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«Ça ne passera pas», a crié à plusieurs reprises Fadel Barro. Bonnet rouge sur la tête, la main droite levée comme pour jurer, le coordonnateur du mouvement Y’en a marre a regretté le retrait de l’agrément de leur partenaire Lead Afrique Francophone. Il estime que cette décision de l’Etat de mettre fin à l’intervention de cette Organisation non gouvernementale (Ong) n’a aucun fondement valable. Pour lui, c’est un énième acte de «la tentative d’intimidation et de musellement». L’ancien journaliste se dit convaincu que l’Etat et ses services ne pourront pas empêcher son mouvement «de continuer son combat pour l’éveil des consciences et la sensibilisation des jeunes en prélude à l’élection présidentielle. Donc, les tentatives de restriction de l’espace civil ne vont pas aboutir».
Selon ses dires, Y’en a marre n’a pas reçu d’argent mais un accompagnement pour ses programmes tels que «Parel», (prépare-toi). Dans ce cadre, il souligne «qu’aucune loi n’interdit aux associations de recevoir des financements».
Dans son combat pour la reprise des activités de Lead Afrique francophone, Y’en a marre est dans la phase d’observation. Une stratégie que le mouvement justifie par «la médiation» des mouvements de la Société civile. «Pour l’instant, nous laisserons le temps à la médiation. Cela ne veut pas dire que nous baissons la garde. Cela ne veut pas dire que le combat ne sera pas mené. Nous n’avons pas sollicité une rencontre avec l’Etat. Ce sont de bonnes volontés de la Société civile qui ont opté pour le dialogue», a précisé Fadel Barro.
La bande à Fou malade prévoit une autre forme de lutte au cas où la médiation échouerait. Un plan qu’ils ne comptent pas dévoiler pour le moment : «nous n’allons pas faire d’effet d’annonce. Il n’y pas de délai. Au moment opportun, nous vous tiendrons informés», ont-ils promis.
Des mouvements de la Société civile dont la Raddho, se sont joints hier à Y’en a marre. Sadikh Niasse de ladite organisation a appelé la Société civile à faire bloc autour de Lead Afrique. «A chaque veille d’élection, nous constatons des tentatives de restreindre la liberté d’expression. Nous allons agir ensemble pour faire face, avec détermination, nous allons œuvrer pour la préservation de l’espace civil.»

Lead Afrique Francophone  : «Nous ne finançons pas Y’ en a marre»

Le représentant de Lead Afrique Francophone, Moussa Mbaye Guèye, s’est prononcé sur le supposé financement de 350 millions octroyés au mouvement Y’en a marre. L’inté­ressé a nié en bloc. «Nous ne finançons pas Y’en a marre, nous entreprenons des activités pour impliquer les citoyens dans la gestion de leur localité, créer des espaces de dialogue entre les populations et les autorités. Nous accompagnons le mouvement dans l’exécution de ses projets liés à la citoyenneté», a-t-il répondu.
Selon lui, les actions de son organisation vont dans un sens républicain pour les pousser s’intéresser à la chose publique. Néanmoins, il promet la poursuite des activités avec ou sans agrément. «Notre travail va continuer. Notre engagement ne tient pas au fait de disposer d’un agrément. Nous travaillons depuis plusieurs an­nées avec le mouvement Y’en a marre.»

Stagiaire

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