homme violent». Il le saura le 19 juillet prochain.
justin@lequotidien.sn

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