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«La terre n’est pas un don de nos parents, ce sont nos enfants qui nous la prêtent», proverbe indien
Dans de nombreux pays, la situation des enfants est lugubre. Des adultes exploitent, maltraitent et tuent des enfants pour se faire une fortune, satisfaire leurs désirs sexuels, sauver leur «honneur», etc. Autrefois dans la Rome antique, avant la découverte de la contraception, l’infanticide était une pratique commune pour limiter le nombre d’enfants. Lorsque la femme accouchée était esclave, son nouveau-né était tué pour qu’elle reprenne rapidement le travail. Dans l’Arabie préislamique, des fillettes dont la naissance était non souhaitée, étaient enterrées vivantes par leur géniteur. En Afrique subsaharienne, dans certaines ethnies, la gémellité était considérée comme une anomalie ou malédiction. Soit on tuait un jumeau pour réparer l’anomalie, soit on éliminait les deux jumeaux pour conjurer le mauvais sort. A Madagascar par exemple, les jumeaux étaient maudits et leurs cranes fracassés par les sabots des zébus… Pendant la traite orientale et transsaharienne qui a duré treize siècles (du 7e siècle au 20e siècle), les esclavagistes emmenaient en terre arabo-musulmane des filles noires âgées de six à dix ans. Ces dernières étaient parquées dans des harems pour servir d’objets sexuels aux monarques ou ministres. Ces derniers ne s’intéressaient qu’au plaisir charnel et ne souhaitaient pas avoir des enfants avec leurs esclaves. Les esclaves noires qui tombaient enceinte à l’issue des séances de partouze dans les harems subissaient des avortements forcés. Lorsque la grossesse arrivait à terme, les bébés mulâtres étaient froidement tués. Les esclavagistes arabo-musulmans capturaient aussi de jeunes garçons d’Afrique subsaharienne âgés de sept à treize ans qu’ils castraient pour en faire des eunuques et jouets pour les pédérastes.
Les négriers européens n’avaient pas eux non plus épargné les enfants. A titre d’exemples, Olaudah Equiano (né en 1745 au Biafra dans l’actuel Nigeria), Kunta Kinte (né en 1750 en Gambie) avaient respectivement 11 ans et 17 ans lorsqu’on les avait capturés pour les vendre aux esclavagistes européens. Dans les plantations d’Amérique, les fils et filles d’esclaves étaient initiés aux corvées à très bas âge. En usant et abusant du droit de cuissage, les maîtres blancs violaient systématiquement les pucelles noires. Mais contrairement aux esclavagistes arabes, les maîtres blancs ne tuaient pas les bébés mulâtres et sauvegardaient la virilité des enfants esclaves.
Pendant la révolution industrielle, en Europe, les fils et filles d’ouvriers étaient sauvagement exploités par les industriels-capitalistes. Jusqu’à ce qu’une loi interdise le travail des enfants en 1874 suite aux multiples revendications des syndicats ouvriers. Aujourd’hui, les lois interdisant le travail et l’exploitation des enfants existent, mais sont foulées aux pieds par des éducateurs religieux et autres néo esclavagistes-capitalistes. Au nom de la religion, ils maltraitent et font mendier les enfants. Au nom de la modernité et du bien-être de l’adulte, le législateur vote des lois pour légaliser les avortements médicalisés, au grand dam des bébés nichés paisiblement dans le ventre de leur mère. Même à l’état embryonnaire ou fœtal, les enfants sont victimes de la furie des adultes. Parfois, ce sont des femmes accouchées qui tuent leurs nouveau-nés adultérins pour sauver leur «honneur». Comble du sadisme et de l’égoïsme : tuer l’innocent pour le bonheur du fautif.
D’autres enfants sont sacrifiés par des adultes assoiffés d’argent et de pouvoir. Dans beaucoup de pays africains, à l’approche d’une échéance électorale, les parents s’inquiètent pour leurs enfants à cause de la recrudescence des vols de gamins et des crimes rituels. «La justice et la police sont trop souvent impuissantes, tétanisées voire complices face à ce phénomène en expansion… Généralement, les crimes ne provoquent même pas la saisine de la justice. Lorsqu’elle est saisie, les magistrats sont piégés par l’absence de preuves» (in https://www.jeuneafrique.com/52736/politique/crimes-rituels-sur-l-autel-de-la-puissance-et-de-l-impunit/). Un pays est en danger lorsque les crimes restent impunis et les enfants tristes et malheureux. Les pays où les enfants souffrent physiquement, moralement et psychologiquement sont dans un retard intellectuel, scientifique, technologique, économique et social. C’est hypothéquer l’avenir d’un pays que de capturer, asservir, enchaîner, martyriser et tuer des enfants.
Olaudah Equiano, Kunta Kinte, les enfants subsahariens châtrés et tant d’autres Africains capturés lorsqu’ils étaient jeunes doivent aujourd’hui se retourner plusieurs fois dans leurs tombes, car au 21ème siècle, dans un pays qu’on appelle le Sénégal, il y a des gens qui font l’apologie de l’esclavage des enfants. Au moment où certains internautes sont envoyés en prison pour apologie du terrorisme, d’autres anti-progressistes, obscurantistes, manipulateurs et prébendiers utilisent la religion comme prétexte pour bénir impunément l’esclavage des enfants. Ce sont des personnes de cet acabit qui capturaient les enfants et les vendaient aux Arabes et aux Européens du 7e au 20e siècle. L’histoire nous enseigne que les pratiques inhumaines impunies finissent par devenir de mauvaises habitudes qui se sédimentent pour entrer dans la «normalité». Lorsque l’esclavage est béni par des hommes et entériné par les vulgates religieuses, les suppôts des esclavagistes trouvent toujours des arguments fallacieux pour justifier et pérenniser l’asservissement de l’homme par l’homme.
