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A la place de la marche des jeunes du C25, interdite par le préfet, c’est un front qui a été déclenché entre Forces de l’ordre et des manifestants devant l’université. Toussaint Manga et Cie étaient invisibles, même s’il y avait bien des individus qui s’identifiaient à des leaders de l’opposition.

Les jeunes du C25 avaient menacé de marcher hier avec ou sans autorisation. Toussaint Manga et Cie se sont finalement pliés à la volonté de la force publique. 15 h devant l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, point de départ annoncé de la procession. Pas l’ombre d’un seul leader des jeunes de l’opposition. Tout le périmètre est quadrillé. En effet, dès les premières heures de l’après-midi, la police a déployé un impressionnant dispositif anti émeutes. Dans un véhicule blindé estampillé Gmi (Groupement mobile d’intervention), des éléments, casquettes sur la tête, bombardent le campus social de grenades lacrymogènes. Les fortes détonations qui résonnent dans les oreilles témoignent de la puissance de frappe de l’engin. Dans le ciel du pavillon A, situé en face de la grande porte de l’Ucad, un épaisse couche de fumée se dégage. Malgré l’odeur âcre qui pollue l’atmosphère, les manifestants ont tenu tête aux policiers qui avançaient à petits pas vers eux avec leurs casques de protection. Difficile de vérifier si les lanceurs de pierres sont des jeunes opposants ou des pensionnaires de l’Ucad. Mais dans le groupe, un d’entre eux portait un t-shirt à l’effigie de Karim Meissa Wade, un autre avait un t-shirt de Bassirou Faye, du nom de cet étudiant tué par balle en 2014 lors de violents affrontements à l’Ucad.
Au moment où le front chauffait, un officier ordonnait aux badauds de vider le théâtre des opérations. «A l’exception des journalistes, les autres circulez !», enjoint-il avec autorité. Les minutes s’égrènent et le face-à-face continue. A l’intérieur, les manifestants crient : «Démocratie ! Démocratie ! Libérez Khalifa ! Etudiants, combattants de la liberté !» avec des insanités à la bouche en direction des policiers. A l’extérieur, les passants marchent avec vigilance pour éviter la pluie de pierres sous l’œil des éléments de la Croix rouge. La circulation bloquée, les automobilistes étaient obligés de contourner la route principale pour emprunter le quartier du Point E. Sur l’avenue Cheikh Anta Diop, mis à part quelques chauffeurs téméraires qui ont osé prendre cet itinéraire, seuls les pick-up remplis de policiers faisaient des va-et-vient. Il fallait s’attendre à ce scénario. Parce que le préfet, Alioune Badara Samb, avait interdit la manifestation qui devait finir au rond-point de la Rts. Entre autres motifs évoqués par l’autorité : «Menaces de troubles à l’ordre public, risques d’infiltration par des individus mal intentionnés, risques de perturbation du fonctionnement du marché Tilène.» La cause avancée, le changement d’itinéraire a été rejeté par Toussaint Manga et ses camarades. «Nous ne sommes pas prêts à changer d’itinéraire», avait laissé entendre le jeune député libéral. Au finish, le premier test du rapport des forces n’a pas tourné à l’avantage des jeunes du Collectif des 25 candidats. Du moins à Dakar.
msakine@lequotidien.sn

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