Le Quotidien

TABAC - Conférence des parties prévue du 13 au 18 octobre à Moscou : Le Sénégal invité à ne pas suivre les directives des industriels

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L’Alliance pour le contrôle du tabac en Afrique (Acta), la Ligue sénégalaise contre le tabac (Listab) et le Consortium de recherche économique et sociale (Cres) appellent le Sénégal à respecter ses engagements, relatifs à la Convention-cadre de lutte contre le tabac, en refusant de suivre les «injonctions» de l’industrie du pays, lors de la Conférence des parties, prévue du 13 au 18 octo­bre prochains à Moscou.

A douze jours de la tenue de la sixième session de la Conférence des parties (Cop) à la Convention-cadre de l’Oms pour la lutte antitabac prévue à Moscou (13 au 18 octobre), la société civile sénégalaise sonne l’alerte, pour être à l’abri de mauvaises surprises. Ces organisations de lutte contre le tabagisme invitent le Sénégal à prendre ses responsabilités, mais surtout à prendre ses distances vis-à-vis de l’industrie du tabac. C’est au cours d’une conférence de presse organisée hier que Mamadou Bamba Sa­gna, chargé de programme à l’Alliance pour le contrôle du tabac en Afri­que (Acta) ainsi que Djibril Wélé, Secrétaire général de la Ligue sénégalaise contre le tabac (Listab) et Doudou Ndiaye, chargé de communication du Consortium de recherche économique et sociale (Cres), ont tiré la sonnette d’alarme après avoir analysé les actes posés jusque là par la British american tobacco (Bat), une multinationale basée à Londres, mais qui possède de solides succursales dans la sous-région Ouest-africaine. 

Les conférenciers ont brandi une correspondance de la Bat adressée au ministère de l’Agriculture avec des ampliations aux ministères du Commerce, de l’Economie et des Finances et de la Santé. Corres­pondance dans laquelle, la Bat demande à l’Etat du Sénégal, de ne pas prendre position, relativement aux directives très contraignantes attendues à la Conférence des parties de Moscou. A titre d’exemple, les directives pour l’application de l’article 6 de la Convention-cadre de l’Oms : «Mesures financières et fiscales visant à réduire la demande de tabac», feront l’objet d’un panel. Tout comme il est attendu entre autres, la poursuite de l’élaboration des directives partielles pour l’application des articles 9 et 10 de la Convention-cadre de l’Oms : «Réglementation de la composition des produits du tabac» et «Réglementation des informations sur les produits du tabac à communiquer.»
Bref, l’industrie du tabac sent l’étau se resserrer autour d’elle et elle n’entend pas se laisser abattre, raison pour laquelle, elle multiplie les «agressions» à l’endroit des pays signataires de la Convention-cadre de lutte contre le tabac, surtout les Etats du sud. Pour rappel justement à propos de la Convention, elle a pour principal objectif de protéger les générations présentes et futures des effets sanitaires, sociaux, environnementaux et économiques dévastateurs de la consommation de tabac et de l’exposition à la fumée du tabac en offrant un cadre pour la mise en œuvre de mesures de lutte par les Parties aux niveaux national, régional et international, en vue de réduire régulièrement et notablement la prévalence du tabagisme et l’exposition à la fumée du tabac.

Interdiction du tabac en public et de sa commercialisation à 200 mètres des écoles et structures de santé
L’Acta, le Cres et la Listab craignent les «capacités de nuisance» de l’industrie du pays, au point de devoir rappeler à l’Etat du Sénégal ses obligations, après qu’il a signé la Convention-cadre en 2005 et voté «l’une des meilleures lois sur le tabac» au monde. Dernièrement déjà, l’Observatoire du tabac en Afrique francophone (Otaf) attirait l’attention sur les «tentatives d’ingérence» de la British american tobbaco (Bat) dans la politique de santé publique des Etats de la Cedeao. C’est dans ce sens d’ail­leurs qu’il a entrepris depuis lundi dernier, «une vaste action» pour sensibiliser les gouvernements communautaires dans le but de préserver les intérêts de leur pays ainsi que celui de leurs concitoyens.
Dans un communiqué parvenu à la Rédaction, l’Otaf indiquait que : «Cette multinationale du tabac (Bat) mène à l’heure actuelle, une campagne agressive de désinformation, d’intimidation et de chantage auprès des gouvernements de la communauté dans le but de les dissuader de remplir leurs obligations relatives à la Convention-cadre de l’Oms pour la lutte antitabac (Cclat) et qu’ils ont tous ratifié (pays Parties à la Cclat).»
Pour Mamadou Bamba Sagna en tout cas, la société civile africaine ne se laissera pas faire et elle fera le nécessaire, pour barrer la route à l’industrie du tabac. Le chargé de programme de l’Acta encourage les Etats, notamment le Sénégal à appliquer vigoureusement la loi sur le tabac, comme c’est le cas dans les pays du nord. Il estime que le Sénégal a déjà toutes les prérogatives, pour appliquer les dispositions rendues possible grâce à sa loi, surtout concernant l’interdiction du tabagisme en public et surtout la vente du tabac à 200 mètres des écoles et structures de santé. Ses pairs du Cres et de la Listab eux, plaident pour la prise des décrets d’application de la loi sur le tabac, promulguée depuis mars 2014.

alyfall@lequotidien.sn

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