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Teresa May, le Premier ministre britannique.

La Grande Bretagne consent trop d’efforts pour l’Europe. C’est le principal argument des eurosceptiques britanniques pour faire sortir le Royau­me-Uni  de l’Union européenne. Au soir du 23 juin 2016, ils obtiennent gain de cause sans pour autant expliquer comment y parvenir. Devant cet état de fait, Theresa May, la remplaçante de David Cameron n’a d’autre choix que de faire respecter la volonté de son Peuple qui a approuvé à 51% la sortie. Retour sur le Brexit qui a fait tant jaser.

Nigel Farage ne va pas de sitôt oublier le 23 juin passé. Il a gagné «le combat de sa vie !». Depuis son accession  à la tête de l’Ukip, la formation europhobe d’extrême droite, en 2006, il n’avait qu’une seule mission «sortir la Grande Bretagne de l’Union européenne». C’est tout naturellement, dans la foulée du Brexit, qu’il démissionna de son poste sans pour autant expliquer «comment la Grande Bretagne pourra financer son système de santé en détournant l’argent qu’elle injecte dans l’Ue», son principal argument de campagne. Cette mission plébiscitée par 51% des votants incombe à Theresa May, devenue Premier ministre du Royaume-Uni suite au désistement de Boris Johnson, membre du même parti (Labour) et tête de figure du Brexit. Même si elle n’a jamais caché son souhait de  maintenir son pays au sein de l’Ue, la nouvelle locataire du 10  Downing street doit conduire le gouvernent qui se charge de négocier la sortie «sans trop de dégâts» de l’Ue. L’idéal serait de réduire de manière drastique le nombre d’expatriés sur le sol britannique tout en conservant l’accès au marché unique dont le Royaume-Uni est tributaire. Et c’est le défenseur du Brexit nommé ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, qui doit s’en charger. Autant dire que la tâche ne sera pas chose aisée, car l’Ue n’est pas prête à accorder plus de faveurs au Royaume-Uni. Qui, faut-il le rappeler, jouit d’une situation spéciale au sein de l’Union. En ce sens, Boris Johnson est accusé de conduire des négociations officieuses en vue de signer des traités bilatéraux avec chacun des 27 Etats membres.

L’Ecosse tient à son marché unique
Si le Royaume-Uni dans son ensemble a voté pour la sortie de l’Ue, l’Ecosse – dont les dirigeants ont des envies d’ailleurs –  qui a été sanctionnée négativement lors d’un référendum, a manifesté son refus de sortir de l’Ue en votant contre le Brexit à 62%. Cela met Londres dans une situation inconfortable. Car en plus de négocier sa sortie de l’Ue sans trop de dégât, elle devra gérer les velléités de départ de l’Ecosse du royaume. En effet, Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise, s’est déjà inscrite dans une logique de séparation. Elle exige que le Royaume-Uni reste dans le marché unique européen ; à défaut, demander que l’Ecosse y demeure, tout en restant partie intégrante du Royaume-Uni ; enfin, si cela n’est pas possible, «l’option de l’indépendance doit rester sur la table».

David Cameron, le grand perdant  
En convoquant le référendum du 23 juin, David Cameron espérait repousser l’avancée de l’extrême droite tout en ayant le mandat officiel du Peuple britannique pour renégocier le statut du royaume au sein de l’Ue. Il était loin d’imaginer que ses adversaires ne reculeraient devant rien pour avoir gain de cause. Allant même jusqu’à ex­pli­quer que le Royaume en déviant son apport financier à l’Ue pourrait financer son système de santé. Les opposants ont précipité la retraite de Cameron.
 mgaye@lequotidien.sn

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