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Russie 2018 ! Nous voilà encore une fois revenus au pays le cœur plein d’amertume et de regrets. Le séjour aura été de courte durée. Dernière équipe africaine dans la course, nous étions à deux doigts de franchir le premier palier. Malmenés par le Japon d’abord, nous avons été par la suite bel et bien recalés par la Colombie et non par les arguties du fair-play. Eliminés une fois de plus ! Les raisons ? Un mauvais encadrement ? Un manque de concentration ? Un manque de fraîcheur physique ? Des maladresses techniques ? Peut-être le tout à la fois ?
En Coupe d’Afrique ou en Coupe du monde, généralement les équipes qui ont disputé la finale ont débuté l’épreuve «petitement» avant de monter en puissance pour atteindre leur vitesse de croisière, et au «finish» se retrouver sur les plus hautes marches du podium. Ainsi, la France et la Croatie, un petit pays de 56 mille km² à l’exemple du Togo, deux équipes sur lesquelles rares sont ceux qui auraient parié une rouble sur leurs chances d’accéder en finale.
Notre Equipe nationale, elle, a démarré sur les chapeaux de roue contre la Pologne, s’est mise à patauger devant les Japonais avant de sombrer devant la Colombie. Une Coupe d’Afrique ou une Coupe du monde, c’est une épreuve de trois semaines à un mois qui demande une gestion méticuleuse d’un groupe au plan de l’état d’esprit, du mental, de la cohésion et de la fraicheur physique. Nous éviterons de parler de classement ou de changement de joueur, ce domaine relevant des prérogatives de l’entraîneur.
Sur le plan technique, nos représentants se sont révélés maladroits sur les corners et coups francs à tirer, alors que beaucoup de buts, pour ne pas dire la plupart, ont été marqués à la suite d’un coup de pied arrêté. Des lacunes ont été notées. Il n’aura pas échappé aux férus du ballon rond que notre équipe est sans véritable capitaine. Un joueur sachant diriger la manœuvre et replacer ses coéquipiers, un entraîneur ne représentant qu’à peu près 25% d’une équipe.
Par ailleurs, on a parlé d’union sacrée autour de l’Equipe nationale. Dans le pays, l’union, la fièvre, l’euphorie étaient partout présentes. Dans les foyers, dans les chaumières, dans les rues, dans les places publiques, devant les écrans géants, à en juger par la clameur qui s’élevait dès que notre Equipe nationale marquait un but. L’union était partout sauf autour de l’Equipe nationale. Les amateurs de football ont le sentiment que l’équipe est verrouillée, cadenassée. Les hommes passent, les méthodes, les bonnes devraient demeurer. Nous nous souvenons des paroles de El Hadj Malick Sy «Souris», alors président de la Fédération sénégalaise de football, en 2000 ou 2001 si notre mémoire est bonne, après un match contre le Maroc, disant : «Nous avons une grande équipe en devenir. Bruno Metsu et moi savons ce qui manque à cette équipe. Nous allons le chercher.» Visiblement, ils l’avaient trouvé à l’époque, la preuve par les résultats obtenus en 2001 et 2002. En outre, Aliou Cissé devait se rappeler que ceux qui avaient suggéré à Bruno Metsu d’en faire le capitaine d’équipe sont encore là, et qu’ils peuvent toujours aider, conseiller. L’encadrement de notre Equipe nationale doit être étoffé. Aliou Cissé qui est nouveau dans la carrière est épaulé présentement par des éléments de sa génération. A notre avis, en vue des prochaines campagnes, deux anciens internationaux chevronnés devraient être intégrés dans l’encadrement de cette équipe. La tutelle, le ministre en premier lieu, doit intervenir en ce sens.
Amadou Dial SENE
Médina – Dakar

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