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Dis-moi quel président tu as, je te dirai quelle diplomatie tu auras. Toutefois, depuis l’arrivée au pouvoir du président Macky Sall, les déconvenues diplomatiques du Sénégal se succèdent et ne se ressemblent pas. Pourtant notre pays a toujours été très respecté et écouté dans le monde, en Afrique et dans la sous-région. Cette force de notre démocratie date du président-poète, Léopold Sédar Senghor, dont la sagesse africaine et l’éloquence avaient fini de séduire ses homologues à travers le monde entier : de l’Afrique en Amérique, en passant par l’Europe et l’Asie. Cet héritage très précieux a été jalousement préservé par  le président Abdou Diouf. Avec le président Wade également, les succès diplomatiques du Sénégal se sont succédé notamment au Madagascar, en Mauritanie, sans oublier ce fameux tête-à-tête entre le président Tchadien, Idriss Deby et celui du Soudan Omar El Bachir lors du sommet de l’organisation de la conférence islamique à Dakar.
Cependant, avec l’arrivée du président Macky Sall, la machine diplomatique sénégalaise semble grisée. En effet, lors de la crise politique au Burkina Faso ; en tant que président de la Cedeao, le novice et diplomate en chef du Sénégal était allé mettre de l’huile dans feu qui menaçait de décimer le pays des hommes intègres après le départ mouvementé de l’ex-président Blaise Compaoré. Il a fallu une mission de sauvetage de ses pairs pour le tirer de ce désert sahélien où il s’était perdu et avait perdu bâton de pèlerin, turban et babouches. Par ailleurs, la récente crise politique en Gambie est une illustration irréfragable de l’inefficacité de la diplomatie sénégalaise. Après le ton va-t-en-guerre du ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, le président de la République fit une sortie pour demander à ce qu’on respecte davantage le dictateur gambien.
Gambie, un couloir dans le bâtiment Sénégal, il a fallu l’intervention des présidents guinéen et mauritanien-des pays qui n’ont aucune frontière terrestre avec cette enclave- pour décanter la situation. Cependant, la question qui surgit à ce niveau est de savoir : Où est-ce que le bât blesse ? Est-ce que c’est le président Macky Sall qui n’est pas compétent, son ministre ou les deux à la fois ? Toutefois, le célèbre homme politique florentin du 16ème   siècle est catégorique : «Un leader efficace recrute les meilleurs collaborateurs, définit l’objectif de performance qu’ils doivent atteindre et les aide à réussir.»
Apparemment, toutes ces conditions ne sont pas réunies par le tombeur du très  influent et très charismatique Maître Abdoulaye Wade. Contrairement à son homologue tchadien, Idriss Deby qui s’est  non seulement doté d’un ministre des affaires étrangères qui a la carrure, il l’a également aidé dans sa tâche en l’envoyant et en envoyant des troupes dans tous les foyers de tension de la sous-région. Une option qui a largement payé avec un retour d’ascenseur. Alors que le président sénégalais se montrait réticent à envoyer les jambar au Mali, il a été très prompt et décidé d’aller à la rescousse de l’Arabie Saoudite pour soi-disant défendre les lieux saints de l’Islam avec deux mille cent soldats. Pourtant l’adage est très clair là-dessus : charité bien ordonnée commence par soi.
Ainsi, dans cette bataille diplomatique entre des pays francophones, c’est la sagesse et l’expérience qui ont eu le dessus sur l’immaturité et le pilotage à vue. Cependant selon Machiavel : «Ceux qui prétendent que tel ou tel prince paraît sage ne l’est point effectivement, parce que la sagesse qu’il montre ne vient pas de lui-même, mais des conseils qu’il reçoit, avancent une grande erreur, car c’est une règle générale qui ne trompe jamais, qu’un prince qui n’est point sage par lui-même, ne peut-être bien conseillé.» Donc, félicitations à Idriss Deby, et bon vent au nouveau président de la commission de l’union Africaine, Moussa Faki Mahatma.
Elimane BARRY
Professeur d’Anglais

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