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J’emprunte le titre de ma contribution à son Excellence M. Philippe Lalliot, ambassadeur de France au Sénégal. Je le tire de ses déclarations faites dans l’émission «Grand jury» du dimanche 9 février de la Rfm.
Plusieurs aspects très importants, touchant la coopération avec la France, la situation économique de notre pays et les perspectives qu’il offre, la réalisation du Train express régional (Ter), et tant d’autres sujets ayant suscité un intérêt national ont été abordés lors de cette émission.

Ce que je retiens des déclarations de l’ambassadeur de France concernant le Ter
D’emblée, l’ambassadeur de France déclare que le Sénégal est un pays stable, attractif et offre des perspectives excellentes. Ensuite, sous le feu roulant des questions pertinentes du journaliste Babacar Fall sur le Ter, M. Lalliot a fait des développements très intéressants sur ce projet important pour notre pays. J’ai noté pêle-mêle les déclarations suivantes :
«-  Le Ter est un projet vital pour les Dakarois et les Dakaroises.
– Le Ter est une belle réalisation. C’est un train d’une grande sophistication.
– Le Sénégal va disposer de ce qui se fait de mieux en matière ferroviaire aujourd’hui, il en circule deux ou trois seulement dans le monde.
– Le Sénégal est en train de battre le record du monde en durée pour la construction de ce train. Commencé il y a deux ans, très peu de chantiers dans le monde, au stade où on en est aujourd’hui à Dakar, seraient allés aussi vite dans la finalisation des travaux.
– Le Ter, pour le transport de 100 mille personnes par jour, doit rouler à son maximum de performance, et en parfaite sécurité. L’impératif de la sécurité est absolu.»
A mon humble avis, ses appréciations et commentaires sur le Ter sont positifs et élogieux pour notre pays. Le sérieux qui entoure ce projet est clairement perceptible dans ses propos. M. Lalliot, et de fort belle manière, magnifie l’expertise de la main-d’œuvre sénégalaise impliquée dans l’exécution de ce projet inédit. Témoignage ne peut être plus élogieux que celui de dire : «Le Sénégal est en train de battre le record du monde en durée pour la construction de ce train.»
En ma qualité d’industriel, investisseur ayant eu l’occasion de relever des défis industriels énormes avec des techniciens et ouvriers sénégalais, je mesure la portée du jugement de M. Lalliot sur les performances réalisées en termes de durée d’exécution d’un projet de cette envergure. Deux ans pour arriver au stade de tests et de certification d’un projet aussi important que le Ter est véritablement une performance si remarquable que j’estimais être en droit d’attendre de la presse qu’elle en fasse sa Une le lendemain. Hélas tel n’a pas été le cas !
Sans vouloir entrer dans une polémique survenue sur le point relatif à la date de mise en service du Ter, je tiens simplement à dire objectivement et sans parti pris que dans tous les pays du monde, il est courant d’observer des reports de la date de mise en service des projets de l’envergure du Ter.
En France par exemple, les travaux de réalisation d’un réacteur nucléaire de 3ème génération (Epr) à Flamanville accusent un retard de 10 ans. Prévu initialement pour être mis en service en 2012 après un démarrage des travaux en 2007 et après plusieurs reports, en juin dernier, il a été annoncé une mise en service à fin 2022 minimum. Le coût est passé de 3,3 milliards d’euros à 10 milliards d’euros aujourd’hui.
Toujours en France, dans le domaine ferroviaire, la mise en service prévue initialement en 2024 de la liaison ferroviaire entre Paris et l’aéroport Roissy Charles de Gaulle vient d’être reportée à fin 2025. Il s’agit du projet Cdg express lancé depuis 2014.
Un report de la date de mise en service pour un projet de l’envergure du Ter est acceptable, et possible au regard de sa complexité et des précautions indispensables à prendre pour assurer in fine une bonne marche et la sécurité des milliers de passagers qui vont utiliser cette infrastructure. C’est dans l’ordre naturel des choses pour un projet de l’envergure du Ter, comportant un nombre important de composantes, et impliquant plusieurs acteurs, que la date de mise en service puisse être reportée. L’improvisation et la précipitation n’ont pas leur place dans ce genre de projet et il serait mal à propos aussi d’installer dans l’esprit des Sénégalais que les reports de la date de mise en service sont liés à des manquements graves qui pourraient compromettre la réalisation de ce formidable projet.
Toutefois, ceux-là qui se réveillent à quatre heures du matin pour être à Dakar à 8h, et qui vont gagner plusieurs heures de sommeil avec le Ter, peuvent légitimement exprimer leur impatience. Ce serait bien compréhensible, compte tenu du fait que la mise en service du Ter va mettre fin au calvaire qu’ils subissent quotidiennement dans les transports en commun.
Aussi, Je fais partie de ceux-là qui brûlent d’impatience de voir le Ter circuler, car ma conviction est faite et je la réaffirme : Le Ter demeure l’un des meilleurs investissements publics de ces dernières années, le Ter et ses ouvrages liés sont porteurs de prospérité. Les impacts au plan social économique et environnemental et les gains pour le bien-être des Sénégalais seront énormes.
Notre pays a entrepris un très grand projet avec la France, dont l’excellence en matière ferroviaire n’est plus à démontrer. Je souhaite personnellement que ce partenariat continue, que la phase 2 se réalise, et qu’elle constitue le point de départ d’un nouveau réseau de transport ferroviaire intérieur de voyageurs à travers tout le pays, à côté d’un réseau de transport ferroviaire international de voyageurs et de marchandises à reconstruire.
«Le Ter est une belle réalisation», comme l’a si bien dit aussi M. Philippe Lalliot, ambassadeur de France au Sénégal. Alors, rendons-la plus belle en nous l’appropriant pleinement pour notre bien à tous.
Ibrahima Macodou FALL
Fils de cheminot
Industriel, DG de la NSTS
Diplômé de l’IAE Paris Sorbonne
Ancien cadre du Groupe Matra en France

1 COMMENTAIRE

  1. Nous, notre sollicitation se trouve ailleurs, concernant ce projet. Comment on peut comprendre que des héritiers restent plus deux (02) ans sans être indemnisés : janvier 2018 – mars 2020. Je prends l’exemple du TF 89/R dont les héritiers (celui qui parlent en fait partie) ne font plus confiance autorités sénégalaises.
    Ailleurs (Maroc) les impactés des projets du genre (TGV) ont été indemnisés avant le premier coup de pioche.
    Un gouvernement qui se comporte de la sorte ne mérite pas respect.

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