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Le rendez-vous mensuel organisé par Arcade et la Fondation Rosa Luxemburg ne pouvait manquer de rendre hommage à  Fidel Castro Ruiz, figure tutélaire des luttes anti-impérialistes. Samedi, les fidèles du professeur Demba Moussa Dembélé ont célébré «spécialement» la mémoire de ce «géant du 20e siècle».

«Parler des relations entre Fidel Castro et l’Afrique, c’est évoquer les sacrifices suprêmes accomplis par le peuple cubain pour la libération des peuples africains.» D’après Demba Moussa Dembélé, toute proportion gardée, si on se réfère à la fameuse bataille de Cuito-Cuanavale, qui «a signé la défaite historique de l’Armée sud-africaine et le début de la fin de l’Apartheid durant laquelle le Président Castro avait dirigé les opérations à partir de son quartier général de La Havane, cette défaite  du régime de Pretoria ressemble à celle subie par les hordes nazies à Stalingrad». Cette bataille, qui se déroula en janvier 1988 dans le sud-est de l’Angola, s’est soldée par la mort de 4600 militaires, membres des Forces armées révolutionnaires cubaines sur un total de 5 000 soldats engagés aux côtés de 20 mille Angolais. Pour Nelson Mandela, dans les liens de la détention au moment des faits, «Cuito-Canavale a constitué un tournant de la lutte pour libérer le continent et son pays du fléau de l’apartheid». L’indépendance de la Namibie, la défaite du colon portugais en Angola et au Mozambique et du régime raciste de Ian Smith, qui était à la tête l’actuel Zimbabwe, doivent tout autant aux sacrifices du Peuple cubain, selon le président de l’Arcade (Africaine de recherche et de coopération pour un développement endogène).  Jusqu’au Sénégal, l’influence cubaine s’est immiscée dans les rapports politiques puisque le Parti africain de l’indépendance (Pai), au moment de sa tentative avortée de stratégie de la lutte armée après être entré dans la clandestinité en 1960, avait envoyé une trentaine de ses membres se former sur l’île de Cuba. Alla Kane était de ceux-là. Il était présent ce samedi pour apporter son témoignage.
Basé à Bamako, il avait rejoint Cuba pour y apprendre la science militaire ou plutôt l’art de la guérilla. Là-bas, lui et ses camarades ont pu approcher outre Castro, le «Che», sobriquet d’Ernesto Guevara dont l’écrivain Gabriel Garcia Marquez disait à son propos qu’ «il lui fallait un million de feuillets et mille ans» pour écrire sur sa vie. Pour Demba Moussa Dembélé, Fidel Castro a désormais rejoint dans l’ «éternité» son compagnon d’armes Ernesto Guevara, son héros et père de l’indépendance cubaine José Marti, son fils spirituel le charismatique Hugo Chavez Frias et son ami Gabriel Garcia Marquez. L’économiste sénégalais se demande alors si ce dernier «pourra écrire sur ces formidables retrouvailles et envoyer un fabuleux roman d’Outre-tombe».
bdavid@lequotidien.sn

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