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Dans l’affaire Adama Gaye, la justice était accusée d’atteinte à la liberté de la presse ou d’expression. Toutefois Mamadou Badio Camara, Premier président de la Cour suprême, précise que cette liberté «ne peut autoriser des propos ou écrits diffamatoires ou injurieux».

Où se situent les limites de la liberté d’expression ? Au Sénégal, l’arrestation du journaliste-consultant Adama Gaye a ravivé la polémique sur le respect de ce principe reconnu dans tous les pays démocratiques. Accusé de complicité avec l’Exécutif, le Pouvoir judiciaire est souvent accusé de faire fi de la liberté d’expression ou de la presse. A ce propos, le Premier président de la Cour suprême rappelle «qu’aucune liberté n’est absolue, car la liberté trouve ses limites dans la loi». Mamadou Badio Camara, qui présidait hier un atelier régional de l’Unesco sur le renforcement de capacités des juges des Cours suprêmes sur la «liberté d’expression et la sécurité des journalistes», a exposé les limités à la liberté d’expression pour les professionnels des médias. «La liberté de la presse ne peut autoriser des propos ou écrits diffamatoires ou injurieux, des dénonciations calomnieuses ou autres faits ou actes prévus et punis par le Code pénal», a clarifié le Premier président de la Cour suprême.
Mamadou Badio Camara appelle les journalistes et organes de presse à s’adosser aux règles de déontologie régissant la profession, notamment les principes d’impartialité et d’objectivité, qui garantissent l’indépendance de l’exercice de leur métier. Cependant, a-t-il reconnu, la protection de la liberté de la presse et de l’accès à l’information ainsi que la sécurité des journalistes «doivent être encouragées et soutenues par les acteurs du monde judiciaire». Car, ajoute le juge, ces aspects contribuent notamment à «lutter contre la corruption, à améliorer la transparence et la bonne gouvernance et à mettre en lumière les éventuelles violations des droits de l’Homme dans nos pays».
D’après l’Observatoire de l’Unesco, 117 journalistes ont été assassinés sur le sol africain de 2000 à nos jours. Dans ce lot, seuls 18 cas ont été élucidés par la Justice, d’après le Directeur régional de l’Unesco en Afrique de l’Ouest-Sahel. Selon Dimitri Sanga, l’Unesco a recensé durant la même période, 22 assassinats de journalistes en Afrique de l’Ouest dont 3 seulement résolus par la Justice. «Dans tous les pays, le système judiciaire joue un rôle crucial dans la construction d’un Etat de droit et d’un environnement libre de toute forme d’impunité et où le respect des libertés individuelles est garanti», a plaidé M. Sanga. Ces rencontres réunissant les acteurs judicaires de l’Afrique de l’Ouest s’achèvent cet après-midi. Il y est attendu une résolution avec des recommandations en faveur de la promotion de la liberté de la presse en Afrique de l’Ouest.

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