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Y avait-il réellement de quoi fouetter un chat à propos de la démission de ses fonctions de secrétaire général de la Ligue démocratique du camarade Mamadou Ndoye ? Y avait-il de même de quoi fouetter un chat à propos des éclaircissements non confidentiels qu’il avait estimé devoir donner au bureau politique de son parti sur sa renonciation à la somme de quatre millions de francs qu’il devait recevoir mensuellement du chef de l’Etat, président de la coalition Benno bokk yaakaar ?
Le camarade Ndoye avait précisé en ce qui le concernait personnellement que bien que cette somme lui était destinée chaque mois, sans recommandation ou instruction quant à son utilisation, il avait préféré ne jamais aller la recevoir, délégant un autre camarade pour s’en charger, à ses lieu et place, et la déposer dans la trésorerie de la ligue démocratique.
Bien entendu, tous les militants de la Ld ne sont pas membres du bureau politique pour pouvoir assister à ses réunions et avoir des informations à la source sur toutes les questions. Soit dit en passant, c’était une bonne chose qu’il y eût plus de camarades que d’habitude qui avaient fait le déplacement pour assister au dernier bureau politique. Peu importe qu’il y eût ou pas une raison particulière qui l’aurait justifié.
C’était donc une occasion importante pour une diffusion de l’information tirée de l’exposé du secrétaire général sortant. Lui-même avait sans doute besoin de s’exprimer, notamment sur cette question d’argent très délicate qui avait fait l’objet de commentaires sous quelques caps qui l’auraient offusqué pour n’avoir pas été conforme à la réalité des faits. Mais quelles que soient les insinuations qui seraient distillées pour atteindre leur cible, le camarade Ndoye peut se rassurer que c’est peine perdue. S’agissant de sa démission. C’était un exemple de cohérence. Un point de vue partagé à l’intérieur comme hors de la Ld.
S’étant clairement exprimé sur sa préférence d’une Ld allant seule aux Législatives, si malgré la décision du bureau politique d’y aller en coalition, il restait en place pour la représenter dans les discussions pour la désignation des candidats, d’aucuns pourraient le soupçonner de n’avoir pas joué franc-jeu, compte tenu de la manière critiquable dont le dispatching des candidatures a été effectué et de ce que les préoccupations des partis alliés et de leurs membres ne sont pas correctement prises en considération.
On peut tout dire sur les résultats des dernières élections, mais un constat amère s’impose à tous, c’est que jamais de mémoire la Ld, qu’elle ait fait partie d’une coalition avec d’autres partis ou qu’elle ait présenté sa propre liste, n’a jamais eu moins de trois députés à des Législatives et non plus elle n’a jamais été représentée à un gouvernement par un seul ministre.
Que ceux, membres ou non de la Ld, trouvent à redire sur le fait que Ndoye ait exposé publiquement ce qu’il devait garder secret veulent plutôt cacher ce qui n’avait pas besoin de l’être.
Ce que Ndoye a fait à ce propos est louable. Ne vaut-il pas mieux que les observateurs de bonne foi sachent les véritables mobiles des hommes politiques au lieu, sous prétexte de camouflage, qu’on les laisse ignorer ce qu’ils devraient savoir pour qu’ils y aillent selon leur imagination, en travestissant les vérités, donner des versions sans tête ni queue aux mésententes passagères entre des camarades qui ont partagé et des plaisirs et des amertumes dans l’engagement politique ?
Comparaison n’est pas raison, mais si l’on met d’une part sur le bras d’une balance les propos qu’avait prononcés l’homme Ndoye d’un accent policé et responsable dans une salle de réunion avec ses camarades, et d’autre part les invectives d’une extrême violence et d’une extrême insolence qu’avaient eu à s’adresser certains responsables au sommet d’un certain parti au pouvoir à l’époque, on convient effectivement qu’au bureau politique de la Ld il n’y avait pas de chat à fouetter à aucun moment. Et si les vestiges de l’école du parti pendant le bon vieux temps n’étaient pas en train de s’effacer malheureusement, l’application de la critique et de l’autocritique n’aurait rien laissé subsister à partir de l’exposé de l’ex-secrétaire général, que d’aucuns semblent chercher à utiliser pour essayer de mettre l’étincèle à la poudre de la Ld.
Peine perdue, ce parti suit son petit bonhomme de chemin, œuvrant à remettre sur une bonne et même ligne diverses cohortes de militants de tous âges et pour la même cause qui les a toujours unis depuis fort longtemps. Rien n’y fera, la Ld peut trébucher, mais elle a de solides ressorts qui la maintiendront debout.
Il paraît que la situation qui avait prévalu lors des préparatifs en vue des dernières élections législatives et les résultats exécrables obtenus par ce parti seraient pris par des oiseaux de mauvais augure pour le début du commencement de son déclin. Ils ont le temps d’attendre, le déclin de la Ld n’est pas pour demain.
Reconnaissons que si les oiseaux de mauvais augure sont allés trop vite en besogne, c’est que la Ld leur en a donné l’occasion !
Que ce parti s’en tire avec un seul député dans une cinquantaine d’élus, un seul ministre dans une pléthore de ministère jamais égalée, une telle situation catastrophique mérite que ce parti qui a toujours été respecté parce que organisé et discipliné organise peut-être des journées d’études pour «se revoir» et jeter dans la poubelle les comportements qui nous éloignent chaque jour davantage de ce qui nous a toujours solidement unis dans la Ld.
Me Wagane FAYE
Membre du Bureau
Politique
de la Ld

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