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Idrissa Seck est encore maître à Thiès. Mais pour les prochaines Législatives, rien n’est encore joué. Entre-temps, il aura perdu Talla Sylla, un autre fils de la capitale, avec qui il aura fort à faire. Benno bokk yaakaar qui mise aussi sur le vote rural et qui, élection après élection, grignote sur son électorat, est décidée à lui arracher son fief. Le leader de Rewmi peut cependant y échapper avec ses alliés de Manko.

A Thiès, les Législatives du 30 juillet vont arbitrer le match entre Macky Sall et Idrissa Seck. Les derniers résultats du référendum avec un «oui» écrasant avaient requinqué l’Apr et ses alliés qui en avaient déduit une chute de la popularité du leader de Rewmi. Et pourtant, ce dernier avait boycotté la consultation populaire. Mais une chose est claire : Thiès sera âprement disputée. Si la ville est revenue à Idrissa Seck et ses alliés aux dernières Locales, les communes rurales, elles, ont réduit son score qui s’effrite élection après élection. Qui plus est, il s’agit cette fois-ci d’un scrutin départemental. Et la majorité ne lésine pas sur les moyens pour s’assurer d’avoir au moins la périphérie de Thiès. Etant entendu que le président du Conseil départemental a encore un réservoir d’électeurs fidèles qui lui ont permis de conserver sa suprématie depuis les années Wade. Tout se jouera moins dans l’individualité des candidats que dans la consistance des coalitions en présence. Il est clair que pour le compte de l’opposition, il n’y aura pas de querelles d’investitures, l’ancien Premier ministre étant maître incontestable de la Cité du Rail. Il peut ne pas être investi, mais aura la latitude de placer ses hommes, sans grosse opposition de ses alliés de Manko wattu senegaal. L’essentiel étant, selon les confidences sorties des négociations sur la liste unique de Manko, que chaque leader gagne chez lui. Cependant, une coalition c’est aussi un partage. Et sous ce rapport, Seck n’hésiterait pas à accepter un poste de député pour un allié comme le Pds. Puisque dans tous les cas, il s’agira de ne pas laisser filer les deux sièges disputés à la majorité. Et en conséquence, de perdre son fief, celui-là qui lui évite une retraite politique.

Idrissa Seck, Talla Sylla et Thierno Alassane Sall.
Idrissa Seck, Talla Sylla et Thierno Alassane Sall.

Le cas Talla Sylla
C’est qu’en réalité, la bataille de Thiès reste ouverte. En effet, entre les Locales et aujourd’hui, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. La victoire d’And défar Thiès était aussi celle de ses fils : Idy et Talla Sylla qui se sont respectivement partagés le Conseil départemental et la mairie. L’expression affective a sans doute prévalu dans l’urne. Sauf qu’aujourd’hui, les deux hommes ne s’entendent plus et n’ont plus la même ligne politique. C’est en cela qu’il y aura une autre élection dans l’élection. Le leader de Fal askan wi veut se peser sous sa propre bannière. Mais avec peu de chance d’avoir grand-chose, sans une coalition forte. Même maire, il peine à réunir ses conseillers, pour la plupart membres de Rewmi et ses alliés. Encore qu’il n’a pas d’attaches dans les communes rurales. En gros, à moins de réduire le score de Idrissa Seck, il ne peut avoir plus. Tout comme dans cette dispersion des forces, il pourrait affaiblir la coalition Benno bokk yaakaar. Mais rien n’est encore définitif, puisqu’il pourrait être le cheval de la majorité aux côtés des Apéristes comme Thierno Alassane Sall. Maodo Malick Mbaye, lui, qui avait un excellent score aux Locales ne risquerait pas une liste parallèle qui réduirait les chances de Bby, surtout après les mises en garde du Président lors de la réunion de la conférence des leaders samedi dernier.
En tout état de cause, dans la Cité du Rail, le constat est qu’à moins de six mois des élections législatives, les choses semblent se jouer principalement entre deux forces : Benno bokk yaakaar et Rewmi et/ou ses alliés de Manko. Tout se jouera dans les résultats de la capitale qui, à elle seule, détient les 2/3 des inscrits. Et les petits mouvements ou partis n’ont aucune chance. Même Rewmi, seul, s’imposerait difficilement dans la ville. Idrissa Seck l’a compris depuis les Locales de 2014.
nfniang@lequotidien.sn

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