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Durant la dernière élection présidentielle de 2019, beaucoup d’observateurs ont douté de la rationalité et de l’objectivité du vote au Sénégal et accusé la majeure partie des citoyens d’avoir effectué leur devoir électoral sur des bases régionales voire identitaires.
Dans leur analyse sommaire, le candidat sortant le Président Macky Sall a eu à bénéficier d’un vote ethnique avec des scores soviétiques au niveau du Fouta (région de Matam de 93,24% et département de Podor 93,40%) et régional et au Sine (région de Fatick 80,75%).
Dans la même lancée, Idrissa Seck a eu à bénéficier du vote ethnique wolof et surtout du bonus de son «changement» de confrérie avec le vote confrérique mouride.
Enfin dans la même logique, Ousmane Sonko, le nouvel arrivé dans l’arène politique, a eu à bénéficier du vote ethnique diola et régional de la basse Casa­mance, avec un score de 57,25% dans la région de Ziguinchor.
Toutes ces assertions ne sont pas totalement fausses, mais il faudra les relativiser et mettre ces votes sous le registre affectif. En France, le candidat Chirac a toujours obtenu des scores soviétiques dans son terroir de Corrèze, comme l’ancien Président Giscard D’Estaing était plébiscité en Auvergne.
Le Président Macky Sall, en dehors de ses bassins électoraux affectifs du Fouta et du Sine, a eu à recueillir le plus de suffrages exprimés dans la capitale Dakar et quelques grandes villes où se trouvait l’adversité la plus rude, du fait de l’impossibilité pour tout gouvernant de satisfaire toute la demande sociale urbaine.
Dans ces agglomérations urbaines comme Dakar, où les populations se sont détachées de leurs origine ethnique ou religieuse, ces Sénégalais ont voté en majorité pour le candidat Macky Sall, de façon rationnelle, pour leur espoir (yaakaar) dans sa capacité à répondre à leurs multiples attentes.
Ces populations urbaines ont voté avec leur raison et leur cœur, de même que les populations vivant dans leurs terroirs wolofs du Cayor, du Baol, du Ndiambour, du Walo et du Saloum, où le candidat Macky Sall a obtenu plus de la moitié des suffrages. Ce qui dément les propos ethnocentriques de certains Wolofs comme Modou Bousso Dieng, qui parlait de se débarrasser du «Peul» Macky Sall.
Dans tous ces terroirs wolofs, où dans les années 50 on a plébiscité le chrétien sérère Senghor au détriment de Lamine Coura Guèye, on ne vote que selon les attentes qu’on a du candidat. Ainsi, ces populations du Walo, du Saloum et du Djolof ont accordé plus de 60% de leurs suffrages à celui qu’elles croient être le meilleur des candidats, à savoir Macky Sall. Et des fois, après le Foutanké Macky Sall, les populations de l’extrême nord-ouest ont accordé leurs suffrages au «diola» Ousmane Sonko.
Pour les ethnocentristes wolofs qui veulent voir le candidat Macky Sall comme un Président élu du Fouta et du Sine, nous vous livrons ces deux hypothèses :
Première hypothèse – Si on soustrayait tous les suffrages obtenus par le candidat Macky Sall au Fouta (département de Podor 127 mille 639 voix, département de Matam 92 mille 650 voix, département de Kanel  65 mille 679 voix, département de Ranérou 14 mille 827 voix,), soit un total de 300 mille 795 voix, pour les donner à l’opposition, ça n’empêcherait au candidat Macky de gagner les élections avec un suffrage de 55,47%. Cela montre que le Président Macky Sall serait élu président de la République du Sénégal, même en ayant zéro voix au Fouta.
Deuxième hypothèse – Si on enlevait toutes les voix du candidat Macky obtenues dans tout le Sine (la région de Fatick) pour les ajouter aux 4 départements précités du Fouta, pour les ajouter à ceux de l’opposition, le Président Macky serait élu au premier tour avec le score de 53,54% des suffrages exprimés.
En conclusion, nous disons que le candidat Macky Sall a été élu par la majorité des Sénégalais, y compris par ses parents fountanké et sine sine et que des Sénégalais dans toute leur diversité ont lancé ce message aux irrédentistes du Mfdc, leur indiquant par leur vote que leur compatriote d’origine diola Ousmane Sonko, peut être élu président de la République.
Avec ce scrutin, le vivre ensemble de notre pays ne se trouve renforcé, malgré les cris d’orfraie de certains oiseaux de mauvais augure.
Amadou Bakhaw DIAW
Responsable Politique Apr au Walo

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