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Monsieur le Président quelle est la plus-value d’un raidissement aveugle et obtus ou d’un passage en force aux yeux de l’opinion publique ?
Nous avons en face de nous une opposition qui trouve dans les vociférations belliqueuses et récriminations injurieuses, la raison même de son existence. Une opposition submergée par le scepticisme, le complotisme, la paranoïa, la rage d’anéantir l’autre qu’évoquait Roland Barthes avec tant de justesse. Une opposition qui rêve d’inhiber le processus électoral et de transformer ainsi le pays en une gigantesque foire d’empoignes chaotique, où s’affrontent des intérêts différents des intérêts supérieurs du Peuple sénégalais. Une opposition déterminée à faire peser sur notre capacité à organiser des élections libres et transparentes, mille et une suspicions ! Cette opposition qui n’est pas effrayée par la dénonciation calomnieuse, la démagogie populiste et l’affabulation, a déjà réussi à faire peser sur notre intégrité républicaine, de lourds soupçons de fourberie électorale. Il ne faut pas en rajouter avec un parrainage, mal expliqué, mal vulgarisé. Une opinion publique déjà flouée par de dangereux populistes, compliqués d’affabulateurs, regarde d’un mauvais œil le parrainage ! L’éclipse et le silence coupables de vos capitaines et lieutenants ont facilité la propagation de l’amalgame et de l’imputation calomnieuse, Monsieur le Président. Ils ont manqué d’anticipation adaptative et de pédagogie différenciée pour éclairer l’opinion publique sénégalaise sur la pertinence du projet de loi, véritable filtre démocratique pour éviter la chienlit des dernières élections législatives. C’est aussi un bouclier pour préserver l’argent du contribuable sénégalais.
Nous ne pouvons pas nous payer le luxe de perdre la bataille de l’opinion publique. D’autant plus que c’est une victoire à portée de main. Car le bon sens et la vérité sont avec nous, et notre bilan est excellent. C’est vrai que votre gouvernement est dans le temps du travail et de l’action. Mais on ne peut pas abandonner le terrain médiatique à une opposition affabulatrice et populiste. Les plateaux de TV, les ondes des radios, les colonnes des journaux, sont littéralement occupés par de grandes gueules et têtes brûlées de l’opposition délirante et radicale. Elles ont le bagout, nous avons la vérité et le bon bilan. Et Dieu sait que le bilan est excellent.
En revanche, nous avons l’impression que vos lieutenants fuient et évitent systématiquement la confrontation avec ces affabulateurs. Nous avons assisté un soir au spectacle affligeant d’une éclipse d’un responsable de l’Apr invité à une émission politique de télévision, Faram Facce pour ne pas la nommer. Le responsable de l’Apr qui était invité en même temps qu’un cacique du Pds, a fait faux bond à l’émission sans prendre la précaution de se faire remplacer par un autre débatteur du camp présidentiel. Le responsable du Pds a utilisé l’émission comme une tribune exclusive pour descendre en flammes notre gouvernance. Comment dans ces conditions gagner la bataille de l’opinion publique ? C’est vrai que les tirs de barrage pour défendre notre bilan incombent à tous les militants engagés à nos côtés au nom d’un idéal républicain, y compris moi-même. Mais il est beaucoup plus aisé pour une célébrité de l’attelage gouvernemental de décrocher une interview ou une invitation à un débat public, qu’à un quidam ou un va-nu-pieds de mon acabit.
Alors nous avons failli à notre mission de vulgarisation d’un projet de loi salutaire pour notre frêle démocratie. Il faut absolument inviter à nouveau l’opposition radicale à la table de négociations. Oui pour une énième fois ! Quand bien même elle est capricieuse ! Quand bien même elle rechigne à dialoguer. Quand bien même elle est engluée dans un radicalisme revanchard et une idéologie de repli sur soi-même ! Il faut que nous-mêmes, particulièrement vos lieutenants et capitaines, nous retournions auprès de l’opinion publique sénégalaise pour lui expliquer de manière simple et limpide, la nécessité absolue de légiférer pour ne pas paralyser notre démocratie. Aussi, pour ne pas autoriser des clowns et farfelus politiciens incapables de réunir 1% du fichier électoral, à venir embrouiller et polluer les débats d’une élection aussi primordiale que la Présidentielle de 2019 !
Monsieur le Président, vous êtes dépositaire de tous les espoirs d’une jeunesse républicaine flouée et déçue par le régime libéral sous la gouvernance d’un vieux satrape. Le vieil autocrate nous avait habitués aux passages en force. Il traitait son opposition de conglomérat de lâches, de matamores et de trouillards! S’ajuster, s’amender, faire des concessions, ce n’est pas forcément une faiblesse de matamore, comme le pensent boutefeux, va-t’en guerre ou faucons de palais.
Nous avons le pouvoir légitime, la puissance publique et nous menons des politiques publiques éclairées qui reposent fondamentalement sur l’équité territoriale.
Nous n’avons rien à craindre d’une opposition qui n’a pas de propositions alternatives au Pse et qui de surcroit est engluée dans des récriminations injurieuses et dénonciations calomnieuses. De grâce ne leur donnez pas des verges pour nous faire fouetter, ne leur donnez pas du grain à moudre ! Grand Dieu, ne leur donnez pas le réactif qui va faire prendre leur mayonnaise de victimisation ! Mettons nous Tous au travail.
«A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire» Corneille
Ass Malick NDOYE
Responsable Apr,
Fass Gueule Tapée Colobane
malickndy@gmail.com

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