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Tout dans la gouvernance de Macky Sall est ontologiquement lié à l’éthique. Du Yoonou yokkuté, en passant par le Plan Sénégal émergent, le président de la République est resté fidèle à ses convictions. Dans son action de tous les jours, l’adoption des valeurs et règles éthiques est si importante qu’il en fait une propédeutique. Selon Max Weber, l’homme politique idéal serait celui qui vit de et pour la politique avec l’éthique en bandoulière. Vivre de la politique est déprécié parce que c’est faire de la politique un métier alors qu’elle devrait être un loisir ou une entreprise dont la seule récompense est le plaisir de gouverner sur la base de l’éthique.
Vivre pour la politique par contre, c’est adopter la posture d’un héros : faire don de sa vie pour une cause éthique. Si ces deux dispositions se rencontrent chez un homme, il a toutes les chances de réussir sa carrière politique et c’est pourquoi dès son accession au pouvoir, le Président Macky Sall a toujours défendu l’idée selon laquelle aucune forme de gouvernance ne saurait exister ni se maintenir sans ce principe qu’on peut qualifier de cardinal : l’éthique. C’est heureux qu’il l’ait rappelé lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations unies en ces termes : «En même temps, nous traduisons la vision d’un Sénégal pour tous par des politiques publiques d’inclusion sociale et d’équité territoriale dont le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) avec ses composantes eau, électricité, pistes de désenclavement et équipements pour les femmes rurales, la Couverture médicale universelle, les Bourses de sécurité familiale pour les couches les plus vulnérables et la Délégation à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (Der)».
Cette partie de la conclusion du discours du Président Macky Sall nous sert de prétexte pour partager encore une fois avec les cadres de notre parti (Ccr, Rur, Ecole du parti) et aussi avec les intellectuels de notre pays une réflexion sur les soubassements éthiques de la gouvernance sociale du président de la Répu­blique.
La rationalité économique est d’une rigueur et d’une insensibilité telle que l’humain n’y joue qu’un rôle d’instrument ou de moyen. La fin suprême dans l’économie libérale est la performance, la rentabilité, ce qui fait la cassure sociale menace gravement la paix et la stabilité dans tous les pays. Et pour les pays économiquement faibles, la chose est bien pire : les liens sociaux qui permettaient une solidarité spontanée sont dissous et les tensions rendent utopique toute forme de sécurité.
C’est que dans l’Etat libéral, la liberté économique creuse des inégalités qui, à la longue, deviennent incompatibles avec le principe même de la liberté. Or le bonheur global d’une communauté ne se mesure pas en fonction de la fortune et des possibilités d’épanouissement des plus nantis. Elle doit se mesurer en fonction de l’étendue, du nombre de membres épanouis qu’elle compte en son sein. Une société serait-elle plus riche que la mythique Atlantide, si le nombre des pauvres qui y vivent est très élevé, elle n’en demeurerait plus malade tout de même. La société humaine est comme un corps : il n’y a pas dans le corps une partie qui souffrirait seule, le mal de chaque membre est ressenti par tout le monde. C’est vrai que la différence des sorts ne nous permet pas de concevoir les choses de cette façon, mais la société en tant que réalité à la fois homogène et hétérogène le ressent dans son unité.
Il n’est pas besoin de préciser qu’un mal qui gangrène un organe ou une partie de corps finirait par corrompre l’ensemble s’il n’est pris en charge et éradiqué. Il en est de même pour la société qui, comme l’organisme, produit des anticorps pour lutter contre les attaques virales. L’éthique constitue la source intarissable qui produit et renouvelle ses anticorps. Macky Sall, directeur de campagne du candidat Wade, disait «qu’une société sans éthique serait comparable à un organisme qui a perdu ses sources d’immunité : elle serait fébrile et condamnée à une mort programmée». Une gouvernance politique qui n’aurait pas un fond éthique ne serait pas légitime dans la mesure où la société humaine marche fatalement sur deux pieds : le politique et l’économique. Le pôle politique est en réalité l’instance de régulation de l’économie et l’éthique est un des leviers sur lesquels l’autorité doit s’appuyer pour donner à la fois équilibre et dynamisme à la société.
C’est en substance ce qui justifie toutes les politiques sociales d’un gouvernement, même libéral. Pour Mahammed B. A Dionne, «en se définissant comme un libéral social, le Président Macky Sall ne pouvait donc pas ne pas honorer cette dimension éthique sans laquelle le libéralisme serait sauvage et peut-être même radicalement inhumain». Une sagesse bien de chez nous explique que le désir du bien-être est universel, il incombe dès lors à l’homme d’Etat, au décideur de faire en sorte que le droit au bonheur soit assuré et protégé pour tout un chacun. Le concept de Couverture maladie universelle traduit ce souci de toujours permettre au plus grand nombre de profiter des avantages de la vie en communauté. Pour le Pré­sident Sall, c’est proprement inacceptable de voir des Sénégalais exclus du système sanitaire sénégalais pour la seule cause de leur situation économique.
Un Etat qui se respecte et qui respecte les droits inaliénables ne peut pas se permettre le luxe de bâtir des infrastructures pour les riches au moment où la majorité de ses citoyens n’a pas accès au système de santé. Vue sous cet angle, la politique de Couverture maladie universelle relève du bon sens : nul n’a le droit de laisser une frange aussi importante de la société à son propre sort. Le délaissement des pauvres induit par la cherté des soins est un danger pour la santé de la société dans son ensemble.
En accordant cette bourse de sécurité familiale, on garantit une scolarisation aux enfants issus de familles pauvres. Et comme l’école est à la fois une instance d’instruction et une méthode d’éducation, même les métiers les plus ordinaires requièrent un minimum de formation académique.
Dans beaucoup de pays, la scolarisation des enfants est obligatoire jusqu’à un certain âge et tout un arsenal répressif est même institué pour contraindre les parents à s’acquitter de cette obligation. Si par la politique de bourses de sécurité familiale le Président Sall peut inciter les parents à le faire, il n’y a pas meilleure manifestation de l’éthique pour un gouvernement.
Chez le Président Sall, la gouvernance éthique, c’est d’abord l’esprit de justice, c’est-à-dire l’équité dans l’accès aux ressources pour tous les citoyens (réforme constitutionnelle de 2016). Il faut dire d’ailleurs en ce sens que le libéralisme social du Président Sall trouve sa justification dans l’utilitarisme anglais, notamment celui de J. Bentham. L’utilitarisme est, en effet, une doctrine éthique qui prescrit d’agir de façon à maximiser le bien-être du plus grand nombre des êtres sensibles. C’est vrai l’une des critiques faites par les moralistes à l’utilitarisme réside dans le fait qu’il est dans l’absolu un «conséquentialisme» qui peut vider la morale pure de sa noblesse. Le «conséquentialisme» veut dire qu’une action ne doit être jugée seulement en fonction de ses conséquences. Quelles conséquences une action a-t-elle sur le bien-être général ? Telle doit être la question qui permet de porter une valeur sur une action. Alors que la morale pure commande des impératifs catégoriques, l’utilitarisme qui fonde le libéralisme social du président de la République peut se résumer de la sorte : agis toujours de façon à ce qu’il en résulte la plus grande quantité de bonheur.
Pape A. KHOUMA
Responsable politique
Apr/ Parcelles Assainies

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