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«Hasbounallah wa ni’mal wakiil (Allah me suffit, il est le meilleur des protecteurs)]. Je prononce et je préfère cette phrase aux «Allahou Akbar» et applaudissements inquiétants de vos sympathisants quand vous avez informé que c’est vous qui avez fait partir Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, George Bush, Yahya Jammeh, du pouvoir.
«Quand un ministre de l’Inférieur et un gardien de la Confusion tiennent un pays, l’heure devient grave. (…).» C’est une partie de votre discours devant vos disciples et sympathisants. Vous m’avez rappelé mes années universitaires, quand la poche était vide, on sortait cette phrase : «L’heure est grave.» Effec­tivement, elle l’est aujourd’hui. L’heure est grave quand c’est vous qui avez dit ce que les médias ont rapporté.
En cette nuit honorable, bénéfique, on s’attendait à autre chose que ce discours. Je m’attendais que vous rappeliez la vie du Prophète afin que les musulmans saisissent et s’approprient une de ses innombrables valeurs et la suivent afin qu’ils connaissent la félicité en suivant les pas de notre Prophète Mouhammad (saws). Votre sortie a raté… il fallait tout simplement appeler à un meeting politico-religieux.
La nuit du Maw­lid’In’Nabii (saws) est un «champ». Et tous les fidèles musulmans qui ac­cep­tent et partagent cette pratique étaient en «course». Mais, le «Champs de courses de Tivaouane», lieu symbolique, a été transformé en esplanade de meeting politique ou de déclarations douteuses, de par leur caractère non vérifiable pour les esprits citriques. Si votre objectif était de faire parler de vous, la communication a réussi. Bravo !
A vous entendre, c’est vous qui avez fait partir Abdou Diouf, en 2000, du pouvoir. Souffrez que je conteste votre affirmation. En 2000, il y a juste dix-sept ans, ce sont les Sénégalais, las d’un système qui plongeait année après année dans les précipices de la pauvreté, de la violence (série d’agressions), du recul social donc, et autres difficultés, qui l’ont fait partir par les urnes. En attestent les résultats des élections. J’en passe.
Mais supposons que ce soit vous qui l’avez fait partir. Pourquoi attendre que le Peuple en ait vraiment marre, pour intervenir mystiquement ? Pourquoi attendre que des milliers de Sénégalais (parmi eux vos disciples peut-être) vivant en Casamance soient tués, que des centaines de milliers d’autres soient déplacés, que l’économie soit détruite, entre autres interrogations, pour intervenir et faire partir Diouf ?
«Je ne le dis pas par vanité.» C’est la suite de votre propos. Pourquoi cette précision ? Saviez-vous, logiquement, que votre propos sonnait mal et douteux dans l’opinion sénégalaise ? Cette précision vous inculpe dans «l’esprit» de l’opinion pu­blique sénégalaise, qui n’est pas composée que de vos disciples et sympathisants, qui peuvent consommer, sans transformer, sans adapter et sans modération, vos propos.
Ainsi vous avez également fait partir George Bush Junior, quand vous avez constaté qu’il causait des préjudices aux musulmans. Vous avez, là aussi, attendu que ses deux mandats constitutionnels s’achèvent, huit longues années, pour neutraliser son «esprit protecteur» et intervenir pour le faire partir. Combien de musulmans l’ont maudit, insulté, lu le Coran contre lui ? Il a terminé ses deux mandats tout de même.
C’est donc Serigne Mous­ta­pha Sy qui, en 2012, a fait partir Abdoulaye Wade. Souffrez que je considère vos propos comme injurieux aux yeux de l’opinion publique sénégalaise. Qui n’a pas suivi le feuilleton ayant précédé le départ de Wade du pouvoir au Sénégal et un peu partout à travers le monde ? Là aussi, vous avez attendu que le Peuple ait souffert, qu’il y ait de morts, avant d’intervenir. Que dites-vous de ma carte d’électeur ?
Vous avez déclaré que Jammeh fait partie de vos dirigeants victimes. Ici aussi, vous avez attendu vingt-deux ans de violence, d’arrestations et d’emprisonnements arbitraires, de disparitions d’opposants, d’assassinats de journalistes et d’opposants pour intervenir. Mieux, après que les Gambiens ont choisi un autre dirigeant. Le départ de Jammeh du pouvoir a été possible grâce à la pression exercée par les forces de la Cedeao, sous la direction de Macky Sall. C’est mon point de vue.
Ainsi, M. Sy, vous avez le «Rawhane» ou Esprit protecteur de Macky Sall entre vos mains. Un esprit que vous pouvez dompter et faire partir le Président que les Sénégalais ont majoritairement élu en 2012, en toute démocratie, dans un contexte socio-politico-religieux chargé… Je déduis, après avoir écouté vos propos, suivi des vidéos pour confirmer, que vous avez un pouvoir de mettre fin à un pouvoir.
Si vous lisez le Qur’an, le livre Saint de tous les musulmans, que nous partageons donc, vous devez savoir ceci : «Dis : O Allah, Maître de l’autorité absolue. Tu donnes l’autorité à qui Tu veux, et Tu arraches l’autorité à qui Tu veux ; et Tu donnes la puissance à qui Tu veux, et Tu humilies qui Tu veux. Le bien est en Ta main et Tu es Omnipotent.» [Coran 3: 26]. Ici, Allah enseigne que c’est lui donne et reprend le pouvoir. J’en passe.
Quant à Macky Sall, qui peut être votre prochaine cible, s’il ne libère pas Khalifa Sall, l’homonyme d’un des vénérables guides de Tivaouane, je lui rappelle, en tant que musulman : «Certes ceux auxquels l’on disait : “Les gens se sont rassemblés contre vous ; craignez-les” – cela accrut leur foi – et ils dirent : Allâh nous suffit ; Il est notre meilleur garant.» (Sourate Al Imran verset 173-174).
Je terminerai par vous dire que vous avez déçu. En ce sens que tous ceux qui étaient devant vous, ne sont pas dupes et savent vos propos sont «invérifiables». Allez comprendre le sens caché de cette phrase. Ils ne sont pas tous contre Macky Sall que vous semblez menacer. Pire, vous prenez le contrepied de votre nouveau Khalife qui a prédit un second mandat en faveur de Macky. Une énième division à Tivaouane.
Vous avez procédé à un détournement d’objectif spirituel. Ce rassemblement n’était qu’une tribune politique. Il était sous la bannière de l’Islam et de sa branche Tidjaniyya. Cette nuit devait être une nuit de rappel et de prières. Une nuit d’enseignements et de recueillements. Une nuit de grâces et non de diatribes contre les politiques. Je signale que vous vous êtes mis à dos vos sympathisants qui militent au sein du parti au pouvoir.
Ce matin, dans un bus, vos propos étaient le principal sujet de débat. «Il ne devait pas le dire», «il a trop dit», «il cherche à se faire remarquer», «il a pris le contre-pied du Khalife», «Tivaouane sera à jamais divisé»… Chacun y allait de son commentaire. Quant à moi, je vous adresse cette lettre pour vous dire que je ne partage pas vos propos, vous dire que le Peuple seul élit et remercie ses dirigeants. Was’salaam !

