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Mes chers petits,

Je sors de ma petite retraite pour vous écrire cette lettre parce que c’est bientôt le 16 juin, Journée internationale de l’enfant africain, c’est donc bientôt votre journée. Cela fait si longtemps qu’on n’a pas pu parler véritablement de vous… Ou si peu… Ou juste quelques militants qui s’obstinent… Depuis votre soi-disant retrait de la rue, première phase gouvernementale, 2ème phase, et bla bla bla… De l’eau a coulé sous les ponts… Je dois vous avouer que je suis très fatiguée, je suis si fatiguée, et la montagne est bien haute qui mène à leur humanité.
Vous savez, dans ce monde immonde où règnent des dominants sur des dominés dans tous les domaines, sur toute la planète, vous n’êtes qu’un tout petit maillon, tout en bas de cette terrible chaîne de prédation humaine.
De plus, personne n’a le temps de parler ou de s’occuper de vous ces derniers temps, vous n’êtes pas un sujet d’analyse ou de dissertation… Personne ne fait de projet émergent pour vous. On avait pourtant bien essayé, il fut un temps, la victoire était si proche et l’espoir si grand, et puis, ils se sont vite échappés dans le pays des promesses jamais respectées.
Pour les dernières élections, vous n’étiez pas le sujet, juste une petite ligne timide, quelques mots prudents dans 1 ou 2 programmes, sans plus, et sans même vous nommer, de peur de fâcher…
Pendant les élections, vous n’étiez pas le sujet, ce n’était pas le moment, car trop de problèmes politico-démocratiques à dénoncer… C’était important de le faire, n’est-ce pas ?
Après les élections, on avait un dialogue national à mener… Vous n’êtes pas un sujet de dialogue et vous n’êtes pas la Nation, vous êtes en périphérie… En périphérie de tout !
Ces temps-ci, bah, nous n’avons toujours pas le temps pour vous, car nous avons un incendie à éteindre urgemment dans nos puits de pétrole et dans notre Palais… Ça sent le roussi et le gaz ! Et tous ces milliards dont on parle, quand je pense à vous et les pauvres piécettes pour lesquelles on vous bat jusqu’au sang tous les soirs…. Bref !
Alors bon, vous nous excuserez, mais il y a toujours un sujet plus important que vous…
Les gens n’ont pas d’oreilles assez libres actuellement pour écouter et entendre vos souffrances… Vous comprenez ? D’ailleurs pour leurs yeux c’est pareil, ils vous voient sans vous voir et depuis si longtemps…
Pauvres petits bouts de bois de Dieu, oui de Dieu le Si Miséricordieux… Vous n’êtes que des humbles petits bouts qu’on maltraite et qu’on jette dans la rue, dans le froid du petit matin. Des petits bouts d’humains venus dans ce monde immonde pour y être exploités par des soi-disant hommes de Dieu le Miséricordieux, pour souffrir et racheter les péchés et les peines des braves gens, en acceptant humblement leurs morceaux de sucre et leurs piécettes…
Ces braves qui n’ont pas le temps d’écouter quand il s’agit de vous. Vous n’êtes pas un sujet. Vous n’êtes pas leur problème, pauvres petits bouts de bois de Dieu. Les braves ne se mobilisent pas pour vous lorsqu’on vous enlève et qu’on vous tue, car vous n’êtes pas leurs enfants, vous n’existez pas, vous n’êtes que des ombres dans la nuit, enfants de personne… Les braves ne se mobilisent pas pour les violences commises sur vous, il paraît que c’est pour votre bien… Que c’est la volonté du Dieu de Miséricorde !
Alors, on vous offre charitablement une journée de temps en temps… Un bon repas ou des habits décents… 1 ou 2 fois par an.
Après, il vous faudra encore serrer les dents, le reste de l’année sous les coups et sous l’indifférence générale…
Maassa mes pauvres petits !
Ces derniers temps, je suis fatiguée et malade d’être consciente plus que jamais de votre souffrance, de votre fatigue extrême, que je ressens au plus profond de moi. Je n’en peux plus de croiser vos regards et de ne plus trouver les mots pour vous arracher un pauvre petit sourire à travers vos larmes.
Dois-je fuir ce pays, pourvu que je ne vous voie plus ? Car je suis comme vous, nous sommes fatigués et malades de ce monde immonde qui ne veut pas changer depuis des millénaires.
Miséricorde divine, faites, je vous en prie, que nous puissions fuir ce pays, loin, très loin, tout là-haut dans la montagne, moi et mes petits !
Lumière Divine, faites, je vous en prie, que ce cauchemar s’arrête !
Ainsi soit-il et cela est s!
 Mame Hulo GUILLABERT
#StopALaMendicité
DesEnfants
#Doyna

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