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La dimension judiciaire de ce qui est appelé «Affaire de la caisse d’avance»  qui a valu un mandat de dépôt au maire de Dakar se dévoile. La grande responsabilité du Ps s’expose. Déjà, l’opinion envisage une élection législative qui sera exclusivement observée entre Khalifa Sall et ses camarades du département de Dakar. Khalifa Sall sera entendu sur le fond de son dossier par le doyen des juges. Tout le procès et les actes d’accusation connaissent ainsi un chamboulement. Et si le maire s’en sort, ce serait un terrible revers politique pour ceux qui ont conjuré pour qu’il réponde devant la justice.
Khalifa Sall est poursuivi avec ses cinq autres co-accusés pour détournement de deniers publics portant sur plus de 1,8 milliard de nos francs, association de malfaiteurs, escroquerie portant sur les deniers publics et blanchiment de capitaux. Des actes d’accusation graves. Naturellement, l’autorité publique légitime a le droit et le devoir de traduire en justice un auteur d’acte délictueux ou criminel. Et la justice juge et se donne également le droit et le devoir d’infliger des peines proportionnées à la gravité des faits. Mais Khalifa Sall subira-t-il une peine ? C’est la grande question. Et si jamais il s’en sort, il gagnerait largement contre ses contradicteurs, contre le camp socialiste de Ousmane Tanor Dieng et contre certaines personnalités de l’Apr qui ont pesé lourdement pour le charger en ce qui concerne un détournement de derniers publics. Et la sortie du ministre d’Etat Mbaye Ndiaye, qualifiant la détention de Khalifa Sall de «politique», peut prendre l’allure d’une très grosse erreur politique de sa part, car sur ces propos, on peut soutenir la thèse selon laquelle il a empesté les effluves d’un règlement des comptes malhabilement mené et maladroitement engagé.
Khalifa Sall jouirait d’une aura politique qui le rendrait encore plus féroce avec le pouvoir de Macky Sall, et deviendrait surtout impitoyable avec Ousmane Tanor Dieng. Le Sénégalais aime se solidariser avec celui qui subit un supplice. Le droit de résister est au Sénégal plus ancré dans la culture nationale que dans la Loi fondamentale. Le fondement de ce droit de résistance est dans ce pays un droit de nature.
Khalifa Sall marque ainsi un grand coup dans ce procès. Ce serait en même temps un terrible déboire pour Ousmane Tanor Dieng et ceux qui, dans le Bureau politique du Ps, lui sont proches.
Un procès qui risque d’envoyer Khalifa à l’échafaud et après…
Il y a un problème au Sénégal. Quand une célébrité est citée ou accusée dans un acte délictueux ou criminel, tout le monde devient juge et partie. Avec Khalifa Sall, ceux qui ont été tenus à une obligation de réserve ne s’y sont pas assujettis. Dans le déroulement de l’enquête, le droit du prévenu à la confidentialité a été violé et a affaibli le principe universel de la présomption d’innocence dont il jouit. C’est justement ce qui explique les sorties au vitriol des proches de Khalifa Sall qui se permettaient même de s’en prendre à la justice et au procureur de la République.
De très nombreuses erreurs ont été commises, aussi bien par certains gens du pouvoir dans les incontrôlées sorties médiatiques contre Khalifa Sall que par des gens du Ps qui sont avec Tanor. Ces sorties politiciennes irréfléchies et impulsives ont alimenté les répliques incendiaires et les boutefeux du député-maire socialiste Barthélemy (Un arrogant qui gêne Khalifa Sall) et qui se retrou­ve aujourd’hui dans une situation qui le conforte dans son combat et position après l’arrestation de Bamba Fall et Khalifa Sall.

Babacar MBENGUE
Journaliste consultant communication publique et politique 

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