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C’est une fermeté qu’il se plait à rappeler aux Nord-Américains. Après Barack Obama, Macky Sall s’est montré ferme mais courtois en répétant que le Sénégal n’approuve pas l’homosexualité sur son territoire. Le président de la République l’a fait savoir hier au Premier ministre du Canada. M. Justin Trudeau, connu comme étant un fervent défenseur de la cause des homosexuels. Macky Sall ne s’est pas gêné de lui dire la vérité sur cette pratique bannie par la société sénégalaise et qui est aussi passible d’une peine de 5 ans d’emprisonnement pour des relations contre-nature. Il le dit sans diplomatie. «On ne peut pas demander au Sénégal de dire demain, on légalise l’homosexualité et demain ce sont les gays parades, etc. Ça, ce n’est pas possible. Parce que notre société ne l’accepte pas. Les lois de notre pays obéissent à des normes qui sont le condensé de nos valeurs de culture et de civilisation», a laissé entendre le chef de l’Etat en conférence de presse hier au Palais avec son hôte en visite du 11 au 13 février 2020. Il ajoute : «Chaque pays à son propre métabolisme et il travaille selon son système interne. Au Sénégal donc nous sommes à l’aise avec nos lois sur ce plan et nous allons poursuivre cette politique. En tout cas pour l’instant, c’est ça qui est en vigueur au Sénégal.» En effet, Macky Sall a rappelé que les actes comme l’exhibition, les relations contre-nature sont interdits par les lois du pays. Néanmoins, il s’empresse de préciser pour balayer toute supputation sur le caractère homophobe de la société sénégalaise : «Cette législation reflète, renseigne-t-il, la manière de vivre et d’être des Sénégalais qui n’a rien à voir avec l’homophobie.» En revanche, le président de la République a déclaré que le Sénégal est un pays qui respecte les droits de l’Homme. Pour preuve, poursuit-il, «ceux qui ont une orientation sexuelle de leur choix ne font pas l’objet d’exclusion».
Par ailleurs, le chef de l’Etat a soutenu que «la société va évoluer. Ça prendra le temps que ça prendra. Même dans les pays du Nord ce débat n’est pas totalement épuisé». Il dit respecter cependant le choix de Justin Trudeau d’être défenseur des droits de l’Homme. Autrement dit défenseur des minorités sexuelles. Les deux hommes ont discuté de l’homosexualité lors de leur tête-à-tête dans les salons du pays avant leur face-à-face avec les journalistes. Et le Pm Canadien ne l’a pas caché. «Je suis toujours pour la défense des droits humains et j’amène toujours ces enjeux partout là où je vais. Le Président Macky Sall connait très bien mes perspectives là-dessus et on en a parlé brièvement», a reconnu Justin Trudeau. Sur la coopération entre les deux pays, les deux hommes ont parlé d’une relation forgée autour des valeurs communes de paix, de liberté, de démocratie, de respect des droits de l’Homme. Mais aussi notamment cette coopération, qui remonte à 1962, porte sur l’environnement, la santé, l’enfance, la jeunesse, l’éducation et la formation, la sécurité entre autres.

«Je me souviendrai de cette visite toute ma vie»
Macky Sall annonce qu’ils feront mieux surtout dans le domaine des échanges commerciaux et de l’investissement. Selon lui, ils vont explorer d’autres possibilités de collaboration dans des secteurs comme l’agriculture, l’économie verte, le pétrole et le gaz, l’activité minière. D’ailleurs, Justin Trudeau a révélé qu’avec le Président Sall leur objectif est d’accroitre le commerce entre les deux pays. Le Pm canadien a aussi parlé des défis liés aux changements climatiques, aux menaces qui pèsent sur la sécurité et la paix mondiales, des inégalités sociales que les deux Nations doivent relever. Tout de même, M. Trudeau est d’avis que par rapport à la sécurité au Sahel, la radicalisation des jeunes est liée au manque d’opportunités économiques, d’emploi, de perspectives d’avenir auxquel ils sont confrontés.
En plus de ces questions de coopération, le Premier ministre canadien a enregistré dans son discours cérébral son passage à la Maison des esclaves de Gorée, vestige de la douloureuse traite négrière. «J’ai été bouleversé et ému de retracer le passage douloureux et déchirant emprunté par tant d’hommes et de femmes contraints à l’esclavage. Je me souviendrai de cette visite toute ma vie», a commenté Justin Trudeau après sa visite hier à l’Ile de Gorée.

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