Mamadou Lamine BA
Journaliste communicant
ballamine@gmail.com

2 Commentaires

  1. D’emble je te balance cette citation avant de dire quoi que ce soit « L’ignorance c’est le pire ennemie de l’homme car l’ignorance n’est pas seulement une absence de culture mais des éléments d’une culture dont on ne se sert plus est aussi un signe inquiétant de l’ignorance » . De ta démarche on sent un type qui ne maitrise rien sur son sujet il faudrer se renseigner d’avantage avant de parle comme le disait Nicolas Boileau avant d’écrire apprenez a penser .Vos propos se contredisent ligne par ligne essayer au maximum de ne pas tomber dans le piège de beaucoup de vos confère qui ne rependent que l’horreur médiatique . Journaliste kleenex penser a ceci : il est 10 fois plus facile d’être dispensateur d’injure que d’être contestataire de vocation. Ravale ta satanique de lettre et vérifier vos propos c mieux

  2. Je ne pense pas qu’un journaliste digne de ce nom ait écrit ce torchon..lui nous parles de la nuit du prophète psl alors que les dires que vous citez et contestez se sont déroulés le lendemain du mawlid et, en plein jour… Donc avant de raconter n’importe quoi ayez d’abord la décence de vérifier vos sources. Vous avez bafoué de ce fait une règle élémentaire de votre métier, si toute fois métier il ya !

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