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A l’occasion de la 32ème édition de la Can organisée par l’Egypte, pays des pharaons, considérée comme l’une des plus rayonnantes civilisations dans le monde, il serait intéressant de parler de certains traits qui marquent les relations entre Sénégalais et Egyptiens dans divers domaines.
1.     Les Egyptiens pharaoniques sont nos parents du point de vue génétique, linguistique, culturel et civilisationnel. Le nom’’Fara‘’ aurait été la déformation du nom Pharaon, les ‘’Mbanars‘’ (tombeaux traditionnels des dignitaires sérères) seraient une copie miniature des Pyramides (cf. Cheikh Anta Diop).
2.     La conquête d’Egypte en l’an 18 de l’hégire /639 par le compagnon du Prophète (PSL) Amr Ibn Ass (592 – 682) constitue le début de la pénétration officielle de l’Islam en Afrique.
3.     L’Egypte est le pays du célébré poète Mohamed Bousaysri (608  – 696 de l’hégire /  1213 – 1295) auteur du célèbre recueil poétique, le  bourde, que les sénégalais aiment chanter dans les cérémonies religieuses notamment celle marquant  la naissance du Prophète (Psl), le Maouloud, appelé communément ‘’Gamou’’ au Sénégal.
4.     L’Egypte serait le pays d’où le Baobab est originaire. Il a été introduit chez nous pendant une période immémoriale avant qu’il ne soit découvert par le botaniste français Michel Adanson, lequel nom est lié à la dénomination scientifique de l’arbre ‘‘Adansonia Digitta’’. Ce géant arbre a été choisi par le Président Senghor comme emblème national empreint dans le sceau administratif de notre pays.
5.     C’est en Egypte que Cheikh Mouhamed Falilou Mbacké (1888-1968), deuxième calife de Serigne Touba de 1945 à 1986, a fait escale opportune avec sa délégation lors de son voyage à la Mecque pour accomplir le cinquième pilier de l’Islam, le Hadj, en 1928. Il y avait visité certains lieux hautement symboliques de l’Islam notamment l’Université d’Al Azhar, le mausolée du grand soufi Ahmed EL Badaoui (596 ـ1199  de l’hégire/ 675 – 1276 ). Ce passage a laissé des empreintes car deux des fils de ce Calife portent le nom des soufis égyptiens, il s’agit de Ahmed Al Badaoui, président de l’association Rawdou Rayahine et de Ahmed Rafâhi.
6.     C’est en Egypte, à l’Azhar, que l’éminent savant musulman sénégalais, le guide spirituel, le soufi, le penseur islamique El Hadji Ibrahima Niasse reçut, en 1963, le titre de Cheikhal Islam, décerné par le Recteur de l’Université d’Al Azhar entre 1958 et 1963, Mahmoud Shaltout (1310 – 1383 de l’hégire / 1893 – 1963).
7.     C’est en Egypte que l’arrivée de la première mission estudiantine envoyée par Baye Niasse en 1964 a fait l’écho dans la presse locale du fait que tous portaient le nom de Mouhamed (Psl).
8.     C’est en Egypte que l’antériorité de la civilisation noire, marquée par la civilisation pharaonique, fut débattue scientifiquement et défendue publiquement par le Professeur Cheikh Anta Diop en 1974 devant la communauté scientifique internationale, lors de la conférence du Caire organisée par l’Unesco.
9.     C’est en Egypte, en 1986, que le football sénégalais aurait connu le plus grand scandale de son histoire suite à sa défaite devant la Côte d’ivoire (0-1). Cette défaite surprise après deux victoires avait suscité beaucoup de critiques relatives aux comportements dont des sorties nocturnes qui ont eu des conséquences regrettables. Ce scandale a laissé des séquelles profondes dans la conscience collective nationale et une plaie béante pour toujours.
A cette Can, nous étions au Maroc comme étudiants et Allah a fait que j’étais le Secrétaire général de l’Union générale des étudiants et stagiaires sénégalais au Maroc (Ugesm).
Nous étions au cœur de la solidarité nationale lancée par le ministre à l’Education de l’époque, le Professeur Iba Der Thiam, et nous avions rencontré son Excellence l’ambassadeur Feu le général Coumba Diouf Niang pour lui faire part des cotisations récoltées sur de maigres moyens d’étudiants pour soutenir les Lions, mais hélas, cet engouement national a été brisé par la défaite de nos Lions dans des conditions nébuleuses.
Voici encore pour une troisième fois, les Lions de la Teranga qui participent à la Can organisée en Egypte avec un statut de favori à l’offensive vers leur proie. Lions de la savane, comme le leur avait recommandé le président de la République, Monsieur Macky Sall, en remettant le drapeau national au capitaine : «Laissez-nous la Teranga ici et ramenez-nous le trophée,… Vous avez tout ce qu’il faut pour entrer dans l’histoire.»
Allez les Lions, redéployez-vous, ayez le sens de l’histoire et relevez-nous ce défi si important pour le Peuple sénégalais.
Allez les Lions, nous vous attendons pour vous accueillir triomphalement en vous portant sur nos épaules de l’aéroport au palais de la République.
Dr El Hadji Ibrahima THIAM
Chercheur – Archéo
environnementaliste
Ancien Sg de l’Ugesm

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