L’Etat ne doit pas faillir à ses devoirs régaliens, surtout celui d’assurer la sécurité de ses citoyens. Les enfants sont un patrimoine national et font partie des couches les plus vulnérables de la société. Ils sont ce qu’il y a de plus précieux dans une Nation. Ils n’appartiennent ni à leurs pères ni à leurs mères encore moins à leurs maitres coraniques ou instituteurs. Les enfants appartiennent à la Nation. Les parents ne sont que les intendants de leurs enfants, des procréateurs et non des créateurs de ceux-ci. Dieu leur a confié ses créatures pour qu’ils prennent soin d’elles afin qu’elles soient utiles à la Nation. Il est du devoir de chaque parent de prendre soin de son enfant : l’élever, le nourrir, le soigner, le protéger, l’éduquer, etc. De son côté, l’Etat doit accomplir ses devoirs en promouvant l’égalité des chances, formalisant et homogénéisant l’éducation et assurant la sécurité de chaque enfant. Les écoles parallèles, antinomiques et concurrentes font le lit de l’incivisme et de l’indiscipline sociale. Confier les enfants à des irresponsables, obscurantistes et tortionnaires, c’est détruire le patrimoine et l’économie d’une Nation.
Des études sur la psychologie montrent que les enfants ont une personnalité et ne doivent pas être blessés dans leur amour propre. Leurs frustrations et ressentiments sont de véritables bombes sociales à retardement. En violentant les enfants, on réunit les conditions d’une instabilité sociale, car un enfant élevé dans la violence a de fortes chances de devenir violent dans le futur. Les éducateurs violents ne font qu’extérioriser leurs désirs refoulés de vengeance, des humiliations que leurs maîtres leur ont fait subir dans l’enfance. Eduquer un enfant, ce n’est pas le terroriser. On peut lui apprendre la patience, l’endurance et la résilience sans l’humilier, sans l’affecter moralement et le traumatiser. Un père de famille violent fabrique des personnes désaxées et des monstres. Dans les écoles laïques comme religieuses, beaucoup d’élèves ont eu des blocages mentaux à cause des maltraitances et humiliations que leur ont fait subir leurs maîtres.
Pour rectifier le tir et promouvoir l’efficience, les enseignants des écoles laïques ont fait leur aggiornamento et changé leur approche pédagogique. Mais nombreux sont les éducateurs religieux qui refusent d’appliquer des réformes en profondeur dans leurs façons d’enseigner et d’éduquer. Par conséquent, la sclérose et l’obsolescence se sont emparées de la religion. Les sévices corporels, les idées apocalyptiques et eschatologiques installent la peur chez les enfants et favorisent la religiosité extrinsèque. Comme le monde bouge, la religion doit elle aussi évoluer. Pour sa survie, elle doit se débarrasser de ses aspérités et anachronismes et faire peau neuve.
Dès lors s’impose une nouvelle pédagogie dans l’éducation religieuse des enfants et un nouvel effort de réinterprétation et d’amendement des textes religieux. Si réellement la religion est amour, elle doit être aimée et non crainte par les enfants, attrayante et non rébarbative. Si réellement la religion est progressiste, elle doit aider les enfants à développer des talents et à construire leur pays. La mnémotechnique enseignée dans les écoles religieuses fait de l’enfant un automate et psittacin et non un génie créateur. Encourager la mendicité c’est aussi inhiber le talent des enfants et entretenir la mentalité de dépendance.
A l’ère de l’internet et de l’économie numérique, tout va vite. L’homme a besoin du sang neuf, d’idées nouvelles, novatrices et progressistes pour survivre et participer à la transformation de l’univers. Le capital enfant trouve ici toute sa pertinence. Très tôt, les enfants doivent être formés pour développer des compétences afin de trouver des solutions aux problèmes auxquels ils seront confrontés. Pour ce faire, les formateurs doivent privilégier la méthode heuristique, celle qui permet aux enfants de réfléchir, raisonner, émettre des hypothèses, se lancer dans des recherches et de faire des découvertes scientifiques utiles. En outre, il faut faire comprendre aux enfants que la révélation divine est aussi dans la science, leur rappeler souvent ces propos du prophète de l’islam : «La science est plus méritoire que la prière (…). Un seul homme de science a plus d’emprise sur le démon qu’un millier de dévots», «l’encre du savant est plus bénite que le sang du martyr». Une manière de dire que c’est la science qui gouverne le monde. Au lieu d’utiliser aujourd’hui les pétrodollars pour armer des «guerriers saints» et construire de somptueux lieux de culte à chaque coin de la rue, mieux vaut investir dans l’éducation des enfants, la recherche scientifique et l’industrie.
Une Nation se bâtit par le souffle des enfants heureux et studieux. L’enfant est sacré, il est un patrimoine national à protéger.

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