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Le Sénégal s’étend sur une superficie de 196 mille 712 km2. En 2018, sa population est estimée à 15 millions 726 mille 037 habitants dont 7millions 896 mille 040 femmes et 7 millions 829 mille 997 hommes. L’espérance de vie à la naissance est de 61,7 ans.
De 1960 à 2000, le Parti socialiste a été au pouvoir, soit quatre décennies. L’ajustement structurel, la dévaluation survenue en 1994 et l’usure du pouvoir l’ont balayé du pouvoir dans un contexte de forte demande sociale.
L’alternance intervenue en 2000 a été attribuée par certains analystes d’évènements politiques et par une frange des hommes politiques, notamment du Parti démocratique sénégalais (Pds) à la jeunesse qui a exprimé à travers son vote sa volonté de changement de régime du Parti socialiste (Ps) qui était à bout de souffle après quarante ans de règne.
Conscient du rôle important de la jeunesse dans sa victoire à la Présidentielle de 2000, Me Abdou­laye Wade, dès sa prise de pouvoir, a donné un signal fort à l’endroit de la jeunesse sénégalaise en guise de réponse à leurs sollicitations. Il a nommé un jeune à la station de ministre de la Jeunesse, en l’occurrence M. Modou Diagne Fada.
Fidèle à ses convictions et au pari qu’il a fait sur la jeunesse ( «Dis-moi quelle jeunesse tu as, je te dirai quel pays tu seras», «Je préfère la disponibilité de ma jeunesse que tout l’or du monde»), Me Abdoulaye Wade a créé plusieurs structures pour répondre à la demande de l’emploi des jeunes (le Fonds national de promotion de la jeunesse (Fnpj), l’Agence nationale de l’emploi des jeunes (Anej), l’Agence de l’emploi des jeunes (Ajep) et l’Agence nationale pour les marchands ambulants (Anama) avec des résultats mitigés.
Le jeunisme de la politique de l’emploi est justifié par le nombre annuel de demandeurs d’emplois. En effet, chaque année, 200 mille nouveaux demandeurs d’emploi arrivent sur le marché du travail alors que l’offre est estimée à environ 30 mille nouveaux postes. Parmi eux, 31% sont diplômés de l’enseignement supérieur et 46% n’ont aucune formation ou qualification. Par ailleurs, les résultats de l’Esps 2011, Ansd sur le chômage, a révélé que les jeunes âgés de 15 et 35 ans représentent 62,4% de la population active dont 12% sont en chômage.
En effet, il faut souligner avec force que ce jeunisme de la politique de l’emploi est bien justifié, car aucun pays au monde ne peut se développer sans sa jeunesse. Pour ce faire, il faut lui donner du travail. Ce travail peut être salarié. Il peut être non salarié. Cependant, où trouve-t-on ce travail ou cet emploi ? On le trouve dans le secteur public, dans le secteur privé et dans l’auto-emploi.
Les structures publiques créées par l’Etat ont pour cible les jeunes. Malheureusement, la limite d’âge d’être jeune est fixée à 35 ans. Celle-ci doit être appréciée à l’aune de l’âge d’accès au premier emploi au Sénégal. Aussi, les résultats de l’enquête précitée ont montré que 31% des chômeurs sont des diplômés de l’enseignement supérieur. Si 46% des jeunes n’ont reçu aucune instruction, par contre il faut noter que 24% ont un niveau d’instruction qui n’a pas dépassé le cycle élémentaire. Conséquem­ment, ce qui est à l’origine du développement rapide du secteur informel où on note une forte présence, 49% des jeunes.
La deuxième alternance survenue en 2012, dans le cadre de réduire le train de vie de l’Etat en vue de répondre à la forte demande d’emploi des jeunes et conformément à ses promesses électorales, le Président Macky Sall annonce dans son discours à la Nation du 31 décembre 2013 la suppression de certaines agences dédiées.
«…s’agissant du Pôle emploi-jeunesse, les activités jusque-là menées de façon éparse par quatre structures sont désormais regroupées au sein d’une seule agence, afin de réduire les dépenses de fonctionnement et de mettre en cohérence les politiques publiques.»
Cette forte volonté politique du Président Macky Sall a été concrétisée par la création par décret n°2014 26 du 9 janvier 2014 de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej). Toutefois, des efforts restent à faire pour répondre à la forte demande d’emploi des jeunes qui arrivent sur marché du travail chaque année, mais aussi à celle des jeunes-adultes qui ont dépassé les trente-cinq ans (35 ans) qui sont à la recherche de leur premier emploi et qui ne bénéficient pas de la même attention.
Ce jeunisme de la politique de l’emploi des jeunes constitue une entrave à l’exercice du droit au travail des personnes âgées de plus de trente-cinq (35 ans). Bref ! Cette politique exclut une bonne partie de la population désireuse de créer leur propre emploi du fait de leur âge dépassant les 35 ans. Du coup, les privant du droit au travail comme les jeunes. Par ailleurs, il faut rappeler que les faibles résultats obtenus dans la promotion de l’emploi des jeunes sont attribués à l’absence d’un cadre de concertation harmonisé entre les différents acteurs (administration, secteur privé, société civile, etc.), de système d’information unifié sur le marché du travail, la pluralité des acteurs institutionnels en charge du service public de l’emploi des jeunes, la faible employabilité des jeunes sur le marché du travail, l’insuffisance de mesures incitatives favorables à la promotion de l’emploi, entre autres.
L’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes doit non seulement être reformée, mais doit changer de dénomination. Pourquoi ? Parce que l’impact du jeunisme de la politique de l’emploi est faible malgré tous les efforts consentis par l’Etat. Parce que l’âge d’arriver au premier emploi au Sénégal dans la majorité des cas est très tardif. Parce que cette politique de jeunisme de l’emploi entrave l’exercice du droit à l’emploi des personnes âgées de plus de trente-cinq ans (35). Elle doit changer de dénomination. Pourquoi ? Parce que de par son nom (Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes), elle exclut des hommes et des femmes âgés de plus de 35 ans en situation de chômage qui ont droit à l’emploi ou au travail comme les jeunes.
A mon humble avis, l’Anpej ne doit pas être une agence exclusivement dédiée aux jeunes, mais être ouverte à toutes et à tous. De l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (l’Anpej), elle deviendra tout simplement une Agence nationale pour la promotion de l’emploi (Anpe).
Le jeunisme de la politique de l’emploi a montré ses limites. Ce que je crois : la meilleure politique de promotion de l’emploi est celle qui est inscrite dans une démarche inclusive de tous les âges qui ont droit à l’emploi et non le contraire.
Vive le Sénégal !
Vive la République !

Baba Gallé DIALLO
babadediana@gmail.com

1 COMMENTAIRE

  1. Bonsoir
    Je suis triste ,quand dans ce beau pays une minorité décide du destin du peuple .
    Je suis triste,quand dans mon pays lew jeunes prennent la mer pour aller en europe .
    Je suis triste pour le Sénégal,que nous refusons l’indépendance en vivant avec ces regles colonialistes.
    Enfin,je pleure de douleur quand a 35 ans on a plus le droit de servir son pays.

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