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Le chef de l’Etat a évité de parler des Législatives, mais a quand même fait un bilan, des promesses et des clins d’œil pour obtenir une nouvelle majorité parlementaire le 2 juillet prochain.

C’est connu que le silence est aussi communication. Il y en a eu un, et pas des moindres, dans le message à la Nation du chef de l’Etat. Il s’agit de la tenue des Législatives et de ses conditions d’organisation. Ce n’est point un oubli. C’est un choix. Le contexte de 2012, qui avait dicté un long passage sur le scrutin d’après alternance, se comprenait par l’importance pour le nouveau régime de dissoudre l’Assemblée nationale, contrôlée par l’opposition d’alors, pour disposer d’une majorité à même de lui permettre de gouverner. Pourtant, les Législatives du 2 juillet aussi sont autant importantes pour que le Président Sall puisse poursuivre ses projets d’ici à 2019, et peut-être pour le reste d’une éventuelle réélection.
Point donc de mot sur les Législatives de 2017 ! Mais plusieurs points suggèrent un discours électoraliste. D’abord, au-delà des vœux du chef de l’Etat, il y a eu l’expression d’un vœu d’une nouvelle majorité. C’est le sens de ses «réalisations», ses «acquis», ses «résultats probants», ses «réalisations en cours d’exécution». Puis de ses «j’ai lancé», «j’ai inauguré», «seront lancés», «seront créés», «seront recrutés»… Le tout moulé dans un passé composé actif, un présent dynamique et un futur proche. Par sa «pensée affectueuse», Macky Sall énonce sa «proximité» avec les «démunis» à qui il assure qu’ils peuvent encore compter sur lui pour un «monde meilleur» auquel ils aspirent. Tout comme il constate (toujours) le «quotidien pénible» de «villages entiers» qu’il avait visités en tant que candidat, sans eau ni électricité. Aveu de surplace ! Aveu d’échec jusqu’ici en tout cas, même s’il s’engage à «réparer» ces «grandes injustices». Mais l’autre aspect d’une précampagne électorale réside dans le fait que dès l’entame de son message, Macky Sall pense à la diaspora qui devrait faire son entrée à l’Assemblée nationale avec dix députés. Un clin d’œil pour celui qui en fait une «quinzième région».
Il faut dire aussi que dans son style, le chef de l’Etat ne parle pas d’économie seulement pour, par exemple, la mesure phare de baisse du coût de l’électricité tendant à soulager les populations. Conséquente ou pas, elle a l’heur de faire sourire, comme il a laissé un sourire au moment de l’annoncer. Il y ajoute ses constats enveloppés dans des «j’ai le plaisir de vous annoncer», «j’ai aussi décidé de créer». Enfin, le président de la République préfère «rester dans le temps utile pour notre pays», c’est-à-dire «le temps de l’action». Façon de répondre, sans le dire, à ceux qui sont «dans le temps de la parole», peut-être son opposition. Ça a l’air d’une demi-heure de temps d’antenne.
hamath@lequotidien.sn

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