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Khalifa Sall et Cie seront sans doute jugés le 23 janvier. Le juge Malick Lamotte, pour qui le dossier est en l’état, a dit qu’il n’accepterait plus d’autres renvois. En attendant, les avocats de la défense sont invités à prendre des dispositions nécessaires pour faire comparaître leurs témoins.

La salle 4 du Tribunal de grande instance de Dakar où devait se tenir hier le procès de Khalifa Sall et Cie avait les allures d’un lieu de meeting. Habillé comme à l’accoutumé d’un boubou traditionnel de couleur blanche, l’édile de Dakar à qui l’occasion était donnée de rencontrer ses militants et inconditionnels a soulevé les bras dès son entrée dans la salle à 9h 03mn pour saluer la nombreuse foule qui occupait les lieux. Tout souriant, il a été ovationné par ses nombreux souteneurs qui scandaient «Khalifa président !». L’occasion aussi pour certains de lui souhaiter un joyeux anniversaire en entonnant : «Joyeux anniversaire !». Les plus émotifs versaient des larmes, et des pleurs qui se sont mêlés aux cris de joie ont plongé la salle d’audience dans un brouhaha indescriptible. Mais tout ce grand vacarme s’estompera dès l’entrée du président de la Cour.

L’artillerie lourde déployée par l’Etat
Il faut souligner que cette fois-ci, l’Etat n’avait pas lésiné sur les moyens pour ce procès qui a été renvoyé au 23 janvier. La grande artillerie était sortie pour faire face à «l’adversaire» Khalifa Sall. Dans l’équipe qui compose la juridiction, c’est le président du Tribunal de grande instance, Malick Lamotte, qui a pris les commandes. Il a remplacé le juge Magatte Diop, président de la 2e Chambre, qui a joué hier office d’assesseur, aux côtés de Malick Lamotte et Ameth Sy. Pourtant, c’est la Chambre que dirige Magatte Diop qui a hérité du dossier. Ce jeu de chaise musicale crée cependant un doute du côté des partisans de Khalifa Sall.
Du côté du Parquet, tout comme de celui de l’Etat, il y avait aussi du lourd. Le procureur Bassirou Guèye a quitté son douillet bureau et dépoussiéré sa toge pour remplacer le substitut Aly Ciré Ndiaye. L’équipe qui défend les intérêts de l’Etat est composée des anciens procureurs Antoine Diome et Moussa Thiam, devenus des Agents judiciaires de l’Etat.

Me El Hadji Diouf indésirable au procès
Après la mise en place, le président Lamotte s’est prononcé d’abord sur la demande de la constitution de Mes El Hadji Diouf et Mbaye Sène. En rendant sa décision, il a rejeté les deux avocats. Mais prenant la parole, Me Mbaye Sène a poussé le juge à revoir sa position. «Je ne travaille pas dans le cabinet Aïssata Tall Sall. Je me suis constitué pour Khalifa Ababa­car Sall», a-t-il précisé à l’endroit du Tribunal qui croyait que l’avocat travaillait pour Me Aïssata Tall Sall. Suite à ces précisions, le Tribunal a accédé à sa demande.
La défense a sollicité le renvoi du procès. Les avocats de Khalifa Sall ont émis leur souhait de faire comparaître 70 témoins à décharge dont certains se trouvent actuellement à l’étranger. Les robes noires ont aussi demandé à ce que le ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Ba, et Birima Mangara, ministre du Budget, soient entendus. Ils tiennent à les faire comparaître dans le but de les éclairer sur l’utilisation et la gestion de la caisse d’avance. C’est pourquoi ils ont sollicité un renvoi d’au moins pour 2 mois parce que, selon eux, la comparution des ministres ne peut pas se faire sans l’autorisation du chef de l’Etat Macky Sall.
A ces demandes, le Parquet a opposé une fin de non recevoir. En convoquant l’article 539 du Code de procédure pénale, le procureur Serigne Bassirou Guèye a expliqué qu’il revient de droit au Parquet de convoquer les témoins et pas à la défense. Selon lui, cela était juste une manière de retarder le procès. Même s’il est d’avis pour un renvoi, Bassirou Guèye pensait que 24 heures suffisaient largement. «On peut le renvoyer à demain (aujourd’hui)», a-t-il indiqué, en exigeant que la liste des témoins lui soit transmise.
Finalement, le juge a décidé de renvoyer l’affaire au 23 janvier prochain, tout en précisant qu’il n’accepterait pas d’autres renvois, car le dossier est en état. «Je prends l’engagement et la garantie pour qu’il y ait un procès équitable», a-t-il promis.
justin@lequotidien.sn

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