PARTAGER

Le Gradec n’a pas les mêmes chiffres sur la distribution des cartes d’électeur que le gouvernement. Après une mission à l’intérieur du pays, son secrétaire général, Ababacar Fall, a déclaré hier que le total des cartes d’électeur restantes est de 272 mille 141 au lieu de 242 mille 902, comme avancé par les autorités administratives entre le 25 janvier et le 1er février 2019.

Les résultats de la distribution des cartes publiés par les autorités entre le 25 janvier et le 1er février 2019 mentionnent que le total des cartes d’électeur restantes est de 242 mille 902, soit 3,76%, d’après les propos de Ababacar Fall. Mais après une tournée de suivi-évaluation de la distribution des cartes, le secrétaire général du Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec) a donné une autre version. «Rien que dans un peu moins de la moitié des circonscriptions électorales, soit 22 départements, il y a un nombre bien supérieur de cartes restantes, soit 272 mille 141», a-t-il soutenu hier, lors d’une conférence de presse. A l’en croire, seules 45 mille 056 cartes ont été distribuées, soit 14,20% sur un total de 317 mille 197. «Ces données ont certainement évolué puisque la distribution se poursuit», a précisé M. Fall.
Le Gradec constate par ailleurs que «près de 1 million 200 mille cartes d’électeur, issues de la refonte, ont été distribuées en dehors de toute supervision de la Commission électorale nationale autonome (Cena) dans la période allant de fin novembre 2017 au 10 janvier 2019». L’organisation membre de la société civile en déduit que cela «remet en cause les règles de transparence et le principe de la séparation des pouvoirs dans l’organisation et le fonctionnement du système électoral suite à la modification de l’article L.54 du Code électoral».
A la fin de sa mission, le Gradec a noté également que les cartes d’électeur qui viennent de la Direction générale des élections(Dge) ne font pas l’objet d’un «décompte contradictoire» entre l’autorité administrative et la Commission électorale départementale autonome (Ceda) avant leur mise à disposition au niveau des commissions. Ababacar Fall fait remarquer aussi que «le nombre de rejets pour motif ‘’personne déjà inscrite’’ est trop élevé» et le rythme de la distribution «très faible». Pour pallier ces «manquements», le Gradec recommande aux autorités de faire une «large communication» sur la confection de duplicatas aux citoyens figurant sur le fichier électoral et qui n’arrivent pas à localiser leurs cartes d’électeur. Elle demande en outre que ces opérations continuent jusqu’au 22 février, au lieu du 18 comme prévu dans la décision.
mfkebe@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here