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Créé en octobre 2000, le Forum sur la coopération sino-africaine (Focac) est une plateforme de dialogue politique et un mécanisme multilatéral de coopération Sud-Sud, basé sur les principes de l’égalité, de la confiance mutuelle et des avantages réciproques.
La célébration de son 20ème anniversaire m’offre l’agréable occasion de saluer, au nom de Son Excellence Monsieur Macky Sall, président de la République du Sénégal et Co-Président du Focac, le long chemin parcouru par l’Afrique et la Chine pour aboutir, aujourd’hui, à une parfaite convergence de vues et d’intérêts, dans le cadre d’un partenariat stratégique global.
En réalité, l’histoire des relations sino-africaines n’a pas commencé il y a vingt ans. Un siècle avant Jésus-Christ, l’explorateur Zhang Qian, dans la poursuite des routes de la soie, avait déjà réussi à atteindre l’Egypte, par la rive sud de la méditerranée. Mais c’est l’Amiral Zheng He qui permit aux Chinois de découvrir le reste de l’Afrique à partir de 1421.
Cependant, cette politique d’ouverture de la Chine vers l’Afrique a été ralentie pendant plusieurs siècles avant d’être relancée, à la faveur de la Conférence de Bandung de 1955 qui offrit aux deux parties une nouvelle tribune pour revivifier leurs relations.
C’est dire qu’entre la Chine et l’Afrique, il existe une longue tradition d’amitié, d’échanges et de coopération, fondée sur un solide socle de valeurs et de principes qui défie tous les clivages inhérents aux vicissitudes du temps et de l’environnement international.
Aujourd’hui, la Chine contribue au développement économique et social de l’Afrique à travers d’importantes réalisations dans les domaines économique, technique, scientifique et socioculturel. A ce titre, elle a notamment construit des mil­liers de kilomètres de routes, de chemins de fer, des aéroports, des stades, des universités, des écoles, des hôpitaux à travers tout le continent africain.
Au plan commercial, la Chine est, depuis maintenant onze ans, le premier partenaire de l’Afrique. En vingt ans, les échanges sino-africains ont été multipliés par 20, passant de 10 milliards de dollars en 2000 à 208,7 milliards en 2019, grâce en particulier à l’application du tarif zéro sur le marché chinois à près de 100% des produits en provenance des pays africains les moins avancés.
En outre, plus de 3 000 entreprises chinoises sont présentes en Afrique où elles ont investi environ 148 milliards de dollars entre 2000 et 2019.
Par ailleurs, la Chine est un partenaire de premier plan de l’Union africaine dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et de l’Architecture continentale de paix et de sécurité.
Le Sénégal peut servir d’exemple pour illustrer la vitalité de la Coopération sino-africaine. Dans notre pays, la Chine a réalisé d’importants projets gouvernementaux pour un montant cumulé de plus de 2,5 milliards Us dollars auxquels s’ajoutent des investissements directs dans les domaines de la pêche, de l’agriculture, de l’industrie alimentaire, de la fabrication des matériaux de construction et de l’énergie solaire, etc.
Ce qui fait la force du partenariat sino-africain, c’est son pragmatisme, c’est-à-dire sa capacité à intervenir au moment opportun pour apporter des réponses concrètes aux préoccupations des parties concernées.
Cela s’est vérifié tout récemment lorsque, face à la crise sanitaire occasionnée par le coronavirus, la Chine et l’Afri­que se sont soutenues mutuellement et ont mené un combat solidaire contre cette maladie.
A ce propos, leurs Excel­lences les Présidents Chinois XI Jinping et Sénégalais Macky Sall ont co-présidé le Sommet extraordinaire sino-africain sur la solidarité contre la pandémie de Covid-19, tenu le 17 juin 2020, en vidéo-conférence. Au sortir de cette importante rencontre, les pays africains se sont réjouis de la décision du Prési­dent Xi Jinping de faire du futur vaccin contre la Covid-19 un bien public mondial auquel le continent aura un accès prioritaire.
Ensemble, la Chine et l’Afrique ont conjugué leurs efforts pour endiguer la propagation du virus et ont obtenu des résultats encourageants qui révèlent une certaine résilience face aux défis contemporains.
C’est dans le même esprit de solidarité qu’elles envisagent de poursuivre leur collaboration pour atténuer l’impact économique et social de la pandémie et in fine relancer la croissance de leurs économies.
A cet égard, il convient de saluer l’engagement renouvelé du gouvernement chinois, malgré le contexte international difficile, à mettre en œuvre, dans leur intégralité, le plan d’action 2019-2021 et les huit initiatives du Président Xi Jinping, adoptés lors du Sommet du Focac tenu à Bei­jing les 3 et 4 septembre 2018.
En sa qualité de coprésident du Focac, le Sénégal se réjouit des belles perspectives qui se dessinent à l’horizon pour le renforcement des relations sino-africaines auxquelles Son Excellence le Président Macky Sall accorde une attention prioritaire. A ce titre, le Sénégal continuera d’œuvrer pour la consolidation de la convergence de vues entre la Chine et l’Afrique sur des questions majeures comme la réforme des Nations unies, la gouvernance mondiale, la lutte contre la pauvreté, la lutte contre la Covid-19, la paix et la sécurité internationales.
C’est ce qui justifie tout l’intérêt que revêt la huitième Conférence ministérielle du Focac, prévue à Dakar en 2021. Par-delà les retrouvailles conviviales entre des Nations amies et partenaires, le Sénégal ne ménagera aucun effort pour que cette rencontre soit une occasion pour permettre au Focac de franchir un nouveau palier dans son ambition de réaliser une communauté de destin au service des peuples africain et chinois, dans la paix et la prospérité.
Aïssata TALL SALL
Ministre des Affaires étrangères
et des Sénégalais de l’Extérieur

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