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Ce sera une mission spéciale. Des personnes vivant avec le handicap, membres de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées, vont inspecter les lieux de vote pour vérifier leur accessibilité . Un rapport sera produit au terme de la journée du dimanche et remis aux autorités. Une façon pour cette cible de lever les obstacles, qui entravent leur participation politique et citoyenne.

Une nouvelle mission d’observation en vue des prochaines élections législatives, prévues ce dimanche. C’est celle de la Fédération sénégalaise des associations de handicapés (Fsah). Mais, cette mission ne va pas observer la transparence ou la régularité du scrutin. Il s’agit d’une mission d’inspection de l’accessibilité des centres de vote aux personnes avec une mobilité réduite. La Fsah, qui faisait face à la presse, indique qu’elle a déjà reçu du ministère de l’Intérieur son accréditation pour accomplir cette tâche. Son président Yatma Fall a brandi quelques gilets, un badge et un sac avec le logo de la Fédération. Les observateurs vont ainsi sillonner les différents lieux de vote pour voir si les bureaux et centres de vote prennent en compte les personnes vivant avec un handicap.
Les handicapés sont des personnes à part entière mais ils se sont rendu compte que cela n’est valable que dans les discours et les intentions. En réalité pour effectuer un acte citoyen, ils font face à des obstacles. Et pour Yatma Fall, la configuration de certains lieux de vote exclut les handicapés.
A la fin de la journée du vote, les observateurs vont produire un rapport où, ils dresseront les obstacles et les manquements. Ce rapport, indique toujours le président de la Fsah, sera remis aux autorités étatiques. Et certainement, soutient-il, des solutions y seront apportées. Amacodou Diouf, président du Congad, trouve cette initiative excellente. Pour lui, ce rapport sera un outil de plaidoyer phare à l’égard du législateur. «Il va lui faire comprendre qu’il y a des choses à changer», estime-t-il. Au-delà de l’accessibilité des lieux de vote, les handicapés pointent du doigt certaines dispositions du Code électoral qu’ils considèrent comme des obstacles à leur participation politique. Il s’agit, selon Astou Sarr, chef de programme à Sightsavers, du caractère secret et sincère du vote. Pour elle, il faut agir sur cette disposition car elle porte atteinte à l’expression de la citoyenneté du handicapé notamment le non-voyant.
Et c’est pour corriger tout cela que Sightsavers et la Fsah déroulent un projet sur la participation politique et la citoyenneté des personnes handicapées dont la première phase est terminée. Il s’agit, pour eux, d’agir sur les lois et de corriger les manquements afin de permettre aux personnes handicapées, qui représentent 15,5% de la population, d’exercer leur droit. D’ailleurs, ils se félicitent pour ces élections du nombre assez important de personnes handicapées investies sur les listes électorales. Pour Yatma Fall, les leaders politiques commencent à être conscients que cette cible doit jouer pleinement son rôle dans la construction du Sénégal. Et pour ce faire, l’Ong Sightsavers, en partenariat avec la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées, organise des sessions de formation pour les intéresser à la chose politique mais aussi pour les former à être des leaders et à avoir l’estime de soi.
ndieng@lequotidien.sn

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