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Après avoir lu l’ouvrage du théologien et pasteur suisse Henry Babel, intitulé Cet avenir qui nous attend. Le contrat de l’espoir, on est tenté de dire que Dieu est énergie. C‘est l’énergie divine qui, après l’explosion originelle appelée Big bang il y a quinze milliards d’années, s’est ramifiée et transformée en gaz, roches, corps célestes, astres, eau, cellules végétales et animales, bactéries… C’est cette énergie divine qui a donné l’atmosphère, la biosphère, l’hydrosphère, la cryosphère etc. La faune et la flore ne sont que les manifestations de Dieu-énergie sans qui la vie en milieu aquatique et sur Terre serait impossible.
Depuis la découverte du feu au paléolithique par l’homo erectus, l’énergie occupe une place centrale dans la vie de l’homme. Le feu serait même une des causes des premières guerres préhistoriques : La Guerre du feu est le titre du roman écrit par J.-H. Rosny aîné paru pour la première fois en France en 1909, roman plusieurs fois adapté en films. La machine à vapeur de James Watt, fonctionnant avec de la houille, a donné naissance à la première révolution industrielle dans le dernier quart du 18e siècle. La découverte du pétrole et de l’électricité a occasionné la deuxième révolution industrielle dans la seconde moitié du 19e siècle.
Au 20e siècle, l’uranium et le plutonium ont servi à fabriquer des bombes atomiques et d’autres missiles à tête nucléaires. Elles peuvent être de taille et masse petite, mais très riches en énergie : un gramme d’uranium équivaut à une tonne de pétrole, l’énergie produite par la fission d’un kilogramme de plutonium est supérieure à celle de la combustion d’une tonne de pétrole. «Little boy» et «Fat man» étaient les noms donnés aux bombes atomiques qui avaient respectivement détruit les villes japonaises de Hiroshima et Nagasaki en août 1945. La première contenait 64 kg d’uranium 235 tandis que la seconde contenait 6,4 kg de plutonium 239. Au lendemain de la seconde Guerre mondiale, des centrales nucléaires sont créées pour produire de l’électricité et les pays industrialisés sont entrés en partenariat avec les pays riches en matières premières énergétiques pour s’approvisionner en pétrole, gaz naturel, uranium, etc. Par exemple, dans les 1950, les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite ont signé l‘accord pétrole contre sécurité.
A cause des hydrocarbures et de l’uranium, des foyers de tension se sont multipliés dans le monde, des coups d’Etat sont organisés, des mouvements irrédentistes sont créés, des guerres civiles sont déclenchées, des pays mis dans le chaos total, des polémiques sont entretenues, etc. La physique nucléaire devient une «science occulte» qui ne doit pas être maîtrisée par les scientifiques des Endan (Etats non détenteurs d’armes nucléaires). La preuve, Israël, ennemi de l’Iran, est accusée d’être le commanditaire de l’attentat perpétré à Téhéran en janvier 2010 ayant coûté la vie à Ali Mohammadi, un Professeur de physique nucléaire iranien de renommée internationale. Avant la révolution khomeinienne de 1979, le chah d’Iran était le gendarme des Etats-Unis au Moyen-Orient. C’est pourquoi, dans le contexte de la guerre froide, des entreprises occidentales (allemandes, françaises et américaines) avaient collaboré avec l’Iran pour la réussite de son programme nucléaire civil (Manière de voir, juin-juillet 2016, p.28-29). La frontière entre le nucléaire civil et celui militaire est ténue : «Le nucléaire civil et le militaire ne sont pas deux activités distinctes. La fabrication des combustibles et leur retraitement correspondent à des processus intimement imbriqués» (Aurélie Coulon). Sans doute, la maîtrise de la technologie nucléaire a permis aux Iraniens de caresser le rêve de faire de leur pays une puissance nucléaire. Suite au renversement du chah par le révolutionnaire Ayatollah Khomeiny en 1979, il y a eu une rupture entre les Etats-Unis et l’Iran. Les Iraniens, après avoir bénéficié de l’expertise des Occidentaux, n’ont pas abandonné leur projet nucléaire. A leur corps défendant, les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux ont favorisé l’émergence d’une puissance nucléaire au Moyen-Orient hors de leur contrôle. Ce qui a des conséquences géopolitiques certaines. Avec la dissuasion nucléaire, l’Iran sera traité avec respect par les Etats-Unis. La tension peut monter d’un cran, mais n’aboutit pas à une guerre frontale entre deux puissances nucléaires.
