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Si le théâtre thiessois a fini d’asseoir son succès sur la scène sénégalaise, tout n’est pas rose. Formation des acteurs, circulation des œuvres, création, infrastructures et financement du théâtre sont autant de problèmes qui asphyxient le secteur.

A côté de ce succès éclatant, le théâtre thiessois survit avec un chapelet de difficultés. Selon l’artiste-comédien Jules Dramé, président de l’Arcots de Thiès, «beaucoup pensent que dans le théâtre tout se passe bien. Or les artistes sont confrontés à de sérieuses difficultés». «Les comédiens de Thiès sont tout le temps dans des séries. Des séries qui captivent sur le plan national. Mais le théâtre, ce n’est pas de l’audiovisuel. Il se passe sur la scène. Et sur ce plan, il y a beaucoup de difficultés qui se posent non seulement à Thiès, mais au niveau national». Et selon le comédien, ces problèmes ont pour nom la formation des acteurs, la circulation des œuvres, la création, les infrastructures, le financement du théâtre dans son ensemble. «Depuis des années, je fais partie de ceux qui prônent l’assistance des autorités pour que le théâtre puisse bénéficier d’un fonds, lequel pourrait lui permettre de se développer et profiter aux comédiens dans la création, la diffusion de leurs œuvres au niveau national», explique le premier vice-président national de l’Arcots. A l’instar des autres arts qui bénéficient de fonds de l’Etat, M. Dramé pense que «le théâtre également devrait avoir un fonds permettant aux acteurs non seulement de pouvoir se former, mais surtout de faire de la création et de la diffusion». Surtout quand il dit savoir qu’au Sénégal «nous avons 14 régions qui disposent, chacune, d’un centre culturel, mais dans ces centres, il y a une absence totale d’activités». A ses yeux, «si on permettait aux comédiens d’accéder à un fonds, ils pourraient faire une partie de leur création, les exécuter au niveau de ces centres, une manière de participer à l’animation de ces lieux culturels. Aussi, ça pourrait leur permettre de gagner un peu pour mieux se consacrer à la création, la diffusion et la circulation de leurs œuvres». Et l’artiste comédien de s’offusquer du fait que les plaidoyers faits jusque-là auprès des ministres de tutelle sont restés vains. «C’est un peu lié à nous, à notre tempérament, quand on sait que les artistes-comédiens ne sont pas violents, ils ne bougent pas et ne communiquent pas à l’image des rappeurs et des musiciens qui, eux, bougent avec beaucoup de bruit», dit-il. Il se dit convaincu que «le problème aurait pu être réglé il y a longtemps, si l’ensemble de la famille du théâtre, les metteurs en scène, les régisseurs, les éclairagistes… bref tous les métiers du théâtre, s’étaient mieux organisés pour porter le combat».

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