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Il ne faut pas être un doctorant pour savoir que la présence féminine dans le showbiz est très faible par rapport à celle des hommes. Et quand elles y sont, c’est pour jouer les seconds rôles. Des politiques publiques à leur égard et une discrimination positive. Voilà ce qu’elles souhaitent.

Bijoux, strass, paillettes, voilà entre autres les signes extérieurs du showbiz. Et c’est la femme qui, bien naturellement, les vulgarise. Mais malheureusement, les dames ne sont pas assez présentes dans ce milieu. Seuls 30% des travailleurs du secteur de la musique en Afrique de l’Ouest sont des femmes. Et la majeure partie du temps, elles sont cantonnées aux seconds rôles comme choristes, maquilleuses etc. Comment augmenter leur présence dans des postures importantes dans le showbiz ? C’est à cette question que devait répondre le panel de la Urban women week, organisé vendredi passé à la Maison des cultures urbaines.
Pour Guiomar Alonso Cano, conseillère régionale pour la culture de l’Unesco, il faut une politique publique allant en ce sens dans un premier temps. Ensuite, une discrimination positive sur les programmes de formation devrait avoir comme finalité la création de modèles de réussite pour faire des émules. Bien qu’étant d’accord sur la solution que Guiomar Alonso Cano a proposée, Rokhaya Daba Sarr estime qu’il faut au préalable «entrer dans le showbiz». La directrice du Festival Africa fête estime que «la difficulté vient d’abord des femmes. On hésite à foncer, à entreprendre». C’est la seule façon, à ses yeux, de changer la donne. «La femme cherche à travailler, mais elle ne gagne pas bien (de l’argent) du fait de sa position. Dans la musique, quel est son rôle ? On est soit danseuse ou bien  choriste pour gagner 50 mille Cfa par-ci et 75 mille Cfa par-là. Alors que les hommes gagnent beaucoup plus», a-t-elle déclaré.
La présence féminine dans le monde culturel, jugée peu satisfaisante, est due en grande partie à la perception par cette dernière de son rôle. Pour Fatim, rappeuse et présentatrice d’émission, c’est «de faire sa passion et trouver les moyens d’en vivre». Tandis que pour la chanteuse du groupe Takeïfa, Ma Keïta, c’est «une industrie dans laquelle elle doit se battre pour s’en sortir». En tout état de cause, le plus important «c’est un bien culturel qu’il faut vendre», tranche Rokhaya Daba Sarr. A la question de savoir comment le faire, Ma Keïta qui a une riche expérience en la matière estime qu’il faut miser sur le spectacle vivant. «Le spectacle vivant est en plein essor un peu partout en Afrique. Le soutenir est un moyen majeur pour le développement de nos industries.» Le digital ? «Ce n’est pas certain qu’il puisse changer la donne. On n’a pas encore compris le procédé. Il y a une transformation en cour. Et la majeure partie du temps, ce sont les grosses pointures qui s’en sortent», a dit Guiomar Alonso Cano.
mgaye@lequotidien.sn

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