PARTAGER

Après les fameuses investitures et leurs lots de frustrés au niveau des partis politiques ou coalitions de partis, place à une seconde épreuve, celle de la «pêche aux voix» avant l’ultime phase : l’élection proprement dite et les résultats des urnes dans leur cruelle réalité mais dans certains cas avec leur sublime beauté. A l’heure du bilan, les comptes et mécomptes de chaque coalition seront finalement connus des électeurs-citoyens-contribuables. Il nous sera possible, après avoir gaspillé seize milliards de nos pauvres francs et refuser à dessein des  possibilités de consensus forts tendant à simplifier le vote, de distinguer, enfin, les typologies de coalitions que compte le Sénégal : les «coalitions gagnantes», les «couacs-liquidations», les «coali-frictions», «les coali-scissions» ,  les «coali-foutues», «les coali-contradictions» et que sais-je encore ?
Dans tous les cas, au cours de cette compétition, la coalition de la majorité présidentielle n’a guère droit à l’erreur au regard des enjeux énormes que charrient ces joutes électorales devant de redoutables adversaires certes très ouillés en «stratégies électoralistes» et communication sociale  mais rompus à l’amalgame et  à la confusion. Ils ont programmé et juré de conduire le Président Sall à la «cohabitation» sans jamais proposer, aux citoyens-contribuables-électeurs, un minimum de programme de gouvernance dans une Assemblée nouvelle. Au regard de ces perspectives, quels sont les défis prioritaires que doit résoudre Benno bokk yaakaar ?
1. Elaboration d’une stratégie d’intervention globale mais cohérente et pertinente intégrant les spécificités propres à chacune des 19 communes du département de Dakar. Penser localement et panser «les blessures» pour agir globalement et non l’inverse.
Cette stratégie de gestion devra privilégier une planification stratégique et opérationnelle de toutes les activités et devra épouser, singulièrement, quatre phases nettement distinctes : avant l’ouverture de la campagne ; la campagne électorale proprement dite avec en prime l’état récapitulatif du niveau de retrait des cartes nationales d’identité biométriques par les militants et sympathisants ; l’élection proprement dite et, enfin, le suivi-supervision- évaluation des résultats obtenus. D’où le défi du choix judicieux de la Task Force. Celle-ci devra s’inspirer des expériences capitalisées par les camarades Diouf  Sarr, Amadou Ba et Mbaye Ndiaye, respectivement à Yoff et aux Parcelles Assainies. Le dernier nommé, un des pères fondateurs de l’Apr (Yaakar), le plus en vue, a pu mesurer, au terme d’une auto-évaluation personnelle, les atouts et les contraintes induites par la gestion des militants à la base.
2. Mise en place dans une démarche inclusive, dynamique et itérative des comités électoraux dans chacune des 19 communes et le cahier des charges explicitant clairement une distribution des rôles et responsabilités des différents acteurs locaux.
En vérité, au niveau de la quasi-totalité des 19 communes de Dakar, se pose la gestion de dynamiques quelquefois conflictuelles entre les militants. Un chantier à ne jamais négliger. Il est en friche,  par endroits.  La gestion des enjeux de pouvoirs locaux et les leaderships pluriels mais éclatés en plusieurs factions parfois rivales méritent d’être fédérés pour en faire une seule unité de compétences au service exclusif du…..Président Mack Sall. Un potentiel électoral souvent mal organisé, frustré et démotivé qui, mal géré, risque d’être vendangé comme aux Locales de 2014. Dans un passé tout récent, la coalition Taxawu Ndakaaru a su, quant à elle, bien lire, au cours des joutes précédentes, les contradictions internes entre ses adversaires et exploiter ainsi  de grosses ficelles pour capter leurs voix. La suite est bien connue : le raz de marée. Cependant, le modèle d’organisation capitalisé aux Parcelles Assainies, au cours du référendum, sous le leadership du camarade Amadou Ba, Mefp, constitue un référentiel intéressant.
