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Le Sénégal a définitivement clos sa page électorale du 24 février dernier avec le Conseil constitutionnel qui a validé la victoire au premier tour du candidat Macky Sall, réélu du coup pour cinq ans.
La Presse, évidemment, a globalement joué un rôle essentiel dans le bon déroulement du processus jusqu’à son terme. Toutefois, des organes n’ont pas été épargnés par des critiques qui ont relevé leur caractère tendancieux. Mais fondées ou pas, ces critiques ne devraient, à mon avis, susciter une telle émotion au point que des journalistes refusent la parole aux débatteurs qui en font état sur les plateaux de télévision en l’occurrence. Ce, au moment où, la besace d’Esope en bandoulière, ils pointent et acceptent que l’on pointe les manquements de la Justice ainsi que ceux d’autres entités.
Ces objections critiques, loin de nuire à la profession, devraient plutôt nous amener à l’introspection et à la catharsis nécessaires à la réincorporation de nos propres critères de légitimité. Parce qu’à ne jamais se remettre en question, on s’expose à être un danger pour soi et pour les autres. S’abstenir d’être des sujets de la manipulation et de l’intoxication, voilà ce qu’on attend de la Presse. Il semble que cette vision ne soit pas celle de tous.
Manipulation et intoxication. Le ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Bâ, est depuis quelque temps la cible de certains journalistes qui lui reprochent de lorgner le fauteuil du Président Macky Sall. Ces «experts» en analyse et interprétation parlent comme si M. Bâ fomentait un coup d’Etat visant à éjecter le Président Sall de sa station. Or, l’on ne voit nulle part où M. Bâ a posé des actes de cette nature. Pas plus qu’on ne l’a entendu s’exprimer dans le sens de cette éventualité. Sa démarche -tout comme celle du ministre Abdoulaye Diouf Sarr, lui aussi indexé par ailleurs comme un putschiste potentiel- nous semble plutôt s’inscrire dans la logique d’un membre d’un gouvernement qui travaille en intelligence sur instruction du chef de l’Etat. Pour le développement du Sénégal et le bien-être des Sénégalaises et des Sénégalais. Il n’y a rien, objectivement, qui permet de penser ou de croire le contraire.
Mais il faut bien comprendre que par ces temps qui courent, l’occurrence est au positionnement. A l’Alliance pour la République, et plus généralement au sein de la coalition Benno bokk yaakaar. La succession de Macky Sall devant fatalement se poser dans ces entités politiques, l’heure est donc aux tentatives de déstabilisation, à la manip’ et à l’intox. La machine à polluer les esprits s’est mise en marche d’abord en lançant des rumeurs sur de supposés noms visant la Primature. Puis elle s’est emballée. C’est maintenant un tir groupé sur un supposé joker présidentiel. Et l’on voudrait qu’on fasse silence sur ces fantasmes médiatico-journalistiques !
Parce que nous vivons dans une société historique et/ou événementielle, une certaine pulsion agit au cœur de cette historicité. Les Sénégalais ont compris -légitimement- que questionner la responsabilité des médias revient à faire en sorte qu’ils fassent leur propre examen de conscience (ou d’inconscience). L’opinion sénégalaise sait que l’activité de ces médias, à tous les sens du terme, les concerne. Et qu’au final, elle a par rapport à eux quelques droits et devoirs de réponse. Ne pas comprendre cela et l’intégrer, c’est comprendre et intégrer tout ce qu’il y a de superfétatoire et d’inessentiel.
Félix NZALE
Journaliste

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