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Une fois encore, on se penche sur la raréfaction de la ressource en tant que professionnel exerçant dans ce domaine depuis plus de 35 ans. On attire l’attention du chef de l’Etat sur le fait que le secteur de la pêche est malade et laissé à son compte, il n’y a pas de rigueur, ni de suivi, ni de contrôle efficace.
A propos des accords avec l’Union européenne, en ce qui concerne les bateaux de pêche demersale profonde, on les avait tous révoqués sous prétexte qu’ils voulaient conserver la ressource et, maintenant, on voit les Chinois nous envahir et la nationalisation intempestive des navires européens. Et ces derniers n’ont pas d’observateurs à bord. La plupart des capitaines des bateaux de Chinois commercialisent en haute mer leurs premières captures et, ce sont des captures non déclarées. Ces navires qui ne laissent pas le temps à la ressource de régénérer, une fois à quai pour débarquer leurs produits, ils ressortent le lendemain pour repartir en mer.
Pour les thoniers canneurs basés à Dakar, c’est un cri du cœur pour dénoncer la pêche désastreuse aux juvéniles (petits poissons) pour en faire des appâts vivants de la baise de Bel Air à Bargny. Cette zone représente notre grenier halieutique. C’est la zone de prédilection des espèces comme la sardinelle «yaboye» pour leur gestation. On ne voit nulle part une zone pareille, du Maroc à la Côte d’Ivoire.
Je ne pense pas que ce soit une bonne idée que de vouloir faire disparaître le corps des observateurs, créé en 1982 et qui existe toujours, et qui est reconnu au niveau international. Cela veut dire qu’il y a un groupe d’armateurs basé au Sénégal, qui refusait de prendre des observateurs à bord. Mais une institution Issp, basée en Europe, leur a récemment recommandé de prendre les observateurs pour que leur produits de pêche soient compétitifs au niveau européen, d’où l’importance de ce corps.
Avec tout le respect que je dois au ministre de tutelle, qui disait que c’est le meilleur accord que le Sénégal ait jamais signé, au contraire c’est le plus mauvais accord que le Sénégal a obtenu, compte tenu des acquis bafoués, par exemple la caution versée par l’armateur pour l’observateur et qui n’a rien à voir avec la manne financière versée à l’Etat. Ce qui veut dire que ces derniers reviennent de mer sans être payés. Je ne peux pas comprendre que ces négociateurs d’accords de pêche puissent négliger cet acquis, l’armateur verse une caution pour l’observateur et que ceci n’ait rien à voir avec la manne financière que l’Etat a encaissée. C’est une injure quand on dit dans les accords que chaque armateur doit verser annuellement quatre cent soixante euros dans les caisses de la Dpsp. C’est aberrant !
On se rappelle le ministre Alassane Dialy Ndiaye, qui avait tenu tête pendant huit mois à l’Ue pour enfin gagner ce combat sans changer les acquis.
Il y a beaucoup de choses que l’on doit revoir. Primo : la nationalisation des navires étrangers ; secundo, la pêche aux juvéniles et tertio, les bateaux chinois qui ne cessent de s’accroître en nombre.
Saliou DIALLO
Observateur des
pêches maritimes

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