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Ministre des affaires étrangères

La dernière fois que Macky Sall s’était avancé à morceler le ministère de l’Economie et des finances, cela s’était mal passé, et il avait dû opérer un rétropédalage en rase campagne. Il s’est retrouvé à gérer des querelles d’ego aussi bien que des problèmes de fonctionnement entre les deux départements de l’Economie et des finances, dirigé par Amadou Ba, à celui du Plan, confié alors à Abdoulaye Bibi Baldé, qui venait de quitter l’Agriculture.
Aujourd’hui que le ministre Amadou Ba migre vers la Place de l’Indépendance et le ministère des Affaires étrangères, pour laisser la place à Abdoulaye Daouda Diallo (Add), qui a eu à diriger le ministère du Budget à une époque, le président risque à terme, d’avoir à jouer les arbitres avec Amadou Hott.
On peut parier que les conflits de compétence naîtront très rapidement, déjà avec la publication du décret de répartition des services, quand chacun saura ce qui lui est dévolu. Et connaissant la mentalité de nos fonctionnaires, on peut imaginer que, si tous les services financiers, à savoir, le Trésor, les Impôts et domaines, ainsi que la Douane devaient rester sous la tutelle d’Add, beaucoup de fonctionnaires des autres directions rechignent à rejoindre les services de Amadou Hott. Cela, pour une raison toute simple : l’argent.
Bibi Baldé avait connu la même mésaventure au département du Plan. Des chefs de services lui avaient fait comprendre qu’il leur en coûtait énormément d’avoir à renoncer aux fameux fonds communs, qui leur permettaient d’arrondir fortement leurs fins de mois.
De plus, le ministère du Plan étant une création nouvelle dans le gouvernement, avait eu beaucoup de peine à se caser de manière décente. Et M. Baldé s’était plaint en privé de ce que son collègue de l’Economie et des finances ne lui facilitait pas la tâche. Ce conflit larvé s’était conclu de manière dramatique, quand l’Ansd, qui était sous la tutelle du ministère du Plan, avait publié les chiffres de la croissance pour 2013, les situant à 2,6%, au moment où la Dpee, qui émargeait au Mef, avait prévu un taux de 3,7%. L’énorme écart et le manque de cohérence entre les deux services avaient été attribués au fait que les deux n’avaient plus la même tutelle.
Il se dit que le Président Macky Sall se sentait un peu gêné de la toute-puissance qui était prêtée à son dernier ministre de l’Economie, des finances et du plan, ce qui expliquerait le retour de cet attelage hybride. Néanmoins, au-delà de la personne de Amadou Ba, on peut se demander si Macky Sall, ce faisant, pourra, en cas de conflit, larvé ou ouvert entre les deux fortes personnalités que sont Hott et Diallo, maintenir la cadence qu’il veut imprimer à ses réalisations.
mgueye@lequotidien.sn

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