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Certes pour que l’Enseignement inclusif soit précieusement une performance à la fois économique et sociale au Sénégal, il faut nécessairement qu’il y ait une sincère responsabilisation solennelle accrue des personnes victimes de handicap au sein de l’Etat. De même, la réelle valorisation officielle des personnes victimes de handicap qui est déjà une obligation cruciale juridique de la République est très sérieusement indispensable à une meilleure mise en œuvre politique, stratégique et opérationnelle de l’enseignement inclusif.
En fait, tout système qui, de manière andragogique et pédagogique, prend pertinemment en compte et profondément en charge tout type de besoin de toute personne victime de handicap ou de vulnérabilité en territoire sénégalais, et qui généreusement constitue en même temps un réel facteur de progrès pour l’ensemble des populations sans exception ni distinction, est dit Enseignement inclusif. C’est ainsi qu’il se définit formellement comme un ensemble de mécanismes spéciaux, une organisation de procédures particulières interdépendantes, une coordination de différenciations méthodiques divergentes qui reposent rigoureusement sur une stricte administration minutieuse de bonnes pratiques spécifiques concordantes.
Dès lors, c’est l’application effective d’une intéressante méthodologie républicaine qui consiste à transformer impérativement le handicap en opportunité, et à convertir systématiquement la vulnérabilité en force, afin d’atteindre concrètement tout objectif de développement. En ce sens, l’Enseignement inclusif demeure considérablement un enrichissant processus institutionnel qui élimine progressivement toute forme de discrimination et de marginalisation au sein de la Nation sénégalaise, réduisant significativement par ailleurs toutes les sortes d’inégalités sociales.
A cet effet, il reste non seulement un important moyen étatique légal garantissant l’équité, l’égalité et la parité, mais devient également par excellence un légitime système de régulation nationale entre les différentes catégories de la population sénégalaise.
A cet égard, puisque je suis affecté en 2014 au ministère à la direction de l’Enseignement élémentaire en tant que symbole d’équité et modèle de citoyen handicapé visuel patriote de référence, je souhaite vivement que l’Etat utilise et valorise mes compétences. Je souhaite aussi que mon épanouissement professionnel soit effectif, réel et garanti par le ministère de l’Education nationale. Comme malgré mon handicap je sais pertinemment améliorer le secteur éducatif national et bien d’autres secteurs professionnels du pays, je voudrais sérieusement que l’on me valorise et c’est ce que j’attends depuis 2014. En effet, je suis expert en administration, titulaire de diplômes supérieurs professionnels européens, ayant une spécialité en administration des systèmes de l’éducation et de la formation, en administration des entreprises publiques et privées, en éducation inclusive et spéciale.
Ainsi, si cette conception réaliste de l’Enseignement inclusif paraît une utopie ou une théorie pour plusieurs Sénégalais, y compris certaines des personnes victimes de handicap ou de vulnérabilité, c’est parce que tout simplement l’Etat n’a pas encore suffisamment responsabilisé et valorisé les personnes victimes de handicap, titulaires de diplômes supérieurs académiques ou professionnels, ayant de compétences professionnelles de haute qualité et de capacités intellectuelles de haut niveau. Or, comme ces genres de personnes victimes de handicap diplômées et compétentes existent réellement dans l’Administration publique, il suffit seulement de les promouvoir.
En outre, l’histoire ne cesse de montrer et de démontrer qu’en réalité, tout type de problème lié au handicap, à la vulnérabilité, à l’inclusion et à l’intégration a été toujours très efficacement résolu et continue d’être résolu avec efficience par les personnes victimes de handicap elles-mêmes. En effet, l’Union nationale des aveugles du Sénégal, avec l’appui institutionnel de l’Etat, a pu mettre en œuvre l’Inefja de Thiès qui a aujourd’hui produit des aveugles intellectuels, des aveugles professionnels, évoluant au Sénégal ou dans d’autres pays.
En plus, dans le même sens, c’est un handicapé visuel du nom de Louis Braille qui a inventé l’écriture Braille grâce à laquelle toutes les personnes en situation de handicap visuel du monde parviennent à lire, à écrire et à compter. Dans cette optique, l’Union nationale des aveugles de Tunis occupe une position stratégiquement vitale dans la gestion managériale du Centre de réadaptation de Sidi Thabet qui produit des professionnels en situation de handicap en Afrique, dont certains sont des Sénégalais actuellement employés par la Fonction publique sénégalaise.
De surcroît, des exemples similaires sont prouvés en Espagne avec l’Organisation nationale des aveugles d’Espagne qui gère la loterie.
Nationale, avec l’Association voir ensemble en France qui administre des structures d’éducation et de formation de gens victimes de handicap. Dans le même ordre d’idées, au Canada, le handicap comme la vulnérabilité garde une place hautement importante dans les affaires institutionnelles provinciales et fédérales, en Algérie ou en Egypte l’inclusion professionnelle est plus qu’une réalité, et surtout dans plusieurs pays émergeants ou développés, la valorisation du handicap reste un élément moteur de développement.
D’ailleurs, les personnes en situation de handicap doivent être véritablement responsabilisées aussi bien dans les structures publiques locales que dans les institutions administratives nationales, en vue de mieux développer et institutionnaliser l’Enseigne­ment inclusif sénégalais, car c’est un enseignement qui profite simultanément aux gens en situation de handicap et/ou en situation de vulnérabilité ainsi qu’aux gens qui ne sont ni en situation de handicap ni en situation de vulnérabilité. Et à partir de là, on peut parler au Sénégal d’inclusion scolaire, sociale, universitaire et professionnelle.
Par conséquent, pour régler les questions de handicap, d’éducation inclusive, d’inclusion professionnelle, d’égalité administrative et d’intégration sociale dans le pays, il faut que l’Enseignement inclusif soit confié ou rendu aux personnes handicapées compétentes avec l’accompagnement institutionnel de la République. Les handicapés connaissent bien leurs problèmes et détiennent naturellement les bonnes solutions et surtout les très bonnes solutions.

Madiagne FALL
Handicapé visuel
Expert en administration
Agent au ministère de l’Education nationale

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