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9 sièges à prendre dans la région de Diourbel. Tout est possible, mais la majorité a pris de l’avance sur l’opposition qui se vide de ses responsables. Si sur le papier Mbacké est prenable pour Bby, Bambey reste en revanche la grande inconnue. Aïda Mbodj a une revanche à prendre sur Macky Sall qu’elle accuse d’être à l’origine de la perte de ses mandats, mais aussi sur ses frères libéraux qui l’ont écartée. L’autre adversaire de la majorité, c’est bien ses querelles d’investitures.

Diourbel : Beaucoup de candidats Apr
A quatre mois du scrutin, la coalition Benno bokk yaakaar (Bby) de Diourbel pourrait être son propre adversaire. Au-delà de la région, la guerre des candidatures fait rage dans ce département. Et la boulimie de l’Apr risque de frustrer ses alliés. Déjà sept candidats dont Serigne Dame Fall, maire de Keur Ngalgou, Ibrahima Ndour, maire de Taïba Moutoupha, Abdou Diagne maire de Tocky gare, tous du parti présidentiel, souhaiteraient siéger à l’Hémicycle. Si la majorité avait raflé les 2 sièges de Diourbel en 2012, c’est que le contexte de «logique électorale» de la Présidentielle avait prévalu. C’était aussi surtout parce que les autres partis de Bby ne pouvaient, en réalité, rien imposer à Macky Sall dans ses choix. Mais cinq ans après, ce sont d’autres Législatives. Entre-temps, les Locales de 2014 sont passées par-là et ont quelque peu redistribué les cartes. Le Ps, divisé en deux, n’est plus que l’ombre de lui-même et les élections municipales et départementales de 2014 ont fini par montrer qu’il a perdu beaucoup de terrain. A Diourbel commune, Tanor et Cie n’avaient eu qu’un seul conseiller en la personne de Ibrahima Guèye qui a lui aussi déclaré sa candidature au scrutin du 30 juillet. Et au moment où la donne Khalifa Sall fait son bonhomme de chemin, l’Apr et le Ps de Tanor ont intérêt à faire un savant dosage pour ne pas perdre des voix que l’opposition de façon générale pourrait ramasser dans le cadre d’une liste commune départementale. Macky Sall peut cependant compter sur le poids du maire de Diourbel, même si celui-ci n’est pas investi. Aminata Tall, qui ne peut être investie non plus, devra tout de même davantage mouiller le maillot. Mais certains de ses camarades de parti la soupçonnent de vouloir «parachuter» un des siens. C’est dire qu’à Diourbel, tout se jouera dans le choix des hommes pour Bby.

Bambey : Bby face à une «lionne» blessée
Mor Ngom est convaincu que Aïda Mbodj n’est plus une «lionne» à Bambey. Il est vrai que, comme presque partout dans le pays, Bby avait remporté les deux sièges de ce département aux dernières Législatives, avec Pape Mbodj, le frère de Aïda, qui avait pris sa revanche. Mais rien n’était joué puisque la responsable libérale avait repris «son» Bambey, aussi bien la commune que le département. Bien sûr sous la bannière d’une forte coalition avec Rewmi et autres. Sans doute, le maire apériste de Ndangalma espère récolter les fruits des déboires de la présidente du groupe parlementaire des Libéraux et démocrates qui a perdu ses deux mandats de conseiller municipal et départemental pour cumul. Mais il n’y a pas lieu de crier victoire avant l’heure. Macky Sall et ses hommes devront faire face à une bête blessée aussi bien par le pouvoir que par ses propres frères de parti. Aïda Mbodj n’a pas créé son mouvement And pour tout perdre. Sans mandat, car elle n’est point sûre d’être sur la liste du Pds et de ses alliés qui ne lui font plus confiance. C’est aussi l’occasion pour Pape Diouf de régler ses comptes avec Aïda Mbodj. Mais a-t-il encore ce grenier ? Pas si sûr. Encore que, comme il l’a récemment dénoncé, l’Apr ne lésine pas sur les moyens pour lui arracher ce qui lui reste de fidèles. L’autre Pape, Mbodj, sera-t-il reconduit sur la liste, après la débâcle des Locales ? Il y a en tout cas une bousculade en moins puisque les maires de Baba Garage et de Gawane sont casés au Haut conseil des collectivités territoriales et sont d’ailleurs bloqués par l’incompatibilité. Mor Ngom qui est le patron de l’Apr de Bambey pourrait choisir ses hommes. Mais attention à un vote-sanction si Bousso Ngom, sa cousine, mais militante du Parti socialiste, est investie.

Mbacké : le test sans Cissé Lô
C’est l’un des départements qui font trembler le pouvoir. En effet, le problème réside moins dans le département que dans la commune de Touba Mbacké et son nombre important d’électeurs. L’on a souvent considéré d’ailleurs que les nombreux projets pour la ville sainte comme l’autoroute Ilaa Touba sont une opération de rachat pour le pouvoir. D’autres pensent que Moustapha Cissé Lô, qui milite désormais à Dakar, était une plaie pour Macky Sall à Touba. Mais à vrai dire, en face de Bby, il n’y a véritablement pas une opposition qui pourrait lui donner du fil à retordre dans ce département. Sur les 15 communes, 11 sont contrôlées par la coalition présidentielle. C’est sans doute un ouf de soulagement pour Macky Sall puisque le président du Conseil départemental, Fallou Mbacké, a décidé de tourner le dos au Pds. Même s’il n’a pas encore affirmé sa transhumance, il avait été reçu dans un passé récent par le chef de l’Etat. Et si menace il y a, ce serait la coalition Benno bokk yaakaar elle-même et ses querelles d’investitures. Certains Apéristes comme Abdoulaye Diombokho voudraient bien prendre la place de certains députés sortants comme Amy Yaba Diop de l’Afp et Fallou Mbacké Galass Kaltom qui n’ont été que l’ombre d’eux-mêmes durant cette Législature.
badiallo@lequotidien.sn

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