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Après les propos racistes de Nicolas Sarkozy tenus à Dakar en 2007 et selon lesquels «le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire […]», votre diatribe sur les «7 à 8 enfants» par Africaine confirme s’il en était encore besoin, la vision colonialiste et le mépris de la France envers l’Afrique et principalement ses anciennes colonies.
En effet, invité à  vous exprimer sur le développement de l’Afrique lors du sommet du G20 à Hambourg le 8 juillet, vous dites je cite : «Quand des pays ont encore aujourd’hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien.»
Vos propos outranciers d’une méchanceté inutile et d’une violence inouïe devraient rencontrer notre mépris souverain s’ils ne s’adressaient pas à ce que nous avons de sacrées : la femme et la vie.
L’Africain issu d’une si enviable famille nombreuse que je suis, ne sollicite pas d’excuses publiques de votre part car conscient du fait que la condescendance envers «les sans dents d’Afrique» semble inscrite dans le programme génétique français ; mais je vous invite à davantage méditer sur les nombreuses vertus de la diversité et de l’acceptation de l’autre. Les esprits bienveillants et progressistes ont toujours considéré la différence comme une opportunité en ce qu’elle constitue une source d’enrichissement.
A  considérer votre couple, il saute à l’œil que vous n’avez pas fait le choix d’une famille nombreuse, nous vous le concédons ; seulement laissez aux Africaines leur droit de faire leurs «7 à 8 enfants».
On en fait autant car chez nous les hommes restent de vrais hommes, les femmes de bonnes épouses et les relations ne sont scellées qu’entre hommes et femmes dans le cadre du mariage et dans le strict respect des valeurs, des traditions et  des religions ; par conséquent l’enjeu pour l’Afrique aujourd’hui n’est rien d’autre que de capter le dividende démographique et d’investir dans le capital humain et la transformation structurelle de l’économie pour profiter de son avantage démographique.
Si les autres vous reconnaissent le droit d’opter pour une société où les relations  contre nature et extra conjugales sont portées au pinacle ; société à la tête de laquelle une autorité morale dont le «péché mignon» est de tromper sa concubine, vous devez être capable en retour de respecter nos valeurs sociétales car en définitive le problème civilisationnel que vous évoquez dans vos propos déplacés qui soutiennent mal un argumentaire indigent sur l’Afrique, doit trouver plus d’échos chez vous que partout ailleurs.
L’arrogance et le mépris dont vous (l’Occident) faites montre envers tout ce qui vous est contraire et qui ne souhaite jamais vous ressembler, en plus de votre système ultra capitaliste qui exalte l’exploitation de l’homme par l’homme , ont fini d’accentuer l’exclusion sociale, l’injustice sociale, les  fractures sociales et le drame social qui ont précipité une bonne frange de l’humanité dans les entrailles de la Méditerranée et de Daesh. Les actions de Bush et de Sarkozy en Irak et en Libye sont de pires crimes contre l’humanité et il n’est de personne au monde plus passible de poursuites à la Cpi que ces deux.
Les milliards d’euros que vous faites miroiter à notre continent et pour lesquels vous vous acharnez sur la femme africaine sont insignifiants par rapport à l’ampleur du pillage et du vol que vous avez perpétrés en Afrique.
L’homme pressé et mégalo, qui a manqué l’occasion de se taire à Dakar en 2007, de le confirmer en ces termes : «Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui  appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fait de son travail. Il a pris, mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles […].»
Excellence, nous osons espérer que le subit et étrange dynamisme de votre ambassadeur à Dakar (visites aux medias, tournée en Casamance, maternité à Ouakam, bourses à quelques étudiants,…) et les quelques bouts d’autoroute et probablement de Ter dans un Sénégal où se dégagent du sous-sol des effluves de pétrole et de gaz qui taquinent bien des narines, n’entrent pas dans la même logique prédatrice de votre prédécesseur à l’Elysée.
Les enfants africains issus de familles nombreuses mais épanouies et dignes,  vous font le serment que le continent sera bien ce que ses propres filles et fils voudront bien en faire et que les ressources sénégalaises ne subiront pas le même sort qu’ont déjà subi le pétrole, le poisson et l’uranium africains. Une nouvelle Afrique se dessine avec d’authentiques patriotes qui comptent veiller sur son sol et  peser sur le destin de l’humanité.
Je vous prie d’agréer, Excellence, mes salutations distinguées.
Bonne fête nationale.
Dr Mamadou Badara SECK
mamadoubadara@yahoo.fr

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