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C’est le retour au pays natal. Adama Barrow a foulé le sol gambien hier à bord d’un aéronef de l’Armée sénégalaise après plus de 10 jours à Dakar où il a prêté serment. Sur place, il est accueilli par un impressionnant dispositif sécuritaire mis en place par le Gign et les soldats de la force de la Cedeao, qui ont  quadrillé l’aéroport et ses alentours. Dehors une foule en liesse, dansant sous le son des décibels, avait réservé un accueil chaleureux au nouveau Président, qui doit mettre la main dans le cambouis. La liste des membres du gouvernement pourrait être dévoilée ce vendredi.

(Envoyé spécial à Banjul) –  Arrivé à Banjul à bord d’un aéronef de l’Armée sénégalaise, Adama Barrow met les pieds sur un pays débordant d’enthousiasme. C’est un come-back, qui rassérène les cœurs des Gambiens, qui sortent de 22 ans traumatiques. Une ère nouvelle s’ouvre en Gambie. Le 3ème Président de la Gambie indépendante est arrivé hier à l’aéroport de Banjul. Vêtu d’un boubou blanc et coiffé d’un bonnet de même couleur, le chef de l’Etat Adama Barrow, a livré sa déclaration en tant que Président à sa descente de l’avion : «Je suis un homme heureux. Cela faisait partie du combat et je pense que le pire est derrière nous.»
Il marche sur le tapis rouge et reçoit les honneurs dus à son rang. Sur le tarmac de l’aéroport, le Président salue  l’ensemble du corps diplomatique accrédité à Banjul, venu l’accueillir de même que certaines personnalités dont la vice-présidente Fatumata Tam­­bandiang Jallo, engoncée pour la circonstance dans une ndokette mauve et Mohamed Ibn Chambas, représentant  du Secrétaire général de l’Onu pour l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.  Après avoir passé en revue un détachement de l’Armée gambienne, venu lui rendre les honneurs, Adama Barrow et sa suite ont reçu les ovations de milliers de Gambiens, qui voulaient être les témoins de ce moment majuscule de la vie politique gambienne. Abdou Njie, octogénaire, n’a pas senti le poids de l’âge au moment de célébrer le come-back triomphal du Prési­dent Barrow. «J’ai assisté à l’indépendance de la Gambie, mais jamais, nous n’avons fêté comme cela une personne. C’est une première.»  Almamy Sabaly, agent à l’aéroport de Banjul,  frétille de joie : «Je ne crois pas toujours à cela. C’est arrivé en Gambie ? Nous sommes maintenant libres. C’est la première fois que j’accueille un président de la République. Après 25 années de service dans cet aéroport, je ne suis jamais venu sur ce tarmac. Seul le pouvoir de Dieu est éternel. Nous étions trop traumatisés par le pouvoir autocratique de Yahya Jam­meh.»
A bord de taxis, juchés sur les porte-bagages des véhicules, les Gambiens utilisaient tous les tous les moyens de transport pour accompagner le nouveau Président. Adama Barrow et sa suite feront quatre heures de temps pour rallier  sa résidence privée où il devra s’installer, le temps que la State house soit «nettoyée». Debout dans son véhicule décapotable, sous l’escorte du Groupement mobile d’intervention de la Gendar­merie nationale (Gign), qui avait déployé un véritable arsenal, le  Président Barrow, poings le­vés, salue foule vêtue pour la plupart des tee-shirts «Gambia has decided» (la Gambie a décidé), «Gambia 3rd republic inaugurted» (nous inaugurons la 3ème république gambienne), «We are stronger together» (Nous sommes forts). Ils ne cessent de répéter «Democratic, freedom» (démocratie, liberté). «Nous croyons en lui. C’est pourquoi, nous avons voté pour lui. Nous sommes nés avec le régime de Jammeh, c’est le seul qu’on connaissait,  il fallait qu’on change», avance Dembo Kanteh. Demba Barrow est admis aux «urgences» chez lui et suscite un nouvel espoir dans ce pays, qui entre dans le monde démocratique. Yahya Jammeh, qui se cachait derrière un mur inviolable, l’a appris à ses dépens. Il a été abattu par la démocratie…
badiallo@lequotidien.sn

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