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«L’enseignement supérieur, ce qu’il a n’existe nulle part en Afrique en termes de retraite… Donc, si l’Etat a fait ces efforts, ce secteur devrait se calmer et travailler. Ils ne peuvent pas tout le temps donner des préavis de grève pour qu’on augmente leur pension alors qu’il y a d’autres secteurs.» Cette réponse servie avant-hier par le Président Sall lors de son face-à-face avec la presse met en colère le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal/Enseignement supérieur et recherche (Sudes/Esr). «Lors de son interview de la Saint Sylvestre, le chef de l’Etat Macky Sall a montré qu’il est extrêmement mal informé des problèmes qui secouent actuellement l’enseignement supérieur sénégalais», déclare Dr Oumar Dia, secrétaire général national dudit syndicat dans un communiqué. Le Sudes/Esr pense ainsi «qu’il est victime d’intoxication de la part d’un ministère dépassé par les évènements et qui lui laisse croire que les enseignants du supérieur demandent une augmentation de salaires. Il n’en est rien». Si le Sudes/Esr a déposé sur la table du gouvernement une plateforme revendicative, explique M. Dia, «c’est parce que le système public d’enseignement supérieur connaît des difficultés structurelles qu’il est urgent de résoudre». Autrement dit, «l’année universitaire risque de ne pouvoir être validée pour des raisons techniques : il y a un quantum horaire à respecter, un contenu d’enseignement à dispenser avant de pouvoir valider un diplôme». Selon lui, le Sudes/Esr ne se laissera donc pas embarquer «dans une entreprise de tricherie, pilotée par le ministère, et visant à valider à tout prix une année universitaire sans y mettre les moyens humains et matériels». Le système Lmd exige, d’après lui, pour qu’un semestre soit validé qu’il dure 12 semaines, compte non tenu de la période de révision et d’examen. «Depuis avril 2019, le Sudes/Esr a demandé au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche de s’asseoir autour d’une table pour discuter des voies et moyens à utiliser pour parvenir à une année universitaire 2019-2020 viable», se souvient Oumar Dia. Lequel regrette que le ministre de l’Enseignement supérieur n’ait pas «pris au sérieux cette invitation», «ait choisi d’ajouter du chaos à une situation déjà difficile en orientant sans concertation et sans mesures d’accompagnement autres que fictives, tous les bacheliers dans le public». Le Sudes/Esr prévient qu’il refusera «à la fin du semestre de valider tout cours qui ne se sera pas déroulé selon les normes académiques. Janvier est déjà là et les enseignements n’ont pas encore démarré dans certaines universités publiques du Sénégal. Les infrastructures sont insuffisantes pour accueillir les étudiants et le peu de recrutement promis ne se concrétise toujours pas». Face à cette situation, les universitaires demandent au Président Sall de prendre ses responsabilités et «exige qu’il affecte à ce secteur, sans lequel il n’y aura jamais ni développement ni Sénégal émergent, les moyens qui lui sont indispensables pour accomplir sa mission au service du Peuple sénégalais».

 

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