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Son Excellence Monsieur le Président Macky Sall a reçu le jeudi 1er décembre une délégation du Front pour la défense du Sénégal Manko wattu Senegaal, après que celui-ci lui a envoyé une lettre accompagnée d’un mémorandum. Cette opposition ne pouvait pas avoir meilleure réponse à l’exposé de ses préoccupations que celle qui lui a été servie, l’invitation du maître du jeu.
A mon humble avis, cette rencontre ne s’est inscrite, dans une certaine mesure, que dans la trajectoire tracée lors de l’ouverture du Dialogue national. En me référant au résumé succinct que j’ai pu lire suite à ces discussions, je pense que le chef de l’Etat a, sans ambages, montré aux délégués de cette coalition qu’il était très réceptif à leurs doléances. Il a consenti, séance tenante, à faire le maximum de propositions rassurantes, à quelques mois des Législatives. Au-delà de l’entente sur le fichier électoral, je retiens principalement que la date de ces élections est connue maintenant, que l’on a annoncé une amélioration des procédures d’inscription sur les listes électorales, de même que l’audit du fichier à la fin de ces opérations.
A l’évidence, toutes les revendications de cette partie de l’opposition ne peuvent pas être entièrement satisfaites, surtout quand la volonté de fouler aux pieds des prérogatives de celui qui dirige le pays semble manifeste. Par respect à une pratique consacrée et pour l’élégance du statut, je considère qu’un président de la République, que nous élirons ou réélirons, posera un acte marquant, s’il échange parfois, en choisissant le format qui l’agrée, avec des leaders du camp opposé sur des questions en rapport avec la vie de la Nation. Il le ferait, du reste, avec chacun de ses prédécesseurs. J’ose croire que le Président Macky Sall voudra, à chaque fois que son calendrier le lui permettra, s’acquitter de cette tradition républicaine.
Mais quels que soient les intérêts défendus ou les urgences évoquées à un moment donné, l’initiative du dialogue et le dernier mot reviendront à celui qui a les rênes du pouvoir, parce que le Peuple souverain a eu confiance en lui, continue d’avoir confiance en lui et aura, plus tard, toute latitude de se déterminer sur son bilan. Au fond, le dialogue de ce jeudi-là a porté sur ce qui va nous aider à consolider notre démocratie et à cheminer en paix. Il est alors possible que cette rencontre, décidée par le Président de tous les Sénégalais, s’impose comme un déclic sous nos cieux, afin que nous oubliions ces agaçantes querelles politiciennes, que nous nous unissions autour de l’essentiel et que nous arrivions à emprunter une direction qui nous garantira de précieuses conquêtes au présent ou dans un futur proche, à savoir des progrès considérables à court et moyen terme.
En somme, il s’est agi d’une dimension du dialogue que nous avons déjà approuvé, un dialogue constructif à tous points de vue sous le magistère de notre premier Président né après les indépendances. Aussi, grâce à l’ouverture d’esprit de cet homme d’Etat et à cet élan patriotique des militants des partis de Manko wattu Senegaal qui ont accepté d’aller au Palais présidentiel, parviendrons-nous, dès lors que des aspirations légitimes du Peuple finissent par être prises en compte, à trouver un «accord conciliant» (1) sur des divergences inévitables entre pouvoir et opposition, comme c’est bel et bien le cas avec le consensus sur les règles du jeu électoral, susceptible de nous épargner l’impasse au lendemain des scrutins que nous organiserons.
En insistant sur le même registre, voire notre commun vouloir de vivre ensemble et mieux, je ne peux pas m’empêcher de mettre in fine sur le tapis un problème qui n’est pas lié certes au vote, mais qui demeure l’objet d’innombrables interrogations de la part des populations. Et j’estime qu’il pourrait être opportunément débattu par les différentes composantes du champ politique. A ce sujet, je souhaite que les leaders de l’opposition se donnent la peine, entre les joutes électorales, d’expliquer les grandes lignes de leurs programmes. Les moyens de le faire ne manquent pas. Ils doivent avoir plus d’entrain pour tenter de nous convaincre également, en faisant des propositions conjoncturelles, très pertinentes. Cette manière de s’opposer, une excellente forme d’expression politique, sera aussi positive que ce dialogue qui, par ailleurs, est attendu davantage et avec autant de sérénité à l’Hémicycle, à un moment où l’opposition libérale est redevenue, à juste titre, la vraie responsable de son groupe parlementaire. C’est ainsi que la question de l’insécurité, épineuse, mérite une attention accrue du régime en place et des opposants.
Les segments de notre société vivent, depuis belle lurette, la psychose des agressions tous azimuts et des vols de récurrents bétail. Ces temps-ci, ils sont fortement secoués par des comportements inhumains de leurs membres, ou plutôt de certains gens égarés ou malades. Ils ont, par conséquent, besoin de plus de gages sécuritaires, d’introspection et aussi de modèles provenant de pères de famille, d’éducateurs, comme de toutes les personnes influentes du pays, parmi lesquelles des autorités, celles censées décider pour nous à différents niveaux, dans un cadre normatif et de façon exemplaire.
Badiallo dit Boucounta BA
Docteur en Lettres hispaniques
Formateur de professeurs et d’inspecteurs de l’enseignement moyen et secondaire
Ancien Chef du Département de Didactique des
Langues Romanes à la Fastef/Ucad
Hispaniste/Défenseur de l’enseignement de toutes les
LV2 dans nos collèges et de la promotion de nos langues nationales

1- De feu Léopold S. Senghor, qui était amoureux de la langue allemande et prônait, en général, la civilisation de l’universel.

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