Il va sans dire que la détention de secrets atomiques et la sécurité énergétique donne du pouvoir à un Etat. Dans le contexte actuel de la rude compétition internationale, le pouvoir d’un Etat se mesure à l’aune de sa capacité à satisfaire la demande intérieure en énergie. Les chefs d’Etat sont appelés à être de grands patriotes et stratèges pour approvisionner leurs populations en énergie. A cet effet, ils courtisent et convoitent les pays grands producteurs d’énergie. Le producteur très convoité est courtisé et caressé dans le sens du poil. Si ce dernier accepte leurs offres, il est l’allié du moment, les grandes puissances ferment les yeux sur sa gouvernance, la terreur qu’il exerce sur sa population, etc. En revanche, s’il reste insensible et inflexible, il s’attire les foudres des séducteurs. Soit les séducteurs éconduits interviennent militairement dans les pays riches en pétrole, soit ils utilisent des moyens détournés comme la démocratie pour renverser un chef d’Etat indocile.
Dans leurs manœuvres dolosives, les grandes puissances financent les médias et les partis d’opposition. Ces derniers décrivent au vitriol les régimes qui ne sont pas favorables aux puissances industrielles à la recherche de matières premières énergétiques. On a substitué au coup d’Etat la guerre médiatique et le combat politicien pour éliminer des régimes qui se dressent en obstacles aux grandes firmes multinationales basées dans les pays du Nord. Lorsque la carte énergétique mondiale change, l’orientation idéologique et l’obédience religieuse changent elles aussi. Avec l’exploitation massive du pétrole de schiste aux Etats-Unis depuis 2012, les importations américaines venant de l’Arabie Saoudite ont considérablement diminué. Les Etats-Unis sont en passe d’atteindre leur indépendance énergétique. Dans quelques années, ils vont même commencer à exporter de l’énergie. En même temps, le nucléaire iranien inquiète l’Arabie Saoudite. Victime du syndrome d’abandon, l’Arabie Saoudite se lance dans des opérations de charme : ouverture de salles de cinéma, autorisation des femmes à conduire des voitures, renonciation officielle au wahhabisme, etc. En quelque sorte, les Etats-Unis ont pris une revanche sur les pays arabes producteurs de pétrole qui sont à l’origine du déficit commercial américain depuis le premier choc pétrolier de 1973. L’exploitation massive du pétrole de schiste est une nouvelle arme américaine pour contraindre l’Arabie Saoudite et bon nombre de pays arabes à sortir de leur conservatisme soporifique.
En définitive, l’énergie est vitale parce que d’origine divine et manifestation de Dieu. Sans elle, aucun mouvement n’est possible. Le Dieu-énergie est ramification et ubiquité. Il est dans différents états : gazeux, liquide, solide, «aminique», spirituel etc. Il est dans l’air, l’eau, les roches, les hydrocarbures, l’uranium, les plantes, les lipides, les glucides, l’esprit, l’âme, etc. C’est parce que l’énergie est indispensable qu’il y a aujourd’hui une ruée vers les réserves gisements de pétrole, de gaz naturel et d’uranium. Utilisée à des fins militaires, l’énergie peut donner de la suprématie à un Etat. Ce qui explique la course aux armements et les nombreuses crises diplomatiques depuis la fabrication de la bombe atomique par les Etats-Unis en juillet 1945. La question de l’arme nucléaire revient souvent dans les débats entre grandes puissances et les crises qui en découlent déstabilisent de nombreux pays et font revivre le spectre d’une troisième Guerre mondiale. Un éventuel troisième conflit mondial aurait des conséquences désastreuses pour l’espèce humaine. Avec les impressionnants stocks d’armes de part et d’autre dans le monde, la destruction mutuelle est assurée entre puissances détentrices de bombes atomiques ou thermonucléaires. Dans son livre intitulé La géopolitique du chaos, Ignacio Ramonet montre que les grandes puissances disposent d’armes pouvant faire éclater la planète Terre en plusieurs morceaux. Peut-être que l‘homme sera l’auteur de l’apocalypse prédite dans les livres dits saints. Une conflagration planétaire consumerait la planète Terre et réduirait l’humanité en cendres. En se transformant en cellules, Dieu-énergie avait donné la vie. Devenu arme de destruction planétaire, il supprimerait la vie sur Terre. C’est lui le grand architecte de l’univers et le véritable moteur de l’histoire.
Mamaye NIANG
mamayebinet@yahoo.fr

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