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Khalifa Sall sera-t-il tête de sa propre liste à Dakar ? L’opposition fera-t-elle front avec lui contre Benno bokk yaakaar ? Le Pds acceptera-t-il d’être à la remorque du maire de Dakar, comme à l’élection des hauts conseillers ? Manko lui pardonnera-t-elle de n’avoir pas participé à ses combats ? L’em­pri­son­nement du maire de Dakar pourrait avoir des conséquences sur les alliances de l’opposition.

A moins d’une liberté provisoire, Khalifa Sall ne battra pas campagne aux Législatives, mais il peut bien être candidat. Et dans tous les cas de figure, dans la capitale, les cartes seront rabattues. A Tanor et autres, il a affirmé qu’il aura sa liste, parallèlement à celle de la direction du Parti socialiste qui a préféré poursuivre l’aventure avec Benno bokk yaakaar. Et ses proches l’ont réaffirmé après son placement sous mandat de dépôt. «Quels que soient les obstacles, nous aurons notre liste avec ou sans Khalifa Sall», a insisté son conseiller politique, Moussa Taye. Un prisonnier tête de liste, ce n’est pas l’idéal, mais c’est un défi à relever et une défiance contre Tanor et Cie. En 2012, il y a eu le cas Barthélemy Dias, investi sur la liste de Benno bokk yaakaar- lorsque tout allait encore bien- alors qu’il était en détention. C’est vraisemblablement un schéma que les proches du maire de Dakar tenteraient avec l’image d’un «martyr», mais surtout qui avait conservé la capitale en 2014 avec sa propre bannière, Taxawu Dakar. Son bilan et sa carrure avaient d’ailleurs dicté aux maires sortants, pourtant peu assurés de leur réélection, dont celui de Mermoz-Sacré Cœur ou de la Médina, de se réfugier derrière lui. Entre-temps, d’autres élus, pour la plupart socialistes, ont rejoint les rangs du camp de Tanor. Il s’agit de l’édile de Grand Dakar Jean Baptiste Diouf, celui de Dakar Plateau Alioune Ndoye, entre autres. C’est évident qu’il faudra pour le maire de Dakar chercher des alliances avec des partis de l’opposition comme il l’avait fait pour les élections des hauts conseillers. Rien n’est désormais évident. Les alliances électorales sont une question de circonstance. Dans l’éventualité d’un séjour prolongé à Rebeuss et peut-être même s’il était encore libre, Khalifa Sall s’allierait avec des partis de l’opposition. Il l’a tenté avec le Pds et autres pour le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) en raflant les 3 sièges de Dakar. Parce que justement, pour le Pds, il contrôlait la majorité des conseillers des 19 communes de la capitale, et pour lui, il fallait prendre sa revanche sur l’autre Ps dans cette guerre du «oui» et du «non» qui avait «saccagé» la Maison du parti. Même s’il a perdu beaucoup d’élus de Taxawu Dakar entre-temps, il avait tout de même fait mal à Benno bokk yaakaar, particulièrement au parti au pouvoir qui avait quelque peu relativisé son score et s’en était sorti avec une querelle de contrôle de Dakar. «Le Pds, qui n’a pas eu de liste, a donné le mot d’ordre pour soutenir la liste Taxawu Dakar. Il est le faiseur de roi. Ce n’est pas une victoire qu’on peut qualifier de contre la mouvance présidentielle autre qu’une association de forces, de contre nature parfois», avait lâché Mbaye Ndiaye, directeur des Structures de l’Apr.

La «dette» de Khalifa envers Manko
La réalité politique pour les autres membres de Manko wattu senegaal serait de poursuivre leur alliance avec l’encore maître de Dakar. Mais le hic c’est que Khalifa Sall, soutenu aujourd’hui par Manko, même dans une apparence trompeuse, n’a jamais participé aux combats de cette opposition. Dans les coulisses, l’on murmurerait des «tant pis pour lui !». L’on pouvait comprendre que les Libéraux s’inclinent raisonnablement devant le maire de Dakar. Mais c’est parce qu’aussi cette élection des hauts conseillers n’avait pas le même enjeu que celle des députés. Khalifa Sall fera-t-il partie des «alliances les plus intelligentes» souhaitées par Abdoulaye Wade ? «Levez-vous et recherchez une entente avec toutes les autres forces de l’opposition et la société civile», a ordonné le secrétaire général du Pds dans sa deuxième lettre au Comité directeur. C’est que, en l’absence d’un Karim Wade, désigné candidat à la Prési­dentielle et, en principe, crédité d’un certain capital-sympathie, les Libéraux ne semblent pas avoir de choix autre que de s’allier avec le maire de Dakar. Mais qui dirigerait la liste de Dakar ? Le «principal parti de l’opposition» se permettrait-il le risque de perdre un tel statut ? A moins que ce soit du «tout sauf Macky» ! Au-delà du Pds, quelle serait l’attitude des autres membres de Manko wattu senegaal qui n’ont jamais vu ni entendu Khalifa Sall dans leurs combats ? C’est aussi l’autre risque pour l’opposition de réduire ses chances de rafler les 7 députés de Dakar en allant aux Législatives dispersés. N’est-ce pas Decroix qui craignait que «l’ère des ego» de ses alliés prennent le dessus sur la «claire conscience» !
hamath@lequotidien.sn

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