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Les prévenus Aliou Diouf et Babacar Sy risquent deux ans de prison ferme. Présentés hier au juge des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar, ils sont poursuivis pour les délits de vol portant sur des deniers publics, branchement frauduleux sur un réseau d’hydrocarbures appartenant à autrui. Le procureur a demandé la relaxe pure et simple du troisième mis en cause, Abdoulaye Yakhim Diop. L’affaire a été mise en délibéré à jeudi prochain.

L’affaire du présumé vol à la Société africaine de raffinage (Sar) a été appelée, hier, à la barre des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar. Renvoyée la semaine dernière pour la non-comparution de l’agent judiciaire de l’Etat, les débats se sont finalement déroulés en l’absence de celui-ci.
Poursuivis pour les délits de vol portant sur des deniers publics, branchement frauduleux sur un réseau d’hydrocarbures appartenant à autrui, ils ont tous nié les faits qui leur sont reprochés, comme lors de l’enquête préliminaire. Les prévenus Aliou Diouf et Babacar Sy risquent 2 ans de prison ferme requis à leur encontre. Et le troisième, Abdoulaye Yakhim Diop, peut bénéficier d’une relaxe.
Le représentant du ministère public, dans son réquisitoire, est revenu sur les faits établis par les policiers enquêteurs, contenus dans un procès-verbal. En effet, au cours d’une opération de patrouille, des agents de la société de gardiennage Sagam sont tombés sur un branchement artisanal dans l’atelier de Aliou Diouf qui est lié au pipeline de la Sar. Sur le tuyau était branché un robinet qui permettait de tirer le gasoil. Sur place, des bidons contenant du carburant auraient été découverts. Le mécanicien Aliou Diouf et ses deux collègues ont clamé leur innocence, même s’ils reconnaissent avoir vu le tuyau. Ils disent avoir porté plainte pour tirer cette affaire au clair. Mais pour le maître des poursuites, «il y a des éléments de concordance entre Aliou Diouf et Babacar Sy. Ils ont reconnu la découverte de ce tuyau dans l’atelier et disent avoir déposé une plainte contre X à la police, plainte qui n’a pas été prouvée aux enquêteurs». Il a demandé à ce que les prévenus soient visés pour des faits de soustraction, car «le carburant a été détourné».
A propos de Abdoulaye Yakhim Diop dont il requiert la relaxe, le procureur soutient que «rien ne prouve sa participation dans cette affaire». Son absence sur les lieux pendant un long moment avant le déclenchement de l’affaire a motivé le Parquet.
La défense demande à ce que ses clients soient renvoyés des fins de la poursuite. Pour les avocats, M. Diouf avait «bel et bien» déposé une plainte en janvier après la découverte du tuyau et l’affaire été découverte par la Sar en mars dernier. «Ils n’ont pas été pris en train de voler, ni de vendre du carburant et aucun stock de gasoil n’a été trouvé au domicile du patron de l’atelier», notent les avocats. Selon les robes noires, «on ne peut pas parler de vol sur des deniers publics parce que la Sar est détenue à 90% par le groupe Ben Laden et Total. Que la Sar nous dise ‘’il nous manque tant‘’».
L’affaire a été mise en délibéré au 18 mai.
msakine@lequotidien.sn

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