3. Bonne lecture de la carte électorale de Dakar et le développement d’une bonne communication de proximité en direction de certaines franges majoritaires de la population. La majorité de ces catégories d’acteurs sont en dehors du champ des partis politiques. Benno  bokk yaakaar  se doit d’aller les convaincre. Malheureusement, Benno tout comme l’APR connaît souvent des retards stratégiques dans sa communication.
4. Risques de collision d’intérêts et de confusion entre deux types d’élections différentes : les Locales à enjeu de démocratie locale et les Législatives à enjeu national en raison de l’activisme de certains maires de Dakar investis sur la lise de Mankoo taxawu Senegaal.
Les enjeux de ces échéances sont fondamentalement liés à la sanction positive ou négative de la politique du gouvernement définie et tracée magistralement par le président de la République. Dans cette optique, il urge de bien sérier les problématiques et les expliciter  aux populations par des visites de proximité à travers une communication sociale horizontale articulée autour des axes programmatiques du Pse avec la mise en œuvre de projets/programmes à partir d’une planification/programmation ascendante.
5 Problématique des 3M : motivation,  mobilisation et mobilité de certains militants «sédentarisés» alternant désaffection et démotivation en raison de la conjonction de plusieurs facteurs dont l’usure de la participation à quatre compétions électorales, de 2012 à nos jours, en sus des Législatives en vue.
Ce tempo électoral lasse à la longue du fait de sa régularité quasi annuelle. A la vérité, un puissant sentiment de marginalisation anime, malheureusement, certains de nos camarades militants et/ou sympathisants initialement connus pour leur dévouement sans faille mais aujourd’hui dubitatifs et qui continuent de ruminer leur colère pour diverses frustrations. Cette frange est importante. Il convient de lister toutes «ces identités remarquables», les réconforter et les fidéliser par des actions concertées. Sous ce registre, l’accessibilité, la disponibilité et le sens de l’écoute attentive des populations par les hauts responsables de Benno bokk yaakaar et leur présence régulière au niveau de leur base respective, constituent les seuls et uniques gages de crédibilité pour aujourd’hui et pour demain.
Sur ce, la situation notée à la Médina avec la timide implication de quatre (4)  voire cinq (5) ministres de la République et de Dg engagés politiquement au sein de l’Apr est assez révélatrice du fossé abyssal à combler devant «le phénomène Bamba Fall» et sa vague déferlante, singulièrement celle des jeunes et femmes (dotés de charriots et autres instruments d’Agr) assistés, appuyés  et organisés par le maire de cette Commune.
Les risques de sédentarisation ou du service minimum sont réels dans Benno aussi bien au cours de la campagne que de l’élection proprement dite. Les foules bigarrées et les longues processions de véhicules hurlant toutes sirènes dehors ainsi que la sonorisation à haut débit constituent les véritables éléments distracteurs à éviter.
6. Quel dispositif de gestion contre la désinformation, les amalgames et les confusions des adversaires,  singulièrement la coalition «gagnante» Wattù Senegaal conduite par l’ancien Président et la coalition Mankoo Taxawu Senegaal de Khalifa Sall ?
«La vérité est un lion, le mensonge, une hyène» (proverbe malgache) repris par la première coalition dans sa diatribe contre un directeur de publication accusé à tort de rouler pour le Président Sall dans ses éditos du lundi. En y ajoutant les différents coups de boutoir admonestés, par doses homéopathiques,  par Mamadou Diop Decroix accusant injustement le Pouvoir d’avoir sponsorisé des listes parallèles sans jamais apporter la moindre preuve comme à son habitude et sa volonté inébranlable de refuser un consensus sur l’allégement du système de vote en réadaptant au nouveau contexte électoral,  l’article L 78 alinéa 2. Le tout mis bout à bout  traduit des stratégies et des stratagèmes paramétrés, harmonisés et synchronisés en amont.
En vérité, Decroix, grand rhétoricien devant l’éternel et auteur-compositeur du retour de Wade, «l’homme providentiel», «chauffe la place» avant l’arrivée du patron attendu incessamment. Que Benno ne se méprenne guère. Des amalgames, des confusions, des accusations de toutes sortes et des invectives risquent de jalonner la campagne et les secousses telluriques de certaines affabulations laisseront les Sénégalais, stupéfaits. Quoi de surprenant pour d’anciens camarades qui, une fois défaits aux élections de 2012, se sont inscrits dans une dynamique d’auto-destruction en accusant un des leurs d’avoir (Ouf !) sacrifié un albinos (ah, les pauvres), en dépit des hautes responsabilités d’Etat exercées par l’accusé et l’accusateur ayant rapporté ainsi  des confidences faites à lui par des tiers. N’est-ce pas effarant et hilarant à la fois pour des hommes dits d’Etat, qui, après une si longue hibernation, depuis 2012, viennent solliciter, sans gêne toute honte bue, les suffrages des Sénégalais.
Finalement, sommes-nous des demeurés ? Des amnésiques ? Bref, le Président Sall vous propose, à la place des invectives sur la Caisse d’avance de la mairie de Dakar et autres  affabulations grotesques, des axes programmatiques du Pse, notre nouveau référentiel socio-économique. Voilà les véritables raisons de l’investiture du Premier ministre, chargé de défendre le bilan de son gouvernement.
8. Ces atouts  à consolider  par tous les Sénégalais notamment les acteurs du jeu politique : stabilité politique et institutionnelle, cohésion sociale et bonne Gouvernance démocratique au regard des  multiples  acquis engrangés par le Pays.
8.1. Un Pse fortement apprécié par toute la Communauté internationale. Une intégration et un alignement remarquable des Odd (2.030) pris en compte  dans le Pse au point que le Président Macky Sall a été invité au Sommet de l’Union africaine, en septembre prochain, pour faire le point sur l’expérience sénégalaise sur le processus d’intégration de l’Agenda  2063.
8.2. Allons-nous renoncer aux projets/programmes comme le   Progep engagé dans  la lutte contre les inondations  dans neuf communes des Villes de Pikine et Guédiawaye ? Allons-nous renoncer à la continuité  et la mise en œuvre des programmes Cmu, Bsf, Pudc,  Promovilles,  Puma, Pracas,  les Pôles Urbains, (Ouf !)… le Ppdc avec  ses 10 000 ha de terres emblavées pour la culture pluviale  du riz en Casamance,  les autoroutes avec déjà 43 km  réalisés uniquement sous le magistère  du Président Sall contre seulement 25 km,  40 ans auparavant ? Allons-nous renoncer au Plan Yeesal Senelec 2020,  pour  payer ainsi  des factures salées  et revivre, à nouveau, les affres des délestages et leurs  effets induits ? Allons-nous continuer à emprunter 105 milliards pour  festoyer et  permettre à une aristocratie de capter des bolides 8×8 et autres limousines ? Allons-nous continuer à rembourser   des milliards au titre de la dette sous le fallacieux et stupide prétexte de «la continuité de l’Etat»?.
Bien sûr que Non !!!
Quelle que soit la configuration du futur Parlement, la finalité ultime  qui s’impose à tous est  de contribuer à renforcer tous ces efforts inlassables  de redressement économique : une  baisse du déficit budgétaire en 2016 de 4.2% du Pib contre 4.7 % en 2015 avec comme corollaire un taux de croissance constant autour de 6% ces deux dernières années alors que «depuis plus de trente (30) ans, notre pays n’a jamais dépassé la barre des 5%».
Oui, «la vérité est un lion, le mensonge, une hyène».

Amadou BOCOUM                                          Secrétaire administratif
de la Ccr des Parcelles assainies
amadboc9@ yahoo.fr

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here