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Connu comme étant une maladie qui affecte le fonctionnement du cerveau, le système immunitaire et biologique et altère les capacités de reconnaissance des expressions, des codes sociaux et affectifs, l’autisme génère l’hypersensibilité émotionnelle et des troubles du comportement. Pour beaucoup de parents cette maladie est une fatalité. Le Sénégal ne fait pas exception à la règle. Le Copekx, une association des parents et amis des enfants atteints d’autisme au Sénégal, œuvre à renverser la donne. Il compte «soulager» et venir en aide à ces enfants à travers l’organisation d’un concert, le vendredi 10 février prochain au Théâtre national Daniel Sorano.

Dans ce pays, les enfants atteints d’autisme sont parfois victimes de stigmatisation et leurs parents ont du mal à en parler, d’autant qu’ils considèrent eux-mêmes leurs rejetons comme des déficients mentaux : «L’autisme n’est pas bien connu au Sénégal. C’est un sujet tabou», nous dit Aminata Fall Niane. Secrétaire générale du collectif qui regroupe les parents et amis des enfants de Ker xaleyi (Copekx) (Ndlr : l’association des parents et amis des enfants atteints d’autisme au Sénégal), Mme Niane parle avec mélancolie. Elle-même mère d’un enfant autiste de 9 ans, lance son crie de cœur pour une meilleure prise en charge et un véritable suivi des enfants autistes. C’est un véritable casse-tête pour elle et ses congénères. «C’est très difficile d’avoir un enfant qui n’est pas comme les autres, d’avoir à courir tout le temps avec lui pour ses soins, pour aller l’inscrire dans un centre où on ne paye pas moins de 40 000 francs… Quand on n’a pas les moyens, on le laisse à la maison et son cas s’aggrave de jour en jour», confie-t-elle sur un ton de désespoir.
A Dakar seul le centre pédopsychiatrique de l’hôpital Fann Ker xaleyi et celui de l’hôpital de Thiaroye servent à prendre en charge les enfants autistes. Pour ceux qui habitent dans les 13 autres régions du Sénégal, les parents effectuent le déplacement jusqu’à Dakar pour bénéficier de soins.  Aminata Fall Niane décèle et fait cas d’un déficit criard d’infrastructures sanitaires pour ce qui est de la prise en charge de cette maladie. C’est pour cela qu’elle envisage avec  le Copekx d’organiser un concert le vendredi 10 février prochain au Théâtre national Daniel Sorano pour lever assez de fonds et ouvrir un troisième centre qui sera baptisé : la Maison du bonheur.

Un concert pour un centre de bonheur
Organisé en partenariat avec  l’Association des musiciens du Sénégal (Ams), ce concert verra la participation de plusieurs artistes dont le baye fall de la musique Cheikh Lô, Ombré Zion, Bidew bou bess, Didier Awadi, Pape Diouf, Aida Samb… «Plein d’artistes nous ont promis leur présence. L’Ams et les artistes nous ont toujours accompagnés. Lors de nos fêtes beaucoup d’entre eux viennent. Feu Ablaye Mbaye à qui je rends hommage a toujours été avec nous», a soutenu le Sg du Copekx Mme Niane. Elle rappelle par ailleurs l’utilité de ce centre qui sera baptisé La Maison du bonheur. «La Maison du bonheur fera aussi bien du bonheur aux parents qu’aux enfants. Ce sera un centre spécialisé dans l’accueil, la prise en charge, l’accompagnement des enfants et adolescents autistes», explique-t-elle avec espoir. Pour Mme Niane ce centre pourra au moins «soulager les parents». «Nous avons besoin d’un local, d’un bon terrain, de moyens logistiques, de personnel, nous tendons les bras à l’Etat. On lance un cri de cœur aux populations et autorités, pour qu’elles nous aident à former un personnel qualifié», a-t-elle rajouté. Invitant toute la population sénégalaise et les bienfaiteurs à se joindre à elle pour participer au bonheur des enfants autistes, elle lance un vrai cri de cœur : «Venez soutenir les enfants autistes et venez vous solidariser avec leurs parents pour réaliser ce centre». Vendredi prochain, tous en chœur avec les artistes du Sénégal !
aly@lequotidien.